‹ Les DésirsChapitre 25 sur 101 · LES SIÈCLES QUI VIENDRONT…

LES SIÈCLES QUI VIENDRONT…

À Jacques Chabannes.

Je suis semblable au fleuve à travers la montagne
Qui ne peut dans les rocs épanouir son cours ;
Je m’élance, mais mal, mon tourment m’accompagne,
Et je ne vois au loin que le désert des jours.
Nul regard amoureux n’ira sur cette page
S’assurer doucement que j’ai fait des progrès ;
La foule même ignore et mon nom et mon âge,
Je marche sans appui, je travaille en secret.

Les siècles qui viendront m’offrent tout mon refuge ;
Je les veux pour amis, je les choisis pour juges ;
Ils nous pèseront tous, et de loin nous verrons
Qui pouvait du laurier se couronner le front.

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