‹ Lettres familièresChapitre 7 sur 160 · LETTRE V 29.

LETTRE V 29.

Je ne sais si je vous aurai assez dit hier combien je vous aime, combien je me donne, et combien je me sens à vous, toutes les fois que je vous vois. Toutes les fois que vous m’écrivez, il me semble que je vous aime davantage.

Je vous remercie de ce que vous voulez bien travailler à me procurer les moyens de vous voir plus aisément, comme je vous remercie de mon bonheur.

J’ai mille choses à vous dire. Je ne vous ai rien dit ; vous ne me connaissez pas (je ne vous connais pas 31) ; d’où vient que je vous aime ?

J’approuve infiniment ce que vous me mandâtes hier, que vous ne vouliez pas de confidente. On n’en a que les inconvénients, on n’en aime que moins. Nous n’en aurions besoin que pour nous racommoder, et nous ne nous brouillerons jamais.

(1725 ?)

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