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Chapitre 34

Je vis un vieillard habillé de bure : ses cheveux étaient blancs, et sur son front les années et les soucis avaient gravé leurs rides, dernières traces d’un malheur aujourd’hui oublié ; autour de lui régnait la tristesse ; les hommes baissaient la tête, les femmes pleuraient, les enfants remplissaient l’air de sanglots.

BRYANT.

Dès que le jour parut, la garnison de Boston se mit en mouvement, et l’on remarqua le même tumulte, la même activité, la même ardeur dans les uns, la même indifférence dans les autres, qu’on avait vu régner le jour de la bataille qui avait eu lieu l’été précédent. Le caractère orgueilleux du commandant en chef ne pouvait supporter la vue des colons déjà établis sur les hauteurs de Dorchester et travaillant à s’y fortifier ; dès le point du jour il donna des ordres pour les en déloger. Tous les canons qu’on put pointer contre ces montagnes furent employés pour molester les Américains, qui n’en continuèrent pas moins leurs travaux, tandis que les boulets sifflaient autour d’eux de toutes parts. Dans la soirée, des forces considérables furent embarquées pour renforcer la garnison du château. Washington parut en personne sur les hauteurs, et toutes les dispositions militaires annoncèrent qu’on se préparait d’une part à une attaque vigoureuse, de l’autre à une résistance déterminée.

Mais l’expérience qu’ils avaient acquise dans la journée de Breeds était pour les Anglais une leçon qu’ils n’avaient pas encore oubliée. Les mêmes chefs devaient être les principaux acteurs du nouveau drame qui devait se jouer, et ils allaient employer ce qui restait de ces régiments qui avaient perdu tant de monde lors de cette première action. Les paysans à demi disciplinés des colonies n’étaient plus regardés avec mépris, et leurs opérations, conduites avec hardiesse pendant tout l’hiver, avaient appris aux généraux anglais qu’à mesure que la subordination faisait des progrès parmi leurs ennemis, la direction de tous leurs mouvements montrait plus de sagesse et de vigueur. La journée se passa en préparatifs, et des milliers d’hommes dormirent tout armés la nuit suivante dans les deux armées, dans l’attente de se lever le lendemain matin pour être conduits sur un champ de carnage.

D’après la lenteur des mouvements de l’armée royale, il est assez probable que la plupart des forces qui la composaient ne regrettèrent pas l’intervention de la Providence, qui leur épargna certainement l’effusion de torrents de sang, et assez vraisemblablement l’ignominie d’une défaite. Une de ces tempêtes soudaines, particulières à notre climat, s’éleva vers la fin de la nuit, forçant les hommes et les animaux à chercher une protection pour leur faiblesse contre les éléments plus puissants qui leur faisaient la guerre. Le moment où il aurait peut-être encore été possible de disputer aux Américains leur position, fut ainsi perdu, et, après avoir enduré tant de privations et avoir perdu un si grand nombre d’hommes depuis tant de mois, Howe commença, en frémissant de rage, ses dispositions pour abandonner une ville contre laquelle le ministère anglais avait agi depuis plusieurs années avec une rigueur occasionnée par la soif aveugle d’une vengeance dont on vit alors l’impuissance.

On ne pouvait exécuter en une heure cette résolution soudaine, devenue nécessaire ; mais comme les Américains désiraient rentrer dans leur ville sans la détruire, ils ne voulurent pas profiter de tout l’avantage que leur assurait la position où ils venaient de s’établir, et qui commandait également l’ancrage, la cité, et la partie la plus vulnérable des défenses de l’armée royale. Tandis qu’on maintenait une apparence d’hostilités par une canonnade irrégulière qui semblait n’avoir d’autre but que de prouver qu’on n’était pas en paix, d’un côté on s’occupait avec soin de tous les préparatifs du départ, et de l’autre on attendait impatiemment l’instant où l’on pourrait rentrer sans obstacles dans Boston. Il est inutile de rappeler à nos lecteurs que, les Anglais étant complètement maîtres de la mer, toute tentative pour leur couper la retraite de ce côté aurait été parfaitement inutile.

Une semaine se passa ainsi, après la fin de la tempête, et pendant tout ce temps, on vit régner dans la ville une agitation et une activité extraordinaire, une joie mal déguisée d’une part, et un sombre mécontentement de l’autre, sentiments que devait naturellement produire un événement si inattendu.

Vers la fin d’un de ces jours consacrés aux apprêts tumultueux du départ, on vit sortir un cortège funèbre d’une maison connue depuis longtemps comme la résidence d’une des premières familles de la province. Au-dessus de la porte était suspendu un écusson portant les armoiries de la famille Lincoln et le symbole de la main sanglante, entouré des emblèmes ordinaires de la mort. Ce signe héraldique de deuil, qui n’était adopté dans les colonies qu’au décès de quelque personnage de haute importance, coutume qui a disparu depuis ce temps avec les autres coutumes de la monarchie, avait attiré les yeux de quelques enfants, qui, de tout ce qui se trouvait alors dans Boston, étaient les seuls individus assez peu occupés de ce qui s’y passait pour faire attention à ce spectacle peu ordinaire ; et ils suivirent le cortège peu nombreux qui se dirigeait vers le cimetière de la chapelle du roi.

