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Je disais, dans la première partie de cette étude, qu'une révélation trop haute, fût-elle incontestable, n'aurait guère d'influence sur notre vie, y transformerait peu de chose, passerait trop loin de nous dans l'immensité de l'espace et ne descendrait pas dans notre pensée et notre coeur. En alla-t-il ainsi de celle dont nous parlons, qui est la seule vraiment surhumaine et encore acceptable et presque inattaquable que nous ayons eue? Oui et non, selon le point de vue où l'on se place. Tout ce qu'il y a en elle de trop grand, excepté sa notion de l'éternité, n'a pas réellement modifié nos idées, n'a pas imprégné nos moeurs. Elle n'a même pas atteint profondément les peuples qui nous l'ont transmise et qui, renonçant à la comprendre, l'ont transformée en un polythéisme anthropomorphe, barbare et monstrueux. Il en est à peu près de même partout ailleurs. Toutes les religions, du paganisme, en passant par la Chine et le Japon, la Gaule et la Germanie, le Mexique et le Pérou, jusqu'au christianisme avec ses variantes et ses surgeons, en sont issues; mais toutes n'ont pu vivre et régner sur les hommes, qu'en la défigurant, en la mutilant, en la rapetissant à la plus petite taille des âmes de leur temps, en la rendant méconnaissable. Il est donc assez probable qu'il en irait pareillement de toute autre plus grande, s'il était possible, eût-elle tous les caractères d'une révélation divine, directe, authentique, indubitable, irréfutable, irrécusable; en un mot, de celle que nous attendons encore sans oser l'espérer.