I
LES DOÏNAS
Si j’avais une jeune belle avec des fleurs dorées dans ses tresses et des roses sur ces lèvres ;
Si j’avais une bien-aimée à l’âme fière et mâle, aux yeux noirs comme le fruit de l’aubépine ;
Si j’avais une blonde joyeuse, à la taille élancée, leste comme le petit du chevreuil ;
Je deviendrais rossignol chantant la Doïna d’amour dans la brise de la nuit.
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Si j’avais une petite carabine, trois balles dans ma bourse de cuir et une hache dévouée comme une sœur ;
Si j’avais, au gré de mes désirs, un cheval hardi comme le lion et noir comme le péché ;
Si j’avais sept frères aussi vaillants que moi et montés sur des dragons ailés ;
Je deviendrais aigle et j’entonnerais en plein jour, à la face du soleil, la Doïna de la vengeance.
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Et je dirais à l’une : Belle amie, je jure par cette petite croix de te soigner comme un frère ;
Et je dirais à l’autre : Brave coursier, va distancer par ta course les hirondelles dans leur vol par-dessus les montagnes et les vallées ;
Et je dirais aux derniers : Sept frères, faites le signe de la croix et jurez de ne jamais vous rendre à personne tant qu’un souffle de vie vous restera ;
Allons tous bravement, allons arracher notre patrie aux païens et à l’esclavage.