La bière semblait d’une largeur inusitée, et le drap mortuaire qui la couvrait était si ample qu’il toucha les deux côtés de la porte quand on entra dans l’église. Le ministre dont nous avons eu occasion de parler plusieurs fois vint l’y recevoir, et regarda avec un étrange intérêt le jeune homme en grand deuil qui était à la tête du cortège funèbre. La cérémonie se fit avec toute la solennité d’usage, et l’on entra lentement dans le saint édifice. Derrière Lionel marchaient le commandant en chef des troupes anglaises et son lieutenant favori, Burgoyne. Entre eux était un officier d’un rang inférieur, marchant à l’aide d’une jambe de bois et d’une canne, et qui semblait amuser ses deux compagnons par quelque récit intéressant et mystérieux, jusqu’au moment où l’on arriva dans l’église. Le reste du cortège se composait d’un petit nombre d’officiers à la suite des deux généraux, des domestiques de la famille, et de quelques oisifs qui s’y étaient joints par curiosité.

Quand le service fut terminé, on se remit en marche, et les deux généraux et l’officier qui les accompagnait reprirent leur conversation à voix basse jusqu’au moment où l’on arriva près d’une voûte située dans un coin du cimetière, et dont la trappe était ouverte. De là on apercevait les hauteurs occupées par les Américains ; et les yeux du général en chef, qui avaient toujours été fixés sur l’officier qui lui parlait, prirent aussitôt cette direction. Cette vue parut avoir rompu le charme de la conversation secrète, et la physionomie inquiète des deux généraux prouva que leurs pensées cessaient de s’occuper de l’histoire des chagrins d’une famille, pour songer aux dangers et aux embarras de leur position.

La bière fut placée devant la porte du caveau, et ceux qui étaient chargés de ce soin se présentèrent pour l’y descendre. Mais quand on eut levé le drap mortuaire, on vit, à la grande surprise de la plupart des spectateurs, qu’il couvrait deux cercueils. L’un était couvert en velours noir, attaché avec des clous d’argent et orné avec toute la pompe de l’orgueil humain ; mais rien ne couvrait la nudité du bois de chêne de l’autre ; une plaque d’argent massive, portant les armoiries du défunt et une longue inscription, décorait le premier ; on ne voyait sur le second que les lettres initiales J. P., sculptées sur le bois.

Les regards impatients des deux généraux anglais firent sentir au docteur Liturgy la valeur de chaque instant ; et, en moins de temps qu’il ne nous en faut pour le dire, le corps du riche baronnet et celui de son compagnon ignoré furent descendus dans le caveau et placés à côté de celui de la femme qui avait été pendant sa vie un fléau pour l’un et pour l’autre.

Après avoir hésité un instant, par déférence pour le major Lincoln, les deux généraux, voyant qu’il paraissait avoir dessein de rester encore quelques instants en ce lieu, se retirèrent en le saluant. Le reste du cortège imita leur exemple, et il ne resta près de Lionel que l’officier à jambe de bois dont nous avons déjà parlé, et en qui le lecteur a sans doute reconnu le capitaine Polwarth. Quand on eut fermé la trappe du caveau, assurée par une forte barre de fer et un bon cadenas, on en remit la clé à Lionel, qui, mettant quelque argent dans la main des acteurs de cette dernière scène, leur fit signe de se retirer.

On aurait pu croire alors que Lionel et son ami étaient les seuls êtres vivants qui restassent dans le cimetière ; il s’y trouvait pourtant encore une femme agenouillée, ou plutôt accroupie le long du mur, à demi cachée derrière une pierre sépulcrale, et couverte d’une vieille mante rouge jetée sans soin sur ses épaules.

Dès que les deux amis l’aperçurent, ils s’avancèrent vers elle ; elle entendit le bruit de leurs pas qui s’approchaient ; mais, au lieu de jeter un regard sur ceux qui paraissaient évidemment avoir envie de lui parler, elle se tourna du côté de la muraille, et, sans savoir ce qu’elle faisait, suivit avec les doigts les lettres d’une inscription gravée sur une plaque de cuivre scellée dans le mur pour indiquer la situation du lieu de sépulture de la famille Lincoln.

– Nous ne pouvons faire davantage pour eux, lui dit Lionel ; leur sort dépend maintenant d’une main plus puissante que toutes celles de la terre.

On vit trembler le bras décharné qui sortait de dessous la mante rouge, mais les doigts continuèrent leur occupation insignifiante.

– C’est sir Lionel Lincoln qui vous parle, dit Polwarth appuyé sur le bras de son jeune ami.

