Scène II
PINGLET, MARCELLE
Pinglet, avec empressement allant à Marcelle. — Ah ! madame Paillardin.
Marcelle, avec humeur. — Bonjour, mon cher Pinglet !… Vous me recevez en robe de chambre, n’est-ce pas ?
Pinglet, très aimable, descendant avec elle. — Mais ce sont les privilèges du voisinage ; quand, entre amis intimes, on a deux villas contiguës, c’est bien le moins qu’on puisse aller les uns chez les autres sans façons !
Marcelle. — C’est ce que je me suis dit !… Votre femme n’est plus là ?
Pinglet. — Si ! Elle est en conférence avec sa couturière !… Et Paillardin va bien ?…
Marcelle. — Je ne sais pas.
Pinglet, lui prend les mains et la regarde dans les yeux. — Qu’est-ce que vous avez ?
Marcelle. — Je n’ai rien.
Pinglet. — Si… Vous avez les yeux rouges.
Marcelle. — Oh ! rien ! rien !… Toujours la même chose : une dispute avec mon mari.
Pinglet. — Pauvre petite !… Voyons, est-ce qu’il se serait montré agressif ?
Marcelle. — Agressif !… Ah ! ah ! non, il n’est pas agressif !… S’il était agressif, il y aurait peut-être quelque espoir !… mais je suis aussi peu pour lui que sa dernière pantoufle !… Tenez, ne parlons plus de ça, cela m’agace !… Je vais trouver votre femme !
Pinglet, lui indiquant. — C’est ça, par là !… Et puis, vous savez, je le gronderai, Paillardin.
Marcelle. — Oh ! non, je vous en prie !… Ne lui ouvrez pas la bouche de tout cela. Qu’est-ce que vous voulez ?… on ne peut pas demander à un manchot de jouer du violon.
Elle sort.