VIII
LA MOISSON D’UN ESPION
LE MAL QUE CONSTANTIN COUDOYANNIS A FAIT A LA FRANCE
L’historique des faits qui se sont passés avant l’arrestation de Constantin Coudoyannis a été exposé en détail par la danseuse que nous avons appelée Yvonne. Devant le 3ᵉ Conseil de guerre, elle recommença son récit avec des précisions. Certainement c’est à elle qu’on doit la capture de ce dangereux espion.
Une autre femme avait aussi été mêlée à l’affaire: elle avait succédé à la danseuse après le pseudo départ de Constantin, qui, n’ayant pas osé aller à Genève, était resté à Paris, et ne vint retrouver Yvonne que deux mois après.
Constantin avait sérieusement travaillé. Il avait d’abord été recueillir des renseignements dans les ports sur les mouvements de navires. Puis il s’était spécialisé dans la question des fabrications de guerre. Il avait essayé de pénétrer dans les usines du Creusot, de Saint-Chamond, de Saint-Etienne, mais en vain, semble-t-il. Il tenta aussi de s’introduire dans un établissement militaire d’Angers et réussit à entrer dans la poudrerie de Bourges. Il fit ensuite le tour du camp retranché de Paris et dressa la liste des usines militarisées.