Neuvième partie Les morts vont vite
L’un des membres du Conseil municipal de Paris proposait, l’autre jour, de remplacer les corbillard à traction animale par des voitures automobiles dans le but d’empêcher l’arrêt momentané de la circulation au passage des cortèges funèbres.
Le conseiller, auteur de cette proposition, a déclaré que Paris était la seule capitale européenne où l’on se tient encore à la coutume des lentes processions funèbres de parents et d’amis reconduisant à pied le défunt à son dernier repos. Ces cortèges, a-t-il dit, interrompent la circulation dans les rues.
Commentant cette proposition, un journal de Paris dit qu’elle va probablement froisser les sentiments de certaines gens, mais que l’on finira par s’y habituer. Beaucoup de personnes qui marchent dans ces cortèges, dit-il, ne demanderaient pas mieux que de voir abolir cette mélancolique coutume.
Ici et là nous rencontrons des globe-trotters. Quelques-uns vont à pied, d’autres à cheval, d’autres en automobile. Hier nous en avons rencontré un qui menait une petite brouette devant lui dans laquelle étaient ses effets. Et ce matin à une auberge nous avons vu deux vieilles dames, les cheveux blancs, qui ont aussi entrepris de faire le tour du monde à pied. Elles espèrent le compléter avant de mourir. Dans toute cette légion de marcheurs et de marcheuses intrépides, je m’étonne que personne n’ait encore songé à faire le tour du monde à reculons.
Nous arrivons à Philadelphie. Dans la salle de lecture de l’hôtel, mon voisin, un jeune homme, jette par terre un magazine qu’il tient à la main et dit en grommelant : « Cette histoire est insipide. C’est écrit en style de professeur. » Ma curiosité est éveillée et je lui demande : « Qu’entendez-vous par style de professeur ? »
« C’est un style où l’on respecte la grammaire mais qui ne brille pas par l’originalité. »
« Le respect de la grammaire sert à quelque chose, lui dis-je. Il fait éviter bien des impairs. Quant à l’originalité, les professeurs sont comme le reste des hommes. Il y en a qui écrivent bien et il y en a qui écrivent mal. Ceux qui écrivent mal sont aussi bons citoyens que ceux qui écrivent bien et l’important est d’être honnête homme. Le reste est assez secondaire. »
« Vous ne les connaissez pas, poursuivit-il. Moi, je les connais. Je suis élève dans l’une de nos universités. Ils sont toujours si catégoriques. À les entendre on croirait qu’ils ont découvert la vérité. C’est un de vos auteurs français, Rémy de Gourmont, qui a dit : « Toute vérité est une illusion et toute illusion est une vérité. »
« D’abord parce que Gourmont a dit cela vous paraissez être certain qu’il ne pouvait se tromper. Il a dit bien des paradoxes pendant sa vie, désassocié bien des idées, nié bien des choses à commencer par la notion de patrie. »
« Mais au début des hostilités quand l’ennemi a envahi son pays, il n’a pas tardé à écrire un volume sous forme de lettres dans lequel il adore ce qu’il a brûlé et brûle ce qu’il a adoré. L’expérience vous apprendra qu’il y a une vérité absolue qui ne dépend pas du caprice des individus. Il serait pénible que nos croyances fussent à la merci de nos imaginations. »
Mon jeune homme prend congé de moi. De mon côté je me dirige vers l’hôtel de ville qui est le centre de la cité où aboutissent toutes les rues. C’est là où se réunissent chaque soir les prédicants ambulants, les parleurs publics. Il me plaît de les écouter en passant. Je remarque en premier lieu un vieillard, les cheveux en désordre, la barbe hirsute qui parle à tue-tête, une bible à la main. Il fait chaud. Il transpire, écume et n’a pas un seul auditeur. Je l’approche pour savoir de quoi il s’agit. Cela l’encourage, il parle plus haut, fait des efforts inouïs. Ce qu’il dit est si touffu, si confus que je n’y comprends rien. C’est sans doute un dément qui a la manie de parler.
