‹ Lettres familièresChapitre 73 sur 160 · LETTRE LXXI 224.

LETTRE LXXI 224.

Je vous prie de parler de moi à M. et Madame de Mirepoix, à M. de Forcalquier, à Mesdames de Rochefort et de Forcalquier, à Madame du Deffand, à M. et Madame du Châtel, à M. de Bermestoff 225 ; sachez, je vous prie, s’ils ont quelque souvenir de moi. N’oubliez pas le président 226.

Ce que j’ai le plus vu dans votre lettre, mon cher chevalier, c’est votre amitié ; et il me semble qu’en la lisant, je faisais plus d’usage de mon cœur que de mon esprit. Je suis bien rassuré par vous sur le bon succès de l’Esprit des Lois à Paris. On me mande des choses fort agréables d’Italie ; je ne sais rien des autres pays.

Mon cher chevalier, pourquoi les gens d’affaires se croient-ils attaqués 227 ? J’ai dit que les chevaliers, à Rome, qui faisaient beaucoup mieux leurs affaires que vous autres chevaliers ne faites ici les vôtres, avaient perdu cette république ; et je ne l’ai pas dit, mais je l’ai démontré 228. Pourquoi prennent-ils là-dedans une part que je ne leur donne pas ?

J’aurais grande envie de revenir ; mais je serai encore ici quelques mois, occupé à rétablir une fortune honnête ; il m’en coûte le plaisir de vous voir, et il me faudrait de grands dédommagement. Je n’en sais point, mon cher chevalier, parce qu’il n’y a rien de comparable au bonheur de vivre avec vous.

Bordeaux, ce 21 février 1749.

Parlez, je vous prie, de moi à tous nos amis.

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