‹ Les DoïnasChapitre 34 sur 43 · XXXII

XXXII

Sur la mer calme et murmurante, toutes les étoiles flottent légèrement ; hélas ! pourquoi seule manques-tu à leur chœur lumineux, ô mon astre charmant !

Un chant mélodieux s’élève des rivages et des canaux ; pourquoi, ma Ninitza, pourquoi n’entend-on pas aussi ta voix chanter gaiement ?

La nuit mystérieuse, aux tendres chuchotements, te réclame, ô ma bien-aimée ! comme sa plus belle couronne ; la gondole gémit tristement, car il y a si longtemps qu’elle ne t’a bercée sur les lagunes.

Ah ! descends leste et joyeuse du haut de ton noir palais ; viens régner, viens briller sur les flots comme un astre divin.

Voici la lune monter au ciel du sein des ondes ; son front pâle flotte et s’élève à travers les vapeurs de la mer ; oh ! parais comme elle, douce lumière de mon âme ; viens consoler le pauvre gondolier.

Car je veux charmer doucement ton rêve en chantant la barcarolle vénitienne, et je veux, ma Ninitza chérie, te bercer jusqu’au jour dans ma gondole.

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