‹ Lettres intimesChapitre 101 sur 134 · CVI

CVI

10 novembre 1863.

Mon cher Humbert,

Je vous enverrai plus tard une liasse de journaux qui parlent des Troyens; je les étudie. L'immense majorité donne à l'auteur d'enivrants éloges.

La troisième représentation a eu lieu hier, avec plus d'ensemble et d'effet que les précédentes. On a redemandé encore le septuor, et une partie de l'auditoire a redemandé le duo d'amour, trop développé pour qu'on puisse le redire. Le dernier acte, l'air de Didon, Adieu, fière cité, et le choeur des prêtres de Pluton, qu'un de mes critiques appelle le De profundis du Tartare, ont produit une immense sensation. Madame Charton a été d'un pathétique admirable. Je commence seulement aujourd'hui à reprendre, comme la reine de Carthage, le calme et la sérénité. Toutes ces inquiétudes, ces craintes, m'avaient brisé. Je n'ai plus de voix; je puis à peine faire entendre quelques mots.

Adieu, cher ami; ma joie redouble en songeant qu'elle devient vôtre.

Mille amitiés dévouées.

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