‹ L’Hôtel du libre échangeChapitre 48 sur 59 · Scène V

Scène V

PINGLET, VOIX DE VICTOIRE, derrière la porte

Voix de Victoire. — Monsieur ! Monsieur !

Pinglet. — C’est vous, Victoire ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?

Voix de Victoire. — C’est une dépêche pour Monsieur.

Pinglet. — Eh ! bien, passez-la sous la porte.

Voix de Victoire. — Voilà, Monsieur.

Elle glisse la dépêche sous la porte.

Pinglet, la prenant. — C’est probablement de ma femme. (L’ouvrant.) Non, c’est de sa sœur ! (Lisant.) « Sommes très inquiets. Angélique devait venir dîner. Avons attendu vainement. » (Parlé.) Comment, attendu vainement. (Lisant.) « Serait-elle malade ?… Télégraphiez ! » (Parlé.) Hein ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Ma femme n’a pas été chez sa sœur ?… Ah çà ! voyons, voyons !… Enfin, hier soir elle est partie pour… Alors où a-t-elle été ? (Sa figure s’illumine.) Est-ce qu’on me l’aurait enlevée sur la grand’route ?… Oh ! non, à cette époque, les actes d’héroïsme sont trop rares !… Mais alors… mais alors… Madame Pinglet de son côté… Madame Pinglet ferait ses farces ?… Allons donc, chez les aveugles, alors !

Madame Pinglet, derrière la porte, d’une voix tremblotante. — Pinglet ! Pinglet !

Pinglet, à mi-voix. — La voilà ! Je savais bien que je ne l’avais pas égarée pour longtemps !… Et elle chevrote !… Allons ! allons sortir de notre lit !

Il entre dans sa chambre.

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