‹ Lettres familièresChapitre 47 sur 160 · LETTRE XLV.

LETTRE XLV.

Vous êtes bien aimable, madame, de m’avoir écrit sur le mariage de ma fille 140 ; elle et moi vous sommes très-dévoués ; et nous vous demandons tous deux l’honneur de vos bontés. J’apprends que les jurats 141 ont envoyé une bourse de jetons, de velours brodé, à l’abbé Venuti : je croyais qu’ils ne sauraient pas faire cela même. Le présent n’est pas important ; mais c’est le présent d’une grande cité ; et ce régal aurait encore très-bon air en Italie ; mais là il n’a pas besoin de bon air, parce que l’abbé y est si connu, qu’on ne peut rien ajouter à sa considération. Dites, je vous prie, à l’abbé de Guasco, que je ne puis comprendre comment les échos ont pu porter à M. le Mercure de Paris des vers faits 142 dans le bois de la Brède. Je suis fort fâché de ne l’avoir pas su plutôt, parce que j’aurais donné ce sonnet en dot à ma fille. J’ai l’honneur d’être, madame, avec toute sorte de respect.

De Clérac.

Frappé de ses grâces et de son esprit, un ami de la famille, le duc de Nivernais, lui adressa un jour ces vers impromptus et inédits ; elle avait à peine quinze ans :

D’un père illustre adorable portrait,

Honneur des arts, jeune et belle Sylvie,

Des dons de plaire assemblage parfait,

Vous qu’Amour suit et que Vénus envie,

Tous les talents qu’en vous on voit fleurir

Votre beauté, vos charmes et votre age

Mériteraient un seul genre d’hommages…

Mais l’amitié ne saurait vous l’offrir.

(Le Château de la Brède, par M. Labat. Agen, 1834, dans le Recueil des travaux de la Société d’agriculture, etc.)

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