VOICI TOUS LES GLAÏEULS…
À M Le Fer de la Motte.
Voici tous les glaïeuls du jardin sur l’autel.
Je sais par quelle main vigilante, au parterre
Qui borde le manoir, ils furent pour Vous plaire
Soigneusement coupés : neigeux ou pourpres, tels
Qu’après avoir fleuri le salut, ils demeurent
Épanouis et droits pour éclairer encor
La messe du matin. La main, durant des heures,
A dans les vases bleus où courent des fils d’or
Redressé chaque tige et lustré chaque feuille ;
Il faut que pour Vous brille un logement parfait
Quand Vous viendrez sous ce toit clair qui Vous accueille,
Et sur le linge blanc de votre autel, on met
Les vases lumineux et leur moisson humide
Dont la clarté marine exalte les couleurs.
Pour moi je ne pourrai, secouant mes mains vides,
Que murmurer des vers le soir entre vos fleurs,
À l’heure où sous un ciel plein de Votre présence,
Quand la mer chante au loin et que la maison dort,
Les poèmes légers dans l’espace s’élancent
Et montent s’enrouler à votre trône d’or.
Le Ris, août 1926.