– Qui ? s’écria Abigaïl Pray avec un accent de terreur en jetant sa mante de côté, et en montrant des traits que la misère et le chagrin avaient encore bien changés depuis quelques jours. Ah ajouta-t-elle, j’avais oublié que le fils succède au père ; mais la mère doit suivre le fils au tombeau.

– Il est honorablement enseveli, dit Lionel, près de ceux dont il partageait le sang, à côté d’un père qui aimait sa simple naïveté.

– Oui, il est mieux logé après sa mort qu’il ne l’a jamais été pendant sa vie. Grâce à Dieu, il ne connaîtra plus ni la faim ni le froid.

– Vous verrez que j’ai veillé à ce qu’il ne vous manque rien à l’avenir, et j’espère que les jours qui vous restent seront plus heureux que ceux qui se sont écoulés.

– Je suis seule sur la terre à présent ; la vieillesse me fuira, la jeunesse me regardera avec mépris ; il ne me reste que la honte du parjure et de la vengeance !

Le jeune baronnet garda le silence, mais Polwarth crut pouvoir se charger de la réponse.

– Je ne prétends pas dire que ce ne soit pas une mauvaise compagnie, reprit le digne capitaine, mais je ne doute pas que vous ne puissiez trouver quelque part dans la Bible des consolations pour vos fautes. Ayez soin de prendre une nourriture fortifiante, et je vous réponds que le poids qui vous charge la conscience deviendra plus léger. C’est un remède infaillible. Jetez les yeux sur le monde. Un scélérat bien nourri éprouve-t-il des remords ? non. Ce n’est que lorsque son estomac est vide qu’il commence à songer à ses crimes. Et je vous recommande de faire choix d’aliments substantiels, car vous montrez un peu trop les os pour qu’on puisse vous croire dans une santé florissante. Je ne voudrais rien dire qui pût renouveler vos chagrins, mais vous et moi nous connaissons un cas où la nourriture est venue trop tard.

– Oui, trop tard, trop tard ! Tout est venu trop tard, et même le repentir.

– Ne parlez pas ainsi, dit Lionel ; ce serait manquer de confiance dans les promesses d’un être qui est la vérité même. Abigaïl jeta sur lui un regard qui exprimait toute la terreur à laquelle son âme était en proie, et dit d’une voix faible :

– Qui a vu la fin de Mrs Lechmere ? son esprit a-t-il passé en paix ?

Sir Lionel garda encore un profond silence.

– Je le pensais, continua-t-elle ; ce n’est pas un péché qu’on puisse oublier sur son lit de mort. Comploter le mal, appeler Dieu pour être témoin d’un mensonge ! bannir la raison d’un cerveau qu’il avait si bien organisé ! Retirez-vous ! vous êtes jeunes et heureux, pourquoi resteriez-vous plus longtemps au milieu des tombeaux ? Laissez-moi y prier : si quelque chose peut adoucir l’amertume des remords, c’est la prière.

Lionel laissa tomber près d’elle la clé qu’il tenait en main, et lui dit avant de se retirer :

– Ce caveau est fermé pour toujours, à moins qu’à votre requête il ne se rouvre encore une fois pour vous placer à côté de votre fils. Les enfants de ceux qui l’ont fait creuser y sont déjà réunis, à l’exception de deux qui mourront sur un autre hémisphère. Prenez cela, et puisse le ciel vous pardonner comme je vous pardonne !

Il jeta une bourse pleine d’or à côté de la clé, et sortit du cimetière avec Polwarth sans dire un mot de plus. Lorsqu’ils furent sur le seuil de la porte, ils se retournèrent et jetèrent un dernier regard sur Abigaïl. Elle se tenait à genoux, les mains appuyées sur une pierre qui couvrait un tombeau, le visage presque à terre, dans une attitude qui annonçait qu’elle implorait avec humilité la miséricorde céleste.

A trois jours de là, les Américains entrèrent en triomphe dans la ville, à l’instant même où l’armée royale venait de l’évacuer. Les premiers d’entre eux qui allèrent visiter les tombeaux de leurs pères trouvèrent dans le cimetière le corps d’une vieille femme, qui semblait avoir succombé aux rigueurs de la saison. Elle avait ouvert la trappe, probablement pour aller rendre le dernier soupir près de son fils, mais la force lui avait probablement manqué à l’instant où elle voulait y descendre. Elle était étendue sur la terre gelée, et ses traits devenus calmes offraient encore des traces de la beauté qui l’avait distinguée et qui l’avait perdue dans sa jeunesse. La bourse était encore près d’elle, à l’endroit où Lionel l’avait jetée.

Les habitants de la ville qui rentraient dans leurs foyers s’éloignèrent de ce spectacle avec horreur, et se retirèrent pour aller voir les changements qui avaient eu lieu dans Boston pendant leur longue absence ; mais un homme attaché à l’armée royale, et que l’amour du pillage avait rangé parmi les traîneurs, passa par hasard dans le cimetière, aperçut la bourse, dont il ne manqua pas de s’emparer, et poussant le corps d’Abigaïl dans le caveau souterrain, il referma la trappe et en jeta la clé.

