‹ Les Œuvres de François RabelaisChapitre 215 sur 409 · LeQuartLivre · 60

LeQuartLivre · 60

oyant Pantagruel ceſte villenaille de ſacrificateurs, & multiplicité de leurs ſacrifices, ſe faſcha, & feuſt deſcendu ſi Epiſtemon ne l’euſt prié veoir l’iſſue de ceſte farce. Et que ſacrifient, diſt il, ces Maraulx à leur Dieu Ventripotent es iours maigres entrelardez ? Ie le vous diray, reſpondit le pilot. D’entrée de table ilz luy offrent.

Là fault boyre, ou le Diable l’emporteroit. Ilz y donnent bon ordre, & n’y a faulte : Puys luy offrent

Ces viandes deuorees s’il ne beuuoit, la Mort l’attendoit à deux pas pres. L’on y pouruoyoit treſbien. Puys luy eſtoient ſacrifiez.

Pour les quelz cuyre & digerer facillement, vinaigre eſtoit multiplié. Sus la fin offroient

Croyez que par eulx ne tenoit que ceſtuy Gaſter leur Dieu ne feuſt aptement, precieuſement, & en abondance ſeruy en ſes ſacrifices, plus certes que l’Idole de Heliogaballus, voyre plus que l’Idole Bel en Babilone ſoubs le roy Balthaſar. Ce non obſtant Gaſter confeſſoit eſtre non Dieu, mais paouure, vile, chetiue creature. Et comme le roy Antigonus premier de ce nom reſpondit à vn nommé Hermodotus (lequel en ſes poeſies l’appelloit Dieu, & filz du Soleil) diſant. Mon Laſanophore le nie. Laſanon eſtoit vne terrine & vaiſſeau approprié à recepuoir les excremens du ventre : ainſi Gaſter renuoyoit ces Matagotz à ſa ſelle perſee veoir, conſiderer, philoſopher, & contempler quelle diuinité ilz trouuoient en ſa matiere fecale.