XIII
La morale, morale sociale et individuelle, nationale et internationale, la morale, dis-je, ses conséquences et sa sanction, ses conséquences éternelles et présentes, quelle science ne rentre pas dans cette science-là? L’hygiène y rentre, et combien n’est-il pas nécessaire d’enseigner l’hygiène à tout homme! Toute l’économie politique est-elle donc autre chose que la morale: science du travail et de la sagesse, de l’équité et de la liberté, et des sanctions immédiates, matérielles, manifestes, du travail, de la sagesse, de l’équité et de la liberté? C’est l’un des plus saisissants points de vue de la science du Devoir. La politique est identique à la morale; ceux qui l’ignorent sont politiques du temps passé. Et l’histoire n’est-elle pas la morale en action? Qu’y doit-on voir, sinon la marche du genre humain, accélérée ou entravée par le bien ou le mal? Et la géographie, inséparable de l’histoire, n’implique-t-elle pas la science de la nature entière, et n’apporte-t-elle pas dès lors à la morale tout ce tribut? Que dire de la logique? N’est-elle pas véritablement inséparable de la morale, comme sont inséparables l’intelligence et la volonté, deux facultés d’une même âme simple[67]?
[67] Notre siècle est celui de la science comparée, et il a commencé avec bonheur tous ces rapprochements.
Le devoir donc, le devoir intellectuel, est de chercher surtout cette science d’ensemble qu’on peut nommer la vérité. Et ce résumé se trouve être plus clair que les détails et ce tout est, à la fois, et plus riche et moins lourd que les parties.