J’AI TROP OUVERT À TOUS, À TOUTES…
À Madame Lucie Delarue-Mardrus.
J’ai trop ouvert à tous, à toutes,
Ô mon âme, toutes tes routes ;
Tel qu’un poète et qu’un enfant,
J’eus le don d’être confiant ;
Mais qu’a-t-on fait de mes mystères !
Frère ingénu des sources claires
Qui chantent entre les roseaux,
J’offrais à tous le ciel et l’eau ;
Hélas ! la foule inattentive
A rendu troubles et captives
Les lumières que je roulais ;
Elle a trouvé ce qui lui plaît,
Au cœur de ma course la boue ;
On m’aime, on me quitte, on me loue
Pour des attraits ou pour des biens
Qui n’ont jamais été les miens,
Et mon âme trompe la vue
De ceux qui l’ont le mieux connue.