LETTRE LXXXI.
Mon cher chevalier, que prétendez-vous faire ? Ne voulez-vous point revenir de votre Périgord ? On ne peut aller là que pour manger des truffes. Vous nous laissez ici ; nous vous aimons ; vous êtes un philosophe insupportable.
Je reçois quelquefois des nouvelles de Mme de Mirepoix, qui me dit toujours de vous faire ses compliments. Il y a ici une grande stérilité en fait de nouvelles. Je ne puis vous dire autre chose si ce n’est que les opéras et les comédies 254 de Mme de Pompadour vont commencer, et qu’ainsi M. le duc de la Vallière va être un des premiers hommes de son siècle ; et comme on ne parle ici que de comédies ou de bals 255, Voltaire jouit d’une faveur particulière ; on prétend que le jour qu’il doit donner son Catilina256, il donnera une Électre ;j’y consens. Les du Châtel sont ici. M. de Forcalquier se porte en général très-bien. Je vous prie de me conserver toujours votre amitié que j’adore, et d’agréer mon respect infmi.
De Paris, ce 24 novembre 1749.
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