I
PRÉAMBULE
_Les Enfants des bois_ se rattachent à la série d'ouvrages dont le _Robinson suisse_ est le type, et qui ont pour but d'encadrer dans un récit romanesque des notions de géographie et d'histoire naturelle. Il est bon de faire remarquer toutefois en quoi le capitaine Mayne Reid a une supériorité incontestable sur ses devanciers. Ceux-ci empruntent leurs matériaux à des livrets de zoologie, de botanique ou de cosmographie: c'est Buffon, c'est Daubenton, Cuvier, Lacépède, Jussieu ou Malte-Brun qu'ils accommodent à leur guise. Leur travail se réduit à combiner ingénieusement des observations antérieures, auxquelles ils donnent une forme nouvelle sans y rien ajouter. Le capitaine Mayne Reid, au contraire, peint d'après nature; il décrit ce qu'il a vu. Quand il met en action des animaux, c'est qu'il les a étudiés, non pas dans les livres ou dans les collections zoologiques, mais au milieu de vastes forêts, dans les solitudes dont ils ont encore la possession presque exclusive. Notre auteur, loin de copier les écrivains antérieurs, rectifie leurs inexactitudes, et révèle des particularités assez curieuses pour pouvoir être consulté avec avantagé, même par les savants.
Il serait donc superflu de parler après le capitaine Mayne Reid des productions du règne animal et du règne végétal dans l'Afrique du Sud; mais il nous a semblé qu'il n'était pas sans intérêt de compléter sa narration par quelques détails sur le théâtre de la scène et sur l'histoire des pays où vivent ses héros.