LETTRE LXXXV.
Je suis bien fâché, mon cher Abbé, que vous partiez pour l’Italie 269, et encore plus que vous ne soyez pas content de nous. Je vois pourtant, sur ce qui m’est revenu, qu’on n’a pas pensé à manquer à la considération qui vous est due si légitimement. Je souhaite bien que vous ayez satisfaction dans votre voyage d’Italie, et je souhaiterais bien, qu’après ce temps de pèlerinage, vous passassiez dans une plus heureuse transmigration, et telle que votre mérite personnel le demande. Si vous pouvez retirer votre dissertation de chez le président Barbot, qui la garde comme des livres sibyllins, j’en ferai usage ici à votre profit : mais votre lettre ne le fait pas espérer. Faites, je vous prie, mes compliments à notre comtesse et à Mme Duplessis 270. Si vous faites votre voyage entièrement par terre, vous verrez à Turin le commandeur de Solar, qui y viendra de Rome. Adieu, mon cher abbé : conservez-moi de l’amitié ; et croyez qu’en quelque lieu du monde que je sois, vous aurez un ami fidèle.
De Paris, ce 18 mai 1750.
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