La plaque de cuivre s’est détachée de la muraille depuis bien des années, l’herbe a couvert la voûte sépulcrale, et il reste aujourd’hui à Boston bien peu de personnes, qui puissent indiquer l’endroit qui servait de sépulture aux familles de Lincoln et de Lechmere.

Sir Lionel et Polwarth se rendirent ensemble sur le quai, où ils prirent une barque pour aller à bord de la frégate qui devait les transporter en Angleterre ; c’était précisément celle sur laquelle servait le jeune midshipman dont il a été déjà parlé, et qui courait des bordées en les attendant. Ils trouvèrent sur le pont Agnès Danforth, qui y avait accompagné sa cousine quelque temps auparavant. Ses yeux étaient mouillés de larmes, mais la rougeur de ses joues annonçait la satisfaction qu’elle éprouvait en voyant le départ forcé des fiers insulaires qu’elle n’avait jamais aimés.

– Je ne suis restée que pour vous faire mes derniers adieux, cousin Lincoln, lui dit-elle en l’embrassant avec affection ; et maintenant je vais prendre congé de vous, sans vous répéter tous les souhaits que je ne cesserai de faire.

– Vous voulez donc nous quitter ? lui dit le jeune baronnet en souriant pour la première fois depuis plusieurs jours ; vous savez que je ne suis pas le seul à qui cette cruauté…

Il fut interrompu par Polwarth qui, avançant aussitôt, prit la main de miss Danforth, et lui répéta, au moins pour la cinquantième fois, le désir qu’il avait de l’unir pour toujours à la sienne. Agnès l’écouta en silence et avec un air de gravité qui n’empêcha pas un malin sourire de se montrer sur ses lèvres avant qu’il eût fini sa phrase. Elle le remercia de l’air le plus gracieux, mais avec un refus définitif et décidé. Le capitaine soutint ce choc en homme qui en avait déjà essuyé plus d’un semblable ; et il ne l’en aida pas moins avec beaucoup de politesse à descendre dans la barque qui l’avait amenée. Elle y fut reçue par un jeune homme vêtu en officier américain. Sir Lionel crut voir augmenter la rougeur de sa cousine, pendant que son jeune compagnon lui plaçait sur les épaules un manteau pour la préserver du froid. Au lieu de retourner dans la ville, cette barque, qui portait un pavillon parlementaire, se dirigea vers la rive occupée par les Américains. La semaine suivante vit le mariage d’Agnès avec ce jeune officier, et ils prirent possession de la maison de Tremont-Street et de tous les biens de Mrs Lechmere, que Cécile avait abandonnés à sa cousine avec l’agrément de son mari.

Le capitaine de la frégate informa par un signal l’amiral de la flotte de l’arrivée des passagers qu’il attendait, et en reçut l’ordre de partir pour sa destination. Au bout de quelques minutes le léger navire passa devant les hauteurs de Dorchester, vers lesquelles il lança quelques bordées pendant qu’on déployait toutes les voiles. Les Américains ne lui répondirent pas et ne cherchèrent à mettre aucun obstacle à sa course rapide vers la pleine mer. La frégate fit alors force de voiles vers l’Angleterre, où elle portait la nouvelle importante de l’évacuation de Boston[74].

La flotte ne tarda pas à lever l’ancre, et depuis ce temps cette ville si longtemps opprimée n’a jamais vu une voile ennemie dans son port.

Pendant leur traversée, Lionel et son aimable compagne eurent le temps de réfléchir sur tout ce qui leur était arrivé. Dans la pleine confiance qui les unissait, ils s’entretinrent de ce dérangement d’esprit qui avait établi une liaison si étroite et si mystérieuse entre le père, dont la raison était égarée, et le fils, qui n’en avait jamais joui ; en remontant des effets aux causes, à l’aide du raisonnement, il leur fut aisé de dépouiller les événements que nous avons rapportés de tout ce qui s’y trouvait de douteux et d’obscur.

Le gardien du baronnet, qui avait été chargé de le poursuivre en Amérique, et qui avait été l’instrument, peut-être involontaire, de sa mort, puisqu’il l’avait frappé à l’instant où il voyait lui-même sa propre vie en danger, n’osa jamais retourner en Angleterre, et il resta en Amérique, confondu et perdu dans la foule.

