‹ Lettres d'une amoureuseChapitre 81 sur 85 · LXXX

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Son âme oppressée commence à exhaler sa plainte, et lentement elle me révèle le fond de sa souffrance; la violence et le retentissement du choc l'ont laissée étourdie, et j'imagine qu'il y a des instants où elle ne se rappelle pas de quoi elle souffre.

--Claudia, sais-tu ce qui me torture jour et nuit? C'est de ne plus l'aimer... Car je ne l'aime plus, Claudia: lorsque je l'ai vu là, dans ce lit, avec cette femme près de lui... mon amour est mort en une seconde; cela a été comme une statue réduite en miettes... Ma vie s'est écroulée en entier... C'est ma main, ma main à moi, qui tenait l'arme d'où lui est venue la mort... et je ne peux pas avoir pitié; je ne peux pas le pleurer... Il a tué mon coeur avant de mourir... Qu'ai-je donc aimé, Claudia? que suis-je?... Je croyais souffrir, je croyais être misérable, quand j'aimais si ardemment et en vain; mais c'est maintenant que je souffre... Je voudrais me cacher, disparaître...

Et moi, je lui réponds:

--Pleure, Irène, pleure l'amour de ta jeunesse...

Et elle regarde couler mes larmes, mais il n'en jaillit pas de ses yeux, ternis par la fièvre et l'insomnie.

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