‹ Lettres intimesChapitre 126 sur 134 · CXXXI

CXXXI

30 décembre 1866.

Cher ami,

Me voilà de retour de Vienne, et je vous écris trois lignes pour vous en informer. Je ne sais si l'Union vous a parlé du succès furieux de la Damnation de Faust en Autriche. En tout cas, sachez que c'est le plus grand que j'aie obtenu de ma vie. Il y avait trois mille auditeurs dans cette immense salle des Redoutes, quatre cents exécutants. L'enthousiasme a dépassé ce que je connaissais en ce genre. Le lendemain, ma chambre a été remplie de fleurs, de couronnes, de visiteurs, d'embrasseurs. Le soir, on m'a donné une fête, avec force discours en français et en allemand. Celui du prince Czartoriski surtout a fait sensation. J'ai été bien malade néanmoins; mais j'avais un incomparable chef d'orchestre, qui conduisait certaines répétitions quand je n'en pouvais plus.

Je vous envoie un fragment de journal français qui me tombe sous la main.

Adieu; si je vous savais plus content et mieux portant, je serais très heureux pour le quart d'heure.

Je vous embrasse de tout mon coeur.

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