Polwarth est mort tout récemment. Quoiqu’il eût une jambe de bois, il parvint, à l’aide de son ami, à monter presque jusqu’au dernier échelon des honneurs, et il eut avant de mourir la satisfaction de faire suivre sa signature des mots général, baronnet et membre du parlement. Lorsque l’Angleterre fut menacée d’une invasion par la France, la place maritime qu’il commandait fut remarquée comme étant la mieux approvisionnée de tout le royaume, et, si elle avait été attaquée, on ne doute pas qu’elle n’eût fait une résistance proportionnée à ses ressources. Dans le parlement, où il siégeait comme représentant un bourg dont sir Lionel Lincoln était propriétaire, il se distinguait par la patience avec laquelle il écoutait les discussions, et surtout par la promptitude qu’il mettait à émettre un vote affirmatif toutes les fois qu’il s’agissait d’accorder une somme pour fourniture de vivres. Jusqu’au jour de sa mort, il soutint vigoureusement la nécessité d’une nourriture succulente dans tous les cas de souffrances corporelles, et surtout, ajoutait-il avec une obstination remarquable dans celui de débilité occasionnée par des symptômes fébriles.

Un an après leur arrivée à Londres, lord Cardonnel, oncle de Cécile, mourut, suivant de près son fils unique, qui l’avait précédé au tombeau. Cet événement inattendu rendit lady Lincoln propriétaire de biens considérables et d’une ancienne baronnie. Depuis cette époque jusqu’à l’explosion de la révolution française, sir Lionel Lincoln et son épouse vécurent dans la plus heureuse concorde, la douce influence de l’affection de Cécile modérant l’impétuosité naturelle de son mari. Cette mélancolie habituelle, héréditaire dans sa famille, disparut même au milieu de leur bonheur. Lorsqu’on craignit des attaques contre la constitution britannique, la justice des ministres cherchant à s’assurer l’appui des individus les plus distingués par leur opulence et leurs talents, sir Lionel fut appelé aux honneurs de la pairie ; et avant la fin du dix-huitième siècle on fit revivre pour lui un titre de comte qui avait autrefois appartenu à la branche aînée de sa famille.

De tous les principaux acteurs de notre histoire aucun ne vit aujourd’hui. Les roses de Cécile et d’Agnès ont même cessé de fleurir, et ont été cueillies dans la paix et l’innocence par la mort qui les a réunies dans la nuit du tombeau à ceux qui les y avaient précédées. Les faits historiques que nous avons rapportés commencent à s’obscurcir dans le lointain du temps ; et il est plus que probable que le pair d’Angleterre qui jouit maintenant des honneurs de la maison de Lincoln n’a jamais connu l’histoire de sa famille, tandis qu’elle habitait une province éloignée de l’empire britannique.

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[1] Poètes américains dont on ne connaît en Europe que quelques extraits, y compris les épigraphes des romans de M. Cooper.

[2] L'auteur du Sketch-Book et de l'Histoire de Christophe Colomb, surnommé l'Addison américain.

[3] Auteur encore moins connu en Europe que les autres.

[4] Rédacteur d'un recueil de facéties et de chansons grivoises.

[5] The Graves.

[6] Le château (castle). Ce château était un simple fort qui n'existe plus depuis que les îles ont été fortifiées sur une plus large échelle : on l'appelait aussi Castle William.

[7] Cette qualification est prise par tous ceux qui sont nés à Boston.

[8] Mrs. Abréviation de Mistress.

[9] Tis but just Sundown. Il est à peine nécessaire de dire au lecteur intelligent qu'un auteur n'est pas responsable de l'emploi des mots d'un usage local, lorsqu'il les place dans la bouche de ses personnages.

[10] Le Old-South par opposition au Old North est aussi bien connu à Boston que saint-Pierre à Rome.

[11] Ceci est une allusion à une querelle qui eut lieu entre les soldats et les citoyens, et dans laquelle cinq ou six de ces derniers furent tués. Cet événement eut une grande influence dans les contestations subséquentes.

[12] Fanueil-Hall (que Job prononce Funnel) est un édifice de Boston désigné souvent dans les Etats-Unis comme le berceau de la liberté : c'était l'hôtel-de-ville où les citoyens firent entendre ces discussions hardies qui armèrent finalement toute l'Amérique du nord contre la tyrannie anglaise. Cet édifice avait été bâti, dans l'origine, aux frais d'un riche marchand, nommé Fanueil, descendu d'un réfugié français qui était venu en Amérique lors de la révocation de l'édit de Nantes.

[13] Peut-être est-il nécessaire d'expliquer aux lecteurs européens que les Puritains observent le samedi soir comme étant le commencement du jour du Seigneur.

[14] Job veut parler du comte de Bute, et prononce son nom Boot, Botte: la prononciation américaine de l’u se rapproche naturellement du son ou figuré par oo. D'ailleurs le peuple aimait à exprimer sa haine pour lord Bute en suspendant une botte à une potence.

[15] L'observation du sabbat est encore rigoureuse en Amérique ; elle l'était encore davantage à cette époque, surtout dans les villes où le presbytérianisme était le culte dominant.

[16] Le sabbat presbytérien, ainsi que cela a déjà été dit, commence le samedi soir pour finir le dimanche après le coucher du soleil.

[17] Mrs Lechmere appelle toujours Lionel Lincoln son cousin, quoique, à strictement parler, ce fût son petit-neveu. Le mot cousin se prend en Amérique, comme en Angleterre, dans une acception beaucoup plus générale que chez nous.