Je me dirige vers un groupe assez considérable d’hommes qui écoutent un discours sur le socialisme. Par son accent, l’orateur doit être juif. Mais il ne dit rien de nouveau. Plus loin on écoute une harangue sur le bolchevisme. Il y a plusieurs autres orateurs. Tous s’accordent sur un point : la condamnation de la société moderne.
Comme je retourne à l’hôtel j’entends le bruit du tambour. C’est l’Armée du Salut qui parade. Un d’eux sort des rangs et fait un prêche dans lequel je ne trouve rien à reprendre bien qu’il soit dilué en beaucoup de mots et débité avec trop d’efforts oratoires. Une foule assez grande stationne pour écouter. On passe la sébile. Je constate que tout le monde donne généreusement. Je me demande si l’Ar-mée du Salut est une religion, ou simplement une société philanthropique, lorsque quelqu’un me dit que c’est une organisation à la fois religieuse et militaire. Les membres portent le nom de soldats, et sont divisés en corps d’armée ou postes. Plusieurs postes forment une section ; plusieurs sections une division. Les postes sont commandés par des officiers, les sections par des majors, et les divisions par des colonels. Un commandant en chef est préposé à une division qui opère chez une nation. Le fondateur, William Booth, s’était décerné le titre de maréchal dont a hérité sa fille, car les grades sont donnés aux femmes aussi bien qu’aux hommes. On appelle la prière ‘knee-drill’. Leurs journaux les plus importants sont, en Angleterre, « The War Cry » ; en France, une feuille intitulée « En Avant ! »
Bientôt nous sommes en vue de Gettysburg, restée célèbre par sa bataille du mois de juillet 1863 entre l’armée du général Meade et l’armée des confédérés du général Lee où celui-ci fut défait. Cette défaite marque une nouvelle orientation entre le sud et le nord. Le champ de bataille a été converti en Parc National où nous voyons des monuments érigés aux soldats des deux armées.
Toute cette partie du pays est historique. Washington l’aurait fréquentée pendant ses campagnes. Tous les hôtels et toutes les auberges ont leur chambre où a couché le célèbre chef. On ne manque jamais de dire à chaque voyageur : « Je vais vous donner la chambre qu’a occupée Washington. » Après cela, on se demande comment un général qui dormait si copieusement trouvait le temps de faire la guerre. Nous continuons notre route, passons Pittsburg, ruche d’activité ; Colombus, siège d’une belle université de l’état d’Ohio, et arrêtons à Dayton. Nous y passons une journée. Il pleut. Sous la véranda de l’hôtel un monsieur commence à me lire son journal à haute voix. C’était pourtant assez de la pluie. Décidément il me prend pour une victime facile. Il y a donc des fâcheux partout. Après avoir lu son journal il commence à me parler du radium, cette merveilleuse découverte, et il ne tarit pas. J’avais observé une minute auparavant qu’il lisait l’encyclopédie britannique à la lettre R. En effet il venait de lire l’article sur le Radium et il était encore tout plein de son sujet. Je lui donne la satisfaction de briller à son aise. Il finit par me parler de sa famille. Ah le fâcheux ! Et je songe à la triste vérité des vers d’Horace :
Ibam forte via sacra, sicut meus est mos,
Nescio quid meditans nugarem, totus in illis ;
Accurit quidam, notus mihi nomine tantum,
Arreptaque manu : Quid agis, dulcissime, rerum ?
Le temps se met au beau. Nous sortons visiter la ville. Les guides américains ont cette particularité que si nous visitons un monument, un édifice public, ils ne manquent pas de nous dire d’emblée :
« Cela coûte tant de milliers de dollars, cela a tant de pieds de large, de haut, de long ; c’est ce qu’il y a de mieux au monde. » Ils semblent conclure que c’est beau parce que c’est coûteux et gigantesque.
