XVI
Et n’oublions jamais que, de toutes les vertus intellectuelles[68], la plus féconde et la plus nécessaire, c’est la foi: la foi dans tous les sens du mot, y compris son grand sens théologique. La foi, c’est l’assentiment libre, habituel, de l’esprit et de la volonté, aux vérités que Dieu révèle. Qu’il les révèle à la conscience, à la raison, au genre humain ou à l’Église, par la nature ou par l’histoire, par tradition ou par inspiration, naturellement ou surnaturellement, la foi est une vertu de l’âme qui sent, en toutes choses, ce qui est de Dieu; qui le sent, dis-je, qui s’y attache, et prend Dieu même, Dieu réel et présent, pour fondement de ses magnifiques certitudes. La foi, divine ténacité de l’âme, tient à Dieu même, à Dieu, source de vérité et source de liberté. La foi est l’orientation de l’âme tout entière vers le vrai. Elle sait d’avance que LA VÉRITÉ EST, qu’elle est belle, qu’elle répond à tout. La foi possède la vérité avant de l’avoir vue, et y tient par le centre et le fond quand la surface de réflexion n’en analyse encore aucun détail.
[68] Voyez dans notre Logique, le livre des Vertus intellectuelles inspirées.