‹ Les femmes qui font des scènesChapitre 12 sur 119 · VI

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=Deuxième journée.--Retour du bureau.=

LE MARI. Bonjour, Lucie; bonjour, ma petite femme. Ouf! quelle journée! Cette circulaire nous a donné un mal... Figure-toi que Laffitot étant malade, toute sa besogne m’est retombée sur le dos. Je suis harassé, je n’y vois plus.

LA FEMME. Tu ne sais pas... la bonne...

LE MARI. Laisse-moi m’asseoir.

LA FEMME. Elle a cassé une tasse.

LE MARI. Diable!

LA FEMME. Comme c’est amusant! Mais je la lui retiendrai sur son mois.

LE MARI. Oh! pour une tasse... Cette fille ne l’a pas fait exprès.

LA FEMME. Tant pis! cela lui apprendra à faire plus d’attention une autre fois.

LE MARI. Tu serais bien aimable de me donner mes pantoufles. Excuse-moi, chère belle; mais en vérité, je ne me tiens pas.

LA FEMME, <appelant>. Marie! Donnez les pantoufles à Monsieur.

LE MARI. Bah! ce n’est pas la peine... Elles sont sous le lit, je les vois d’ici. (<Il va les chercher.>)

LA FEMME. Alors, à quoi sert d’avoir une bonne?

LE MARI. Approche-toi, et apprends une grande nouvelle. Il est question de moi au ministère comme sous-chef.--Ah!--Je ne voulais pas le croire; mais le secrétaire général m’a fait demander deux fois aujourd’hui dans son cabinet. Deux fois! Il m’a beaucoup questionné, sans en avoir l’air. Il paraît que Rollin doit bientôt prendre sa retraite, car...

LA FEMME. Et ce lit! comme c’est fait en dépit du bon sens!... Ah! la pauvre fille a fort à apprendre!

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