Le lendemain nous atteignons Saint-Louis après un court repos à Indianapolis. Saint-Louis ressemble un peu moins aux autres villes américaines. C’est une magnifique ville de forme rectangulaire à cinq cents pieds au-dessus de la mer. Sa population est de 687,000 âmes, ce qui en fait une importante ville des États-Unis. Les catholiques y forment la moitié de la population et comptent une centaine d’églises.
À l’hôtel, j’entends sans le vouloir une dame discourir sur le dévergondage des jeunes filles modernes. Je soupçonne que c’est une moins jeune fille dont les succès ont dû être rares et qui en vieillissant tourne à l’aigreur. Elle mêle ses remarques d’exclamations : « De mon temps, on faisait comme cela, de mon temps on ne faisait pas comme cela, » et je songe à la nature humaine qui a dû beaucoup changer depuis cet heureux temps. Mais pourquoi presque tous ceux qui ont atteint un certain âge trouvent-ils la génération actuelle moins vertueuse que la précédente ? C’est sans doute qu’ils oublient.
Le lendemain matin, nous sommes éveillés avant le jour par un cyclone de touristes qui parlent avec volubilité, font claquer les portes, s’engouffrent dans les corridors en un ouragan. Des voix perçantes de femmes dominent le tumulte. Et je pense aux mots de Paul Claudel :
Faites que je sois comme un semeur de silence.
Nous nous levons déjà aigris contre la ville toute entière, mais il suffit de promener les regards autour de nous pour entrer dans des sentiments plus sereins et plus amicaux.
Nous visitons quelques églises. En général nous pouvons dire que les églises des États-Unis sont assez belles. Quelques-unes cependant sont un peu déparées par un certain faux surfait. Les plus charmantes sont les petites églises de campagne, si humbles, si blanches, qui sont là comme des prières. L’idée d’utilité, d’adaptabilité aux circonstances semble avoir présidé à la construction des églises du pays, assez vastes pour répondre aux besoins d’une population toujours croissante ; bien aérées, bien chauffées en hiver, elles sont plus commodes que belles. Quelqu’un qui revenait de France faisait la remarque que les églises sont belles mais qu’on y est mal assis. Ici on peut dire qu’on y est toujours à l’aise.
Le pays que nous traversons les jours suivants est monotone d’aspect, les champs fertiles s’étendent au loin agrémentés à de rares intervalles par un bouquet d’arbres peu vigoureux. On semble cultiver de préférence le maïs et le blé. On ne peut que déplorer l’incurie des habitants des diverses localités du mauvais état de leurs chemins. Ils sont non seulement impraticables mais dangereux. On conçoit difficilement que des gens puissent passer leur vie desservis par des routes aussi exaspérantes. Elles doivent être la ruine de leurs montures et la source d’ennuis sans nombre. Les villages disséminés à quelque dix milles les uns des autres n’ont pas ce cachet qu’on retrouve dans les autres états. Ils sont plutôt ternes et stagnants. D’autre part, la population y est très simple, affable et serviable pour l’étranger. Cette partie de l’état du Missouri n’attend que des routes pour atteindre son plein développement. On peut presque dire que les bons chemins sont les canaux du progrès. La fertilité de la région se manifeste partout. Les arbres sont d’un vert profond, les herbages, touffus et vivaces, verdissent de loin en loin où s’ébattent de superbes chevaux, des mulets à l’air têtu et des troupeaux de pourceaux.
Pendant que nous courons sur la route nous faisons lever des légions de charmants oiseaux aux couleurs variées, qui étaient venus farfouiller dans la poussière du chemin. Et nous faisons fuir par sauts et par bonds des petits lièvres qui exploraient l’univers. Ce soir le paysage est si immobile qu’on le dirait peint sur une toile. Nous passons la nuit à Saint-Joseph, ville de 100,000, bâtie sur des falaises et noyée de verdure. Nous sommes aux confins du Missouri.