[18] Château royal à quelques milles de Londres.

[19] L'une des plus belles places (squares) de Londres.

[20] Cet air mystérieux cachait une opinion. Déjà en 1771, les habitants de Boston avaient proscrit le thé en haine de la Grande-Bretagne, qui avait maintenu l'impôt sur cette denrée de première nécessité pour les Américains comme pour les Anglais. Il n'y avait plus que les loyalistes ou plutôt les ministériels qui osassent en continuer l'usage, et il fallut presque le triomphe de la révolution pour l'amnistier. En 1774, plusieurs cargaisons de thé arrivèrent à Boston : elles furent toutes jetées à la mer, par des hommes du peuple déguisés en Indiens. L'auteur mentionnera ci-après cet événement ; mais il est nécessaire d'en parler ici pour l'intelligence de ce passage.

[21] Cette comparaison de Job Pray se trouve expliquée par la note précédente.

[22] Loyauté est pris ici, comme dans le reste du roman, dans le sens politique du mot fidélité au roi et au gouvernement. Aussi le traducteur a-t-il traduit quelquefois plus littéralement loyalty par loyalisme.

[23] Lark, locution anglaise qui répond au coq de village en français.

[24] On dresse des chevaux à Newmarket pour les courses célèbres qui y ont lieu.

[25] Dans ces simples mots Lincoln green, le vert de Lincoln, il y a une allusion : depuis longtemps le drap vert de Lincoln est cité en Angleterre. Ces mots reviennent souvent dans Shakespeare ; Walter Scott les emploie également dans la Dame du Lac et ailleurs.

[26] Yankie est ici employé dans le sens le plus ancien et le plus naturel comme corruption du mot english dans la bouche des sauvages, qui appelèrent ainsi les premiers colons venus d'Angleterre. Plus tard ce terme devint un sobriquet de mépris ; on dit encore en Anglais yankie doodle (un lourdaud, un provincial balourd ).

[27] Jonathas, nom générique des Américains. Ce nom de la Bible était sans doute aussi commun en Amérique que celui de John en Angleterre, celui de Donald en Ecosse, et celui de Paddy ou Patrice en Irlande.

[28] Minute-men, c'est-à-dire toujours prêts. Nom donné aux miliciens, et qui sera encore mieux expliqué plus tard.

[29] La véritable nature des rapports politiques qui existaient entre l'Angleterre et l'Amérique n'a jamais été parfaitement comprise. Comme chaque province avait sa constitution particulière ou charte, toutes étant essentiellement républicaines, et plusieurs entièrement démocratiques, le seul lien légitime était la prérogative de la couronne. L'influence supérieure d'une contrée métropolitaine, même dans les cas où l'on reconnaissait l'égalité sous d'autres rapports ; quelques droits réservés pour contrôler le commerce, et la nature divisée des gouvernements américains eux-mêmes, assuraient néanmoins un grand ascendant à l'Angleterre. Cependant les Américains se considéraient comme indépendants de la nation anglaise, car la Virginie fut la dernière à détrôner Charles Ier, et la première à restaurer son fils. Après l'exécution du premier il n'y eut probablement d'autre alternative que la soumission au parlement, comme le substitut ou la conquête de la révolution ; mais en admettant même que l'Angleterre était un agent libre dans la révolution de 1688, l'Amérique ne consentit jamais à remplacer la prérogative royale par le pouvoir de l'aristocratie anglaise. Il est probable que ni l'un ni l'autre hémisphère ne prévirent les résultats ; mais il est certain qu'une aristocratie, s'appelant elle-même parlement, s'éleva sur les ruines de la prérogative royale, tandis que dans le fait cette prérogative était le seul lien légal entre l'Angleterre et l'Amérique. La révolution de 1688 changea complètement la position du roi et de l'aristocratie. Avant cette époque le roi régnait, mais il était tenu en bride par l'aristocratie, et depuis c'est l'aristocratie qui gouverne, tenue en bride, autant que les circonstances le permettent, par le roi et par le peuple. La noblesse d'Angleterre affectant d'agir par les ordres du souverain, il était difficile à l'Amérique de nier ses droits, bien qu'il soit évident qu'en ce qui concernait le lien entre les deux pays, ces droits avaient été violés lorsque le roi avait changé de position. Il serait facile d'imaginer des circonstances dans lesquelles l'aristocratie anglaise, pour protéger ses intérêts locaux, envahirait les droits des Américains, et dans lesquelles aussi un roi, qui aurait une souveraineté égale sur les deux contrées, opposerait son veto. Mais la révolution de 1688 donna le coup de grâce au pouvoir législatif de la couronne.
On devrait toujours se rappeler que jamais l'Angleterre, de jure ni de facto, ne gouverna l'Amérique. Toute la Nouvelle-Angleterre était presque aussi démocratique, sinon tout à fait, avant la révolution qu'elle l'a été depuis, et les autres colonies l'étaient plus ou moins. Ainsi, Rhode-Island n'a pas d'autre constitution aujourd'hui que son ancienne charte, et le Connecticut ne changea sa charte pour une constitution qu'en 1818. Ces deux Etats ont toujours choisi leurs représentants. Ces immunités extraordinaires furent accordées comme encouragement à des aventuriers, et lorsque la couronne voulut les détruire, le peuple menaça de résister et les conserva. La tentative sans succès de sir Edward Andros, en 1686, pour priver le Connecticut de sa charte est bien connue. Ces innovations, qui furent tentées dans d'autres colonies, réconcilièrent probablement les Américains avec les changements de 1688.
Ceux qui ont étudié avec soin la théorie de l'allégeance de l'Amérique verront qu'elle était soumise à des contradictions qui tôt ou tard devaient produire une crise.

