Chapitre 1
Au lecteur.
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LES FEMMES QUI FONT DES SCÈNES
CHEZ LES MÊMES ÉDITEURS
OUVRAGES DE CHARLES MONSELET
Format grand in-18
L’ARGENT MAUDIT 1 vol. LES FEMMES QUI FONT DES SCÈNES 1 -- LES FOLIES D’UN GRAND SEIGNEUR 1 -- LA FRANC-MAÇONNERIE DES FEMMES 1 -- LES GALANTERIES DU XVIIIe SIÈCLE 1 -- M. DE CUPIDON 1 -- M. LE DUC S’AMUSE 1 -- LES ORIGINAUX DU SIÈCLE DERNIER 1 --
CLICHY.--Imprimerie Maurice LOIGNON, et Cie, rue du Bac d’Asnières, 12.
LES FEMMES QUI FONT DES SCÈNES
PAR CHARLES MONSELET
[Logo: ML]
PARIS
MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS RUE VIVIENNE, 2 BIS, ET BOULEVARD DES ITALIENS, 15 A LA LIBRAIRIE NOUVELLE
1865
Tous droits réservés
PRÉFACE
Vous êtes marié, très-marié, mon cher; Personne plus que moi ne vous en félicite. Parmi les gens heureux en tous lieux on vous cite. Voulez-vous rire un peu--des autres--par bel air?
Ma muse, grâce au ciel, est une des plus folles; On ne la comprend guère au delà de Paris. Vous lisez cependant les choses que j’écris; C’est que vous demeurez tout juste à Batignolles.
Si je vous dédiais cet ouvrage sans fiel? Pourquoi pas?--Mais alors silence à votre femme! J’y raille doucement un sexe pour lequel Je suis toujours tout prêt à vendre ma pauvre âme.
C’est l’œuvre d’un esprit qui, revenu du Lac, Toujours trompé, se croit de plus en plus sagace; Un obscur descendant du rayonnant Boccace; Un séïde à tous crins de Mahomet-Balzac.
Balzac est ce grand maître en malice émérite, L’éclaireur sans pitié de ceux qu’on va dupant, L’Astolphe qui ricane où Joconde s’irrite, Le damné confesseur des filles du serpent.
C’est ce témoin narquois perché sur leurs faiblesses, Comme un faune égrillard qui guette un couple amant, Et qui, derrière un arbre, épiant leurs caresses, Entre deux longs baisers jette--un éternuement!
J’ai peut-être trop lu les Contes drôlatiques, Et les ai lus trop tôt, je dois en convenir. La moquerie a pris mes instincts poétiques, Et, me voyant ému, m’a dit:--Ça va finir?...
Depuis, je vais riant des femmes que j’adore, Sûr qu’on me le rend bien, qu’on me l’a bien rendu, Et qu’on me le rendra plus d’une fois encore. Donc, sauvons mon esprit, si mon cœur est perdu!
LES FEMMES QUI FONT DES SCÈNES
Lecteur,--si tu as souffert par les femmes, et je te crois assez intelligent pour cela, tu retrouveras dans ces quelques lignes un écho de tes souffrances.
Lectrice,--si tu as été injuste, cruelle et stupide, ce qui t’est certainement arrivé plus d’une fois, tu rougiras au tableau de tes égarements.
Les femmes qui font des scènes sont nombreuses, et les scènes qu’elles font sont d’une variété infinie.
Je ne me suis attaché qu’aux scènes purement classiques, à celles qui se reproduisent chaque jour, dans les mêmes circonstances et avec les mêmes mots.
Il m’a suffi d’écouter et de noter.
J’ai donné souvent le beau rôle à l’homme, cela va sans dire; je l’ai placé dans son jour le plus avantageux; je l’ai éclairé de toutes les lueurs de l’innocence,--parce qu’il est temps de réagir contre le parti pris de madame George Sand.