Livre II · ANTISTHÈNE
Aristippe répondrait, je pense, en distinguant entre les diverses injures qu’on lui peut faire. Toutes celles qui ne frappent que l’imagination, comme les outrages en paroles, les exils et autres choses semblables, il est assez philosophe pour en rire. Si quelqu’un essaie de se moquer d’Aristippe, c’est le moqueur qui restera moqué. Il est d’ailleurs de caractère doux et serviable ; son esprit est agréable et ingénieux. De sorte que, partout où il ira, il se fera des amis. Mais, s’il habite un jour une ville où personne ne l’aime, comme il ne se mêle point aux querelles et n’insulte personne, il n’aura pas non plus d’ennemis. Il lui reste à craindre les seuls maux qu’on fait par intérêt. Or sa sagesse est assez grande et subtile pour qu’il découvre mille voluptés naturelles et qu’il en jouisse même si on lui a pris tout son argent.