Livre II · ANTISTHÈNE
Il est assez philosophiquement paresseux pour que peu de gens soient tentés de s’embarrasser d’un tel esclave. Son esprit ingénieux, si la chose advenait, lui fournirait chaque jour un moyen de ne rien faire, un moyen de mener, dans l’esclavage apparent, une vie nonchalante, une vie de maître ou plutôt d’homme libre. Celui-là seul consentira à le garder dans sa maison qui aimera les grâces de l’esprit et les sourires de la parole. Mais un tel homme, s’il achète Aristippe et croit acquérir un esclave se trompera lourdement car il aura acquis un maître. Aristippe a donc beaucoup de chances d’être toujours heureux de la façon dont il veut être heureux. Il a pourtant contre lui des chances que Socrate ou même Antisthène n’ont point contre eux.