‹ L’Esprit de l’Institut des filles de Saint LouisChapitre 7 sur 10 · Catéchisme

Catéchisme

UNe de vos plus eſſentielles obligations, eſt de travailler à l’inſtruction des Demoiſelles ; Malheur à vous ſi vous ne leur enſeignez la doctrine Evangélique, car la néceſſité vous y engage. L’intention de vôtre Fondateur, la charité que vous devez au beſoin de tant d’enfans mal inſtruits, & vôtre quatriéme Vœu, vous impoſe cette néceſſité. Vous avez promis l’Inſtruction, comme la Pauvreté, l’Obéïſſance, & la Chaſteté : quand vous ſeriez bonnes & régulieres en vôtre particulier, ſi vous négligez le ſalut de ces petits, vôtre partage ſera avec les impies dans l’Enfer ; vôtre ame répondra de celles de ces enfans, s’ils tombent dans le ſcandale & qu’ils ſe perdent par ignorance ; Dieu vous demandera leur ſang. Je jure par moy-même, dit le Seigneur, parce que vous n’avez point eû ſoin de mon troupeau, & que mes brebis ont été devorées, vous m’en répondrez en vos propres perſonnes. Qui ne tremblera pas à ces paroles redoutables, s’écrie un Pere, ſi ce n’eſt celuy qui n’attend pas, ou qui ne croit pas l’Eternité. Tout eſt grand dans cet employ, ſoit que vous enviſagiez les ſujets ſur lesquels vous avez à travailler, ſoit que vous conſidériez les veritez dont vous devez les inſtruire, ces jeunes plantes ſeront un jour ce grand arbre de l’Evangile, ſur les branches duquel les oiſeaux viendront ſe repoſer, la Foy en eſt la racine ; elles ſont le champ que Dieu cultive par vous, & qu’il rendra fertile ; la Foy en eſt la ſémence ; elles ſont le bâtiment que Dieu éleve, la Foy en eſt le fondement. Cultivez donc avec un ſoin infatigable la Foy de ces enfans ; qu’elle croiſſe de jour en jour, & qu’elle arrive juſqu’à cette pleine connoiſſance ſelon laquelle Jesus-Christ veut ſe former en elles.

C’eſt dans vôtre Maiſon, & par vos ſoins continuels, qu’on doit voir bâtir le ferme fondement de la Foy, dont parle l’Apôtre. C’eſt de chez vous que doivent ſortir ces Chrétiennes enracinées, fondées & confirmées dans nôtre croyance, qui continuëront à marcher dans le monde ſelon les inſtructions qu’elles auront receuës icy, pleines de la connoiſſance de la volonté de Dieu, avec cette abondante ſageſſe & intelligence que la pleine foy communique, fructifiantes en toutes ſortes de bonnes œuvres, fortes, patientes, pleines de joye dans les peines, perſeverantes, rendant à Dieu de continüelles actions de graces, d’avoir daigné les éclairer par vous de la lumiere Evangelique ; de les avoir arrachées de la puiſſance des tenebres, pour les faire paſſer dans le Royaume de ſon Fils bien aimé, & de les faire participantes du ſort & de l’heritage des Saints. Mais quel eſt cet Evangile du Royaume que vous leur devez annoncer ; ce ſont les veritez ſublimes & éternelles, cachées dés le commencement, qui n’ont point été révélées aux enfans des hommes dans les autres temps, & que l’Egliſe propoſe aujourd’huy avec ſimplicité à tous ſes enfans dans le Catéchiſme. Ces veritez toutes ſimples qu’elles paroiſſent dans nos Catéchiſmes, ſont tout le trésor de la ſcience & de la ſageſſe de Dieu. Par vôtre ſublime fonction de catéchiſer vous voilà aſſociées au miniſtere de Jesus-Christ : vous diſpenſez tous les jours les veritez qu’il a veuës, qu’il a entenduës de ſon Pere, & qu’il a le premier annoncées aux hommes. Il vous eſt donné d’enſeigner ce que tant de ſaints Prophetes & de ſaints Rois ont deſiré d’entendre & de voir, & qu’ils n’ont pas entendu. C’eſt véritablement dans ces incomparables fonctions que je ne vous appelleray plus les ſervantes de Jesus-Christ, mais ſes épouſes véritables & ſes confidentes, puiſqu’il vous découvre tout ce qu’il a appris de Dieu ſon Pere.

Ovocation ſublime ! qui a pû vous meriter une telle diſtinction dans le Royaume de Dieu. Dites avec S. Paul, J’ay reçû, moy qui ſuis la plus petite de toutes, cette grace d’annoncer les richeſſes incomparables de notre Seigneur Jesus-Christ. Je ne l’aurois jamais oſé, Seigneur, ſi vous ne m’aviez choiſie ; donnez moy de bien faire ce que vous me commandez de faire.

Je me fuis peut-être trop étendu ſur cette matiere, mes cheres Filles, mais rien ne me paroît plus important que de vous inſtruire, & de vous perſuader ſur ce qui eſt la fin de vôtre Inſtitut, l’objet de vôtre fondation, & l’unique intention du Roy vôtre Fondateur.

Page 1