[30] Sons of liberty.

[31] Aucun traité de commerce ne fut accordé aux Américains jusqu'à la paix de 1785.

[32] Les Américains contestaient au roi le droit d'entretenir des troupes parmi eux en temps de paix, sans le consentement de leur propre législature.

[33] On a déjà vu que c'est le nom que Job donne au gouverneur.

[34] Il est peut-être utile d'ajouter, pour comprendre ces allusions, que l'arbre de la Liberté était destiné à remplir les fonctions de la statue de Pasquin à Rome.

[35] C'est le nom d'une place de Londres.

[36] Le comte Percy, fils du duc de Northumberland.

[37] Espèce d'émerillon. Voyez, sur cet oiseau d'Amérique, une note dans le Dernier des Mohicans.

[38] C'est un fait historique qu'une brigade de troupes légères de l'armée anglaise vint se joindre au centre du renfort, et que les soldats s'étendirent par terre, comme cela est décrit ici. Ce récit est exact, à l'exception des événements qui ont rapport aux personnages du roman.

[39] Il est bon de ne pas oublier qu'un officier anglais de haut rang avança dans le parlement, dont il était membre, que 2000 soldats anglais pourraient se frayer un chemin à travers toutes les provinces américaines.

[40] Ce nom de Lexington est devenu presque un cri de liberté, non seulement en Amérique, mais aussi en Europe : on se rappelle l'admirable passage de M. de Chateaubriand dans l'Essai sur les révolutions : « J'ai vu les champs de Lexington ; je m'y suis arrêté en silence, comme le voyageur aux Thermopyles, à contempler la tombe de ces guerriers des Deux-Mondes qui moururent les premiers pour obéir aux lois de la patrie. En foulant cette terre philosophique qui me disait dans sa muette éloquence comment les empires se perdent et s'élèvent, j'ai confessé mon néant devant les voies de la Providence, et baissé mon front dans la poussière. »

[41] La péninsule de Charlestown est presque entièrement entourée d'une eau profonde, et n'est jointe à la terre voisine que par une langue de terre de peu de largeur. Bunker-Hill s'élève comme un rempart immédiatement avant le passage.

[42] Concord est situé à une vingtaine de milles de Boston.

[43] Fameux depuis par la défaite de Saratoga.

[44] Nous aurions pu multiplier ici les notes biographiques si elles étaient dans l'intention de l'auteur, qui vient de citer ici plusieurs noms historiques ; mais, semblables aux compagnons d'Enée, ils ne sont guère caractérisés que par une épithète : l'intérêt du roman roule sur les personnages d'invention ou plutôt sur les évènements eux-mêmes.

[45] Ce serait un juste sujet de recherches pour les antiquaires de savoir si le capitaine a jamais mis son projet à exécution, et si c'est lui qui a le mérite d'avoir fondé cette fameuse association qui, en ce moment encore, se rassemble tous les samedis pour manger l'excellente morue, si abondante sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre, et pour boire plus de bon vin qu'on n'en trouve sur aucune table du monde connu.

[46] All is well ; ce cri, dans la bouche des factionnaires anglais, répond à celui de sentinelles, prenez garde à vous !

[47] Les Américains ne firent pas usage d'artillerie dans cette journée, par suite d'une erreur dans le placement des munitions.

[48] On croit que cette circonstance, comme toutes les autres, est exactement vraie.

[49] On doit se rappeler que la bataille de Bunker's-Hill eut réellement lieu sur le Breed's-Hill ; cette erreur de nom provient de ce que les Américains avaient le projet de prendre possession de la première position ; mais ils manquèrent leur but.

[50] Mélange de sucre et de vin, aromatisé avec de la muscade.

[51] Espèce de limonade au vin.

[52] Washington avait, depuis plus de vingt ans, le grade de colonel de milice : il était député de la province de Virginie. Sa fortune, son patriotisme éclairé, ses talents reconnus et son âge déjà mûr, le firent choisir pour généralissime par le second congrès, à l'exclusion de Gates et de Lee, qui étaient Anglais de naissance.

[53] William Howe.