Toujours poussés en avant, nous arrivons bientôt dans Hasting. La journée est torride. L’air flamboie. La brise est d’une chaleur d’incendie. Les bêtes affaissées cherchent la fraîcheur dans l’herbe. La vie semble suspendue. Seul un oiseau dont j’ignore le nom arrive et jette un cri strident, un vrai cri de détresse, et repart.
Pour éviter l’atmosphère surchauffée des chambres d’hôtel, nous décidons de nous installer dans le parc réservé aux touristes. Nous avons une tente que nous dressons en quelques minutes et nous sommes chez nous. Chaque ville, chaque village a son parc pour recevoir les étrangers. Ce soir, il y a au-delà de deux cents automobilistes qui, comme nous, ont élu domicile à l’ombre du parc. Quelques-uns ont toute leur famille avec eux, depuis le grand-père, la grand’mère, les enfants, jusqu’au chien, le chat, le perroquet et les oiseaux de Canarie. Il est intéressant de voir, à l’ouverture des tentes, l’ancêtre assis sur un pliant, Patou qui surveille, Minet qui se lave, le perroquet qui enrichit son dictionnaire, les oiseaux qui chantent les dernières nouveautés pendant que les enfants s’ébattent sur la pelouse.
Voilà quelqu’un qui se met à chanter « The Sheik of Araby ».
C’est à propos. En effet, c’est très Arabie, ces deux cents tentes qui blanchissent la profondeur du parc. Le soir apporte avec lui une fraîcheur bienfaisante. Après nous être reposés nous partons à la recherche d’une église catholique. Nous avisons un brave homme qui n’a pas l’air malin et lui demandons s’il y en a une dans le village.
« Il n’y a pas d’église catholique ici, » nous répondit-il avec la plus imperturbable assurance. Cela ne laisse pas que de nous surprendre qu’une ville d’une centaine de mille âmes qui n’a pas d’église catholique. Nous posons la même question au premier gendarme rencontré :
« Mais oui, dit-il, à deux pas d’ici. » En effet, nous trouvons une belle grande église. »
Je me rappelle qu’à Peekhill l’abbé Walsh nous avait dit qu’à New-York nous ne devions demander nos renseignements qu’à la police. Le conseil est bon, même en dehors de New-York.
Le hasard veut bien que l’assistant du Curé soit un canadien-français, l’abbé Bergeron, autrefois du diocèse de Québec.
De Hasting nous nous rendons à Denver, Colorado, situé à une élévation de cinq mille deux cent quatre-vingt pieds. Le climat nous paraît des plus agréables, sec, salubre. Les journées peuvent être chaudes mais les nuits sont toujours fraîches. Nous sommes à une quinzaine de milles des montagnes Rocheuses, dont les hautes telles que Pikes-Peak, Long’s Peak, s’élèvent à quatorze mille pieds dans l’air. Nous voyons pyramider à l’horizon leur sommet recouvert d’une couche de neige qui étincelle au soleil. Nous ne pouvons nous empêcher d’admirer dans les gorges des parcs bien boisés, fort fertiles qu’on nous dit avoir été autrefois des lacs qui se sont desséchés. Ce sont des endroits recherchés, à cause de leurs conditions climatériques, par les neurasthéniques et les tuberculeux. Cette partie du pays est formée par des terrasses séparées les unes des autres par des failles étendues sculptées, de profonds et larges ravins, aux parois verticales.
Nous passons quelques jours à Denver, nous commençons à avoir la nostalgie du pays. Nous décidons de revenir en brûlant les étapes. Cependant Chicago nous retient quelques jours. Nous y arrivons par une chaleur intolérable. La foule défile triste, abattue et fatiguée. Elle va dans cette chaleur comme poussée par une destinée mauvaise. Des panaches de fumée s’élèvent des manufactures obscurcissant la façade des boutiques. De temps à autre le soleil perce cette buée mais il accentue encore l’expression de lassitude de ce peuple. Dans la partie riche d’élégants équipages stationnent aux portes des demeures prétentieuses. L’armée des travailleurs passe sans y prendre garde. On pourrait craindre que ce luxe n’excitât la convoitise. Il n’en est rien. Chez ce peuple démocratique où l’argent ouvre tous les rangs et achète tout, il y a espoir pour tout le monde d’arriver à l’opulence. On dit qu’en Europe, le peuple veut faire descendre les riches à son niveau. Aux États-Unis, les pauvres veulent s’élever au niveau de ceux qui sont parvenus.
