‹ Les quatre livres de philosophie morale et politique de la ChineChapitre 18 sur 74 · CHAPITRE XI.

CHAPITRE XI.

1. Le Philosophe disait: Rechercher les principes des choses qui sont dérobées à l'intelligence humaine; faire des actions extraordinaires qui paraissent en dehors de la nature de l'homme; en un mot, opérer des prodiges pour se procurer des admirateurs et des sectateurs dans les siècles à venir: voilà ce que je ne voudrais pas faire.

2. L'homme d'une vertu supérieure s'applique à suivre et à parcourir entièrement la voie droite. Faire la moitié du chemin, et défaillir ensuite, est une action que je ne voudrais pas imiter.

3. L'homme d'une vertu supérieure persévère naturellement dans la pratique du milieu également éloigné des extrêmes. Fuir le monde, n'être ni vu ni connu des hommes, et cependant n'en éprouver aucune peine, tout cela n'est possible qu'au saint.

Voilà le onzième chapitre. Les citations des paroles de KHOUNG-TSEU par _Tseu-sse_, faites dans l'intention d'éclaircir le sens du premier chapitre, s'arrêtent ici. Or le grand but de cette partie du livre est de montrer que la _prudence_ éclairée, l'_humanité_ ou la _bienveillance universelle pour les hommes_, la _force d'âme_, ces trois vertus universelles et capitales, sont la porte par où l'on entre dans la voie droite que doivent suivre tous les hommes. C'est pourquoi ces vertus ont été traitées dans la première partie de l'ouvrage, en les illustrant par l'exemple des actions du grand _Chun_, de _Yan-youan_ (ou _Hoeï_, le disciple chéri de KHOUNG-TSEU), et de _Tseu-lou_ (autre disciple du même philosophe). Dans _Chun_, c'est la _prudence éclairée_; dans _Yan-youan_, c'est _l'humanité_ ou la bienveillance pour tous les hommes; dans _Tseu-lou_, c'est la _force d'âme_ ou la _force virile_. Si l'une de ces trois vertus manque, alors il n'est plus possible d'établir la règle de conduite morale ou la voie droite, et de rendre la vertu parfaite. On verra le reste dans le vingtième chapitre. (TCHOU-HI.)