‹ Les vies enclosesChapitre 21 sur 90 · XI.

XI.

Les vitres tout à l'heure étaient pâles et nues. Mais peu à peu le soir entra dans la maison; On y sent à présent le péril d'un poison. C'est que les vitres, pour le soir, sont des cornues Où se distille on ne sait quoi dans leur cristal; Le couchant y répand un or qui les colore; Et pour qu'enfin le crépuscule s'élabore, L'ombre, comme pour un apprêt médicinal, Semble y verser ses ténèbres, d'une fiole. Dans les verres, teintés de ce qui souffre en eux, Un nuage s'achève, un reflet s'étiole; Il en germe quelque chose de vénéneux, Menaçant la maison déjà presque endormie; Et c'est de plus en plus le nocturne élixir... Ah! les vitres et leur délétère chimie Qui chaque soir ainsi me font un peu mourir!

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