NOUS ÉCARTONS SOUVENT SUR TERRE…
À M la Vicomtesse Curial.
Nous écartons souvent sur terre
De pauvres êtres sans mystère
Qui sans compter d’humbles efforts
S’en vont dans l’ombre vers la mort ;
Jamais ils n’ont sous leurs paupières
Surpris ces éclats de lumière
Qui savent étourdir les cœurs ;
Jamais un de ces cris vainqueurs
Qui frappent la foule et la touchent
N’a jailli de leur faible bouche ;
Les plus sauvages sentiments
Chez eux agitent vainement
Leurs courtes ailes mutilées ;
Mais dans la grande ombre étoilée,
Quand Dieu nous emportera tous,
Qui verra-t-il d’un œil plus doux
De ces esclaves ou de nous ?