II
HENRI III
Le roi, sans faire attention à Guise, s'arrêta devant Joyeuse et, s'agenouillant, cria dans le silence:
--Monseigneur Jésus, vous m'avez appelé, moi, pauvre roi que ses sujets ont frappé, abandonné, chassé! Me voici, mon doux seigneur Jésus! Et, puisque vous avez tant fait que de m'appeler à votre aide, laissez-moi essuyer le précieux sang qui coule de vos plaies!...
A ces mots, Henri III se releva, saisit son mouchoir et se mit à essuyer Joyeuse.
La foule est mobile dans ses sentiments. A la vue du roi s'agenouillant devant le figurant qui représentait Jésus, s'incorporant pour ainsi dire à la procession parisienne, des applaudissements furieux éclatèrent. Le roi leva les bras pour commander le silence.
--Qu'on saisisse ces deux misérables! cria-t-il en désignant les deux flagellants effarés; qu'on les jette en prison et puis qu'on les pende haut et court!
--Mais, sire, bégaya Joyeuse, Votre Majesté fait erreur... ce ne sont pas eux...
--Ainsi seront traités les ennemis de Dieu et de l'Eglise! cria Henri