‹ Les pérégrinations escapades et aventures de Claude La Ramée et de son cousin LabicheChapitre 31 sur 31 · CONCLUSION

CONCLUSION

Que dirai-je encore ? M. Saint-Emilion réclama à la chancellerie, et on lui rendit son nom avec éclat. Le château de Montdidier lui fut adjugé pour un prix bien au-dessous de sa valeur ; et il devint un séjour délicieux où nous passâmes l’été, en compagnie de l’abbé Raymond, qui consentit enfin à quitter sa cure pour prendre celle de Montdidier. Mademoiselle Saint-Emilion, ou plutôt mademoiselle de Montdidier, passionnée pour les fleurs, s’était fait faire une admirable terrasse, toute garnie de plantes rares et odorantes. C’était là qu’elle se plaisait à s’asseoir chaque jour ; c’était là que nous aimions à venir pendant les vacances, Oscar et moi, car j’étais entré à la pension du jeune de Montdidier, et mes progrès étaient si rapides que je l’eus bientôt rattrapé.

Quand j’eus fini mes études, M. de Montdidier, toujours reconnaissant, me réservait une surprise qui me fut bien agréable, plus encore parce que c’était une grande preuve d’affection que parce que ma fortune se trouvait par là fixée désormais. Ma mère était morte… pauvre mère !… morte dans nos bras, entourée d’amis, et après m’avoir donné sa bénédiction.

– Te voilà orphelin, me dit M. de Montdidier… tu n’as plus de famille… je veux que la nôtre soit tout à fait la tienne.

Et il courut chez son notaire où il fit un acte d’adoption en ma faveur. Depuis ce moment, je suis le plus heureux des jeunes gens. Mes études sont finies, et je vais commencer mon droit. Au milieu des jouissances du luxe, entouré de parents que j’aime, – car je peux les appeler ainsi, – jamais je n’oublierai d’où je suis parti, et jamais je ne cesserai de remercier Dieu qui, pouvant me punir, a donné une fin aussi heureuse à mes escapades.

q