Chicago rivalise certainement avec New-York et je ne sais pas s’il ne l’emporte pas sur certains points. Son université est une des plus riches, des mieux outillées et des plus complètes des États-Unis. Son personnel enseignant est d’une rare excellence. Ce qui fait la force des universités protestantes est la supériorité de leurs professeurs. Ils savent qu’elles vaudront ce que valent leurs professeurs, et ne reculent devant aucun sacrifice à l’effet de se procurer les meilleurs. C’est une inspiration et un stimulant pour l’élève de travailler sous de tels maîtres. Je ne m’arrête pas aux nombreux programmes qu’on y enseigne. Je passe à l’enseignement du français qui m’intéresse plus directement. Le cours français y est d’une rare qualité. Je converse avec des élèves qui l’ont suivi. Leur facilité de s’exprimer m’étonne tout autant que leurs connaissances de notre littérature, de nos auteurs et de nos mouvements littéraires. Ils ont lu tout ce qui vaut la peine d’être lu. Pour cela leurs professeurs sont d’une précieuse assistance. Je rentre à mon hôtel encouragé par ce que j’ai vu et entendu. Je regrette que les catholiques américains de langue anglaise fassent si peu pour imiter leurs compatriotes les protestants. Dans leurs universités que j’ai visitées, j’ai trouvé le français fort mal enseigné, sans aucune facilité de lecture.
Le dîner allait se passer sans incidents, quand un vieux monsieur, aux cheveux longs retombant sur ses épaules, que je prends pour un artiste, met le feu à la nappe en allumant son cigare. Heureusement le garçon de table éteint l’incendie et me dit :
« C’est un habitué, un écrivain, qui met le feu comme cela de temps à autre. Il est distrait. Ils sont inouïs ces hommes de lettres. »
Il y a déjà plus de deux mois que nous sommes partis. Nous décidons donc de rentrer au pays le plus tôt possible. Nous traversons la frontière. Nous ne pouvons nous empêcher d’éprouver un bien-être envahissant à l’idée que notre voyage touche à sa fin sans encombre et sans tracasseries trop grandes. Quelqu’un a dit : « C’est beau de partir mais c’est encore plus beau de revenir. » Sans vouloir lui donner raison, il ne se trompait pas tout à fait.
Des paysages qui ne sont plus inconnus nous sourient d’un air familier. Ce sont d’anciens amis que nous retrouvons, que nous aimons mieux après un voyage comme celui-ci : la verdure de nos forêts, les contours de nos collines, les ondulations de nos champs, la tranquillité des maisonnettes de nos cultivateurs. Nous avons vu un pays plus riche, plus actif, des villes nombreuses où se heurtent tant d’existences humaines, une nature plus cultivée, un climat plus doux, à certains endroits presque tropical, mais rien ne peut remplacer l’harmonie, la paix et la sérénité de nos campagnes et de nos hameaux.
S’il est vrai, comme on l’a dit, que c’est en voyage que l’on connaît réellement un homme, je dois dire que l’épreuve a été favorable à mes compagnons. Ils ne se départirent pas un seul instant de leur bonne humeur et de leur entrain. En dépit des mauvaises routes, des retards, de la pluie, de la chaleur, de tous les ennuis, ils ont toujours eu le bon mot, le sourire épanoui et la plus constante gaîté. Leur exubérance était contagieuse et rassérénait quand les circonstances étaient des plus exaspérantes.
En finissant ces notes prises au jour le jour, je leur dois ce témoignage et toute ma reconnaissance pour leur bonté qui a rendu possible ce voyage qui se termine si heureusement.
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