‹ Les DésirsChapitre 39 sur 101 · AUTREFOIS, JE COURAIS À TRAVERS LES PRAIRIES…

AUTREFOIS, JE COURAIS À TRAVERS LES PRAIRIES…

Autrefois, je courais à travers les prairies ;
Le ciel lustrait les peupliers
Et le vent qui descend des collines fleuries
Avait l’odeur des espaliers ;
Je ne songeais à rien, je jouais dans les sources,
Je me contentais d’être heureux,
J’étais pris tout entier par l’ardeur de mes courses
Et la fatigue de mes jeux.
Comme tout est changé ! il faut de chaque geste
Prévoir les cercles de remous ;

Nos appels, nos espoirs, nos discours même restent
Et servent d’armes contre nous.
La famille au regard trop tendre est remplacée
Par la file des noirs guetteurs
Qui du moindre abandon de notre âme blessée
S’empare et pousse des clameurs.

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