[54] Ce régiment, par suite et en souvenir de quelque tradition, menait à sa suite une chèvre dont les cornes étaient dorées. Une fois par an il célébrait une fête dans laquelle le quadrupède à longue barbe jouait un principal rôle. Dans la bataille de Bunker-Hill, ce corps fut remarqué par sa bravoure et par les pertes qu'il fit.

[55] Le général Richard Montgomery était né en Irlande, et avait servi fort jeune dans le Canada, lors des guerres de Montcalm. A la paix, il s'était marié et établi dans la province de New-York. Quand la guerre de l'indépendance éclata, il prit parti pour les Américains, et fut chargé de l'expédition du Canada, où il joignit le colonel Arnold sous les murs de Québec. Ce fut en donnant un assaut à cette ville, le 31 décembre 1775, qu'il fut renversé par une décharge d'artillerie. Pleuré par les Américains, il reçut en Angleterre même les hommages dus aux héros, et l'illustre Fox fit un crime au ministère d'avoir eu pour ennemi un caractère aussi beau que celui de Montgomery. Arnold lui succéda au commandement de l'armée.

[56] Les préjugés du roi d'Angleterre étaient inévitables dans sa situation insulaire ; mais ses vertus et son intégrité appartenaient exclusivement à l'homme. On ne peut citer trop souvent ce qu'il dit à notre ministre après la conclusion de la paix : J'ai été le dernier de mon royaume à reconnaître votre indépendance, et je serai te dernier à la violer. (Note de l'Auteur).

[57] Par les changements fréquents de ces corps irréguliers, l'armée américaine fut plus d'une fois inférieure en nombre à celle qu'elle attaquait.

[58] Les armes des baronnets sont surmontées de cet emblème.

[59] Ce n'est pas sans raison que le culte épiscopal a été défini un catholicisme mitigé.

[60] Ecclésiastique distingué de la Nouvelle-Angleterre.

[61] Le lecteur familier avec les chefs-d'œuvre de sir Walter Scott, se souviendra ici du passage de la Dame du Lac où Hélène parle avec tant de courage aux soldats de Stirling.

[62] Cette équivoque est intraduisible. Elle résulte de ce que le mot anglais grave signifie sépulcre, et que l'amiral se nommait Graves.

[63] Pendant longtemps le rang des officiers américains ne fut distingué que par la couleur de leurs cocardes. Le capitaine portait la sienne blanche, le lieutenant la portait rouge, le sous-lieutenant verte ; et quand l'indépendance des Etats-Unis fut déclarée, la cocarde noire fut seule conservée comme nationale.

[64] C'est-à-dire d'un grade au-dessous du capitaine, comme lieutenant, sous-lieutenant ou enseigne.

[65] On appelle neck of land un petit isthme.

[66] Ces dénominations de parti appartiennent plus spécialement à l'Angleterre ; mais à cette époque les Américains s'en servaient naturellement pour désigner la faction anglaise et la faction rebelle.

[67] On a dit que de tous les caractères historiques de cet ouvrage, celui de cette dame avait été le mieux tracé. L'auteur répond à cela que lorsqu'il y avait un caractère il essayait de le bien tracer, mais que lorsqu'il n'y en avait pas, il trouvait plus sage de ne rien inventer.

[68] L'auteur a sans doute voulu peindre le général Charles Lee, qui était, dit-on, un homme fort irritable ; il avait été un des premiers instigateurs de la rébellion américaine, et il prétendait au commandement en chef. Washington lui fut préféré, ce qui excita sa jalousie, etc.

[69] L'auteur a déjà parlé de cet air dans le chapitre XX des Pionniers, et dans le chapitre XXXIX, où nous avons placé une note qui en fait connaître l'origine. Cet air était devenu surtout populaire depuis l'affaire de Lexington.

[70] Des barrières de bois bordent les champs en Amérique, où il y a très-peu de haies vives.

[71] Carcasses : espèce de bombes en cercles. Cette expression a causé la méprise de la femme et du mari, ou plutôt a fourni à l'auteur un de ces jeux de mots qu'il affectionne particulièrement.

[72] Nous venons d'expliquer dans la note précédente la méprise sur le mot carcasse, et le soldat laisse croire à son interlocuteur que ce mot est synonyme de cadavre.

[73] Par une singulière coïncidence, tandis que l'auteur écrivait ce livre, un fou privilégié et sans malice entra dans sa chambre ; il était dans un moment d'excitation, et prononça précisément ces deux mots.

[74] Boston fut évacué en mars 1776 par suite de la convention conclue entre le général Howe et Washington. Cette ville fut bientôt réparée et fortifiée aux dépens des loyalistes déclarés traîtres à la patrie, etc.

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œuvre du domaine public

Source :

B.N.F. - Wikisource

Ont contribué à cette édition :

Gabriel Cabos

Fontes :
David Rakowski's
Manfred Klein
Dan Sayers
Justus Erich Walbaum - Khunrath