VII - VIII
Et que serait-ce si je parlais ici de ceux qui par un plus étonnant mystère, entrent plus avant encore, pour la vie et l’éternité, dans l’intime adoption de Dieu? Voilà surtout ceux qui peuvent dire: «Je ne suis pas seul, car mon Père est en moi.»
Mais c’est surtout quand l’homme est père qu’il connaît de quels biens Dieu nous comble dans la famille. Quant à moi, je ne comprends bien la grandeur de ces dons primitifs qu’à mesure que j’avance dans la vie. Heureux les petits enfants, récentes fleurs que rien n’a flétries, et dont l’Évangile dit: «Leurs anges voient en tout temps la face du Père qui est au ciel.» Oui, l’inspiration pure du Père, qui est au ciel et dans leur âme, coule abondante et sans entrave dans leurs âmes innocentes. Leurs anges voient Dieu. Eux, ils n’en savent rien, mais ils en vivent, et tressaillent de joie dans cette lumière universelle du Père où ils croissent pleins de pressentiments, de germes, de ravissants élans. Or, qui est le ministre et le prêtre, et j’allais presque dire le Dieu visible de cette première période de la vie? C’est le Père.