VI.
Comme je cherche dans M. Verlaine, non ce qu'il a écrit de moins imparfait, mais ce qu'il a écrit de plus singulier, je ne m'arrêterai pas aux _Fêtes galantes_ ni à _la Bonne Chanson_,--_La Bonne Chanson_, ce sont de courtes poésies d'amour, presque toutes très touchantes de simplicité et de sincérité, avec, quelquefois, des obscurités dont on ne sait si ce sont des raffinements de forme ou des maladresses.--Les _Fêtes galantes_, ce sont de petits vers précieux que l'ingénu rimeur croit être dans le goût du siècle dernier. Vous ne sauriez imaginer quelle chose bizarre et tourmentée est devenu le XVIIIe siècle, en traversant le cerveau troublé du pauvre poète. Je n'en veux qu'un exemple:
Mystiques barcaroles, Romances sans paroles, Chère, puisque tes yeux Couleur des cieux..
Puisque l'arome insigne De ta candeur de cygne, Et puisque la candeur De ton odeur,
Ah! puisque tout ton être, Musique qui pénètre, Nimbe d'anges défunts, Tons et parfums,
_À sur d'almes cadences_ _En ses correspondances_ _Induit mon cour subtil (?)_, Ainsi soit-il!
Ce petit morceau est intitulé: _À Climène._ Il ne rappelle que de fort loin Bernis ou Dorat.