‹ Les grandes damesChapitre 91 sur 128 · VII

VII

L'EXTRAIT MORTUAIRE DE VIOLETTE DANS LA CHAMBRE NUPTIALE

Il était deux heures du matin quand une chaise de poste à quatre chevaux emmena les mariés à Parisis. Geneviève n'était accompagnée que de Mlle Hyacinthe.

Ce fut avec un sentiment de fierté et de mélancolie que Geneviève entra--en souveraine, cette fois--dans cette vieille demeure des Parisis. Elle s'appuyait, pour monter l'escalier, sur Octave et sur sa jeune protégée, qui sauvait, par son intarissable gaieté, les embarras charmants de la situation.

Les deux jeunes amies entrèrent seules dans la chambre nuptiale. Geneviève se laissa tomber sur une petite causeuse hospitalière tournée vers la porte; elle vit du premier regard deux pastels de La Tour, son bisaïeul et sa bisaïeule, souriants comme s'ils étaient heureux de la voir. «Oh! mon Dieu! dit-elle tout à coup à Hyacinthe, j'ai oublié dans la voiture, dans le petit panier, la miniature de ma mère.»

La jeune fille ouvrit la porte pour descendre chercher le petit portrait. Dans sa précipitation, elle laissa tomber une lettre qu'on lui avait remise à l'heure du départ et qu'elle voulait achever de lire le soir même.

Il n'y avait plus d'enveloppe à la lettre. Geneviève la prit et reconnut l'écriture de Violette. «C'est singulier, dit elle. Comment cette lettre m'arrive-t-elle ici?»

Elle ne l'avait pas vue tomber des mains de Mlle Hyacinthe.

Geneviève lut rapidement, sans bien reconnaître que la lettre n'était pas pour elle:

«Pour vivre, il fallait que vous fussiez là; pour mourir, pourquoi ne puis-je vous serrer la main?

«Il me faut mourir seule, dans un coin, comme un chien abandonné.

«Moi aussi, je suis une Parisis, surtout pour la légende. Vous la connaissez, Hyacinthe:

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