Scène VIII
Gévaudan, Laure et Alfred, puis Saint-Galmier’'
Laure.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Alfred.
Il a dit le lunch ! (À Gévaudan.) Tu sais ce que c'est toi ?
Gévaudan.
Approximativement ! je crois que c'est une loi ! la loi du lunch ! Eh bien, voyons, qu'est-ce que vous dites de vos prétendus ? (À Alfred.) Es-tu content de la tienne ?
Alfred.
De Rachel ?… Dame, elle est un peu avancée.
Gévaudan.
Oh bien, tu sais… le soir… aux lumières…
Alfred.
Oui. Quand elles sont éteintes… Alors, décidément, tu ne veux pas changer…
Gévaudan.
Te céder Léonie ! Merci bien ! D'abord, cette femme m'aime !
Alfred.
Qui te l'a dit ?
Gévaudan.
Son silence ! J'ai remarqué une chose bien souvent ! (Sur un ton dogmatique.) Quand une femme parle c'est pour ne rien dire, donc quand elle ne dit rien, c'est qu'elle parle.
On sonne.’'
Laure.
Moi, tout ce que je sais, c'est que mon petit Saint-Galmier est un amour d'homme ! Une tenue !…
Gévaudan.
Trop !… moi, je le trouve un peu brusque !
On sonne.’'
Laure.
L'amour rend bourru. (Montrant un bouquet.) M'a-t-il donné un joli bouquet !… je vais le porter dans ma chambre !
Gévaudan, le prenant.
Non… Donne-le moi !
Laure
Mon bouquet !
Gévaudan.
Oui, Je l'offrirai à Léonie ! Pas de frais inutiles ! (On sonne furieusement au fond.) Ah çà ! qui est-ce qui nous embête avec cette sonnette ? Il n'y a donc pas de domestiques ici ! (Appelant à la porte de droite.) Eh ! Saint-Galmier ! Saint-Galmier !
Saint-Galmier, passant la tête.
Quoi ?
Gévaudan.
Eh bien ?… on sonne !
Saint-Galmier.
Eh bien, allez ouvrir.
Il referme sa porte.’'
Gévaudan, gagnant la gauche.
Comment, allez ouvrir !
Alfred, remontant jusqu'à la cheminée en passant derrière le canapé.
Pour qui nous prend-il ?
Gévaudan.
Il ne faudra pas qu'il le prenne sur ce pied-là !