‹ Les Véritables Entretiens de SocrateChapitre 363 sur 376 · Livre II · ANTIPHON

Livre II · ANTIPHON

J’allais lui demander en riant si, depuis qu’Héraklès a détruit quelques brigands, il s’imagine que personne n’ose plus molester les étrangers. Nous voyons ceux mêmes qui, dans leur patrie, sont à la tête du gouvernement, porter des lois pour se protéger contre l’injustice. Non contents d’avoir auprès d’eux leurs parents et leurs amis, ils se font un parti intéressé à les défendre. Ils entourent leur ville de murailles et rassemblent des armes. Ces précautions ne leur suffisent pas et ils se ménagent des alliances au dehors. Encore, après tant de soins, ne sont-ils pas toujours à l’abri des attentats. Et toi, Aristippe — je parle comme il s’était encore présent, dans l’espoir qu’Antisthène, ou son ami Eschine, ou quelque autre lui répétera mes paroles victorieuses — toi, Aristippe, tu te disposes à passer une partie de ta vie seul sur les routes parce que, sans doute, il ne s’y commet jamais aucun crime. Dans les cités même, tu seras toujours le dernier, le plus faible, le plus indifférent à tous. Tu seras donc le plus exposé à la violence et à l’injure. Mais je crois inutile de développer des vérités aussi évidentes.

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