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Liturgies intimes

Paul Verlaine

Liturgies intimes

1892

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Sources :

- B.N.F.
- Éfélé

Ont contribué à cette édition :

- Association de Promotion de l'Ecriture et de la Lecture

Fontes :

- David Rakowski's
- Manfred Klein
- Philipp H. Poll

C’est que, d’abord, et c’est qu’ailleurs, vers les Pieds joints

Tu tombas, tu prias, comme moi, comme toutes

— Calvaire juste et vrai, Calvaire où, donc, ces doutes,

Je puis, si ma prière est de celles qu’allège

Prenez pitié de moi, Seigneur, suivant l’effet

Faites-moi prospérer dans mes vœux charitables,

Gloire au Père, fauteur et gouverneur de tout,

Moi qui ne suis qu’un brin d’hysope dans la main…

« Dans les Avents les côs chantont »,

Jusqu’à l’aube en peu d’ombre, et ces

Trop tard pour ceux qui sont reclus

Et comme une âme les bons coqs,

En purs bébés, nus, sans repaire

D’avoir l’ignorance infinie

De n’agir sans qu’un rien ne blesse

Sans que notre œil chétif ne sente

Du soir venant, lueur suprême,

En purs bébés que l’âpre vie

Ou troupe libre, à quel calvaire ?

L’argile dont Dieu les forma,

Nulle fuite. Mais mon Sauveur,

Et sa pensée à mon bonheur

Pour obéir, nous autres, à votre obéissance,

Coule mystiquement comme il coula littéral

Et nous circoncisons nos cœurs suivant votre exemple,

L’ancien Adam qui se désolait dans son espoir

Et dans les cieux les bienheureux et bienheureuses

Le voyage des Rois Mages

Dans ce sublime concours

Les anges et les archanges

Riches, pauvres, faisons-nous

Donnez-nous la victoire et l’honneur

Rendez-nous plus croyants et plus doux

Criblez-nous comme fait le vanneur

Nous vous en supplions à genoux,

Ouvrez-nous par l’Amour le Bonheur,

Seigneur, par l’Espérance, ouvrez-nous,

Ayez pitié de nous, Seigneur !

Aux hommes qui l’attendaient

Le salut vient sur la terre…

Nous te louons, bénissons,

Te rendons grâce et merci

O Seigneur, Dieu, roi du ciel,

O Fils unique de Dieu,

Vous effacez les péchés :

Vous effacez les péchés :

Vous, à la droite du Père,

Car vous êtes le seul Saint,

O Jésus, qui fûtes oint

Dieu des cieux, avec l’Esprit,

Il engendra, ne fit pas Jésus-Christ

Enfin que l’Esprit saint, lequel procède

Patience et tous les dons

De courage durant les

Ces scandales étalés

Jésus au ciel est monté,

Jésus au ciel est monté

Jésus au ciel est monté

Versez les sept dons de la foi,

Et le goût de la pauvreté

Qu’