‹ L’Hôtel du libre échangeChapitre 39 sur 59 · Scène XIX

Scène XIX

VICTOIRE, à droite, puis MATHIEU, puis MAXIME,
puis les petites MATHIEU

Mathieu, sortant de son cabinet, un bougeoir à la main. — Qu’est-ce que vous chantez ?… Il y a un homme !… Où ça, un homme ? dans le lit, un homme !

Il entr’ouvre les rideaux et aperçoit Victoire.

Victoire. — Oh !

Mathieu. — Oh ! pardon, madame !… (Riant.) Ah ! ah !… elles appellent ça un homme !… C’est une femme !… (Rentrant dans son cabinet.) Qu’est-ce que vous me chantez ? Ce n’est pas un homme ! c’est une femme !

… Nuit dans la chambre.

Les petites, dans le cabinet. — Si, papa… c’est un homme !

Maxime, qui est sorti de la chambre de Chervet. — Mon oncle est parti ! Il faut que j’aille voir ce que fait Victoire dans cette chambre ! (Il entre à droite.) Personne !… (Appelant à mi-voix.) Victoire !

Victoire, sortant des plis des rideaux du lit. — Monsieur Maxime, par ici !

Mathieu, sortant du cabinet, suivi de ses filles. — Enfin, mes enfants, venez voir !…

Maxime et Victoire, se cachant. — Oh !

Violette — Enfin ! papa ! je t’assure que nous l’avons bien vu ! C’est un homme !

Mathieu. — Et moi aussi, je l’ai bien vue !… Et que diable ! ce serait malheureux si, à mon âge, je ne savais pas distinguer un sexe. (Victoire file sur le palier.) Eh ! parbleu ! je savais ce que je disais !… Vous voyez bien que c’est une femme.

Maxime s’échappe à son tour.

Les petites, l’apercevant. — Mais non, papa ! voyons ! c’est un homme !

Mathieu, un peu inquiet. — Un homme et une femme !

Maxime, à Victoire, sur le palier. — Oh ! j’en ai assez de cet hôtel ! Filons !

Victoire. — Oui ! Oui ! Filons !

Ils disparaissent par l’escalier.

Mathieu. — Oh ! nous en aurons le cœur net ! (Appelant sur le pas de la porte.) Garçon !… Garçon !…

Boulot paraît.

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