Scène XXI
PINGLET et MARCELLE, à gauche, puis PAILLARDIN
Pinglet, sortant du cabinet, suivi de Marcelle. — Que signifient ces cris ? ce tumulte ?
Marcelle. — Je vous assure qu’il se passe quelque chose d’anormal dans la maison ! Je suis morte de peur !… Je vous en prie, allons-nous-en !
Pinglet. — Oui, oui ! Mais, attendez ! Pas d’imprudence !
Il entr’ouvre la porte.
Marcelle. — Oh ! je ne serai tranquille que quand je serai hors d’ici.
Pinglet, regardant sur le palier. — Personne ! Venez !
Marcelle, passant sur le palier avec Pinglet. — Ah ! enfin !
Paillardin, descendant l’escalier comme un fou. — Ah ! mon Dieu ! Les revenants ! Les revenants !
Marcelle, épouvantée. — Dieu !… Rentrez !
Elle rentre.
Pinglet, suivant Marcelle. — Qu’est-ce qu’il y a ?
Marcelle. — Mon mari !
Pinglet, épouvanté. — Ah !
Il referme brusquement.
Paillardin, qui les a aperçus sans les reconnaître. — Dieu, des êtres vivants ! (Essayant d’ouvrir.) Ouvrez ! Ouvrez !
Pinglet, de l’autre côté. — On n’entre pas ! On n’entre pas !
Paillardin. — Si ! Si ! Par grâce ! Ouvrez !
Marcelle, à Pinglet. — Ne le laissez pas entrer !
Pinglet. — Je sens que je ne peux plus résister ! Il est plus fort que moi !
Paillardin. — Mais, ouvrez donc !
Paillardin. — Mon chapeau ! Madame ! Mon chapeau !
Il essaie de le lui reprendre.
Marcelle, se cramponnant aux bords et criant. — Au secours ! Au secours !
Pinglet sort de la cheminée, la figure toute noire.
Paillardin. — Ah ! un ramoneur ! (Pinglet lui envoie un coup de poing sur l’œil.) Oh !… (Pinglet lui allonge un coup de pied qui l’envoie sur le palier.) Oh ! Les esprits frappeurs ! C’est les esprits frappeurs !…
Il disparaît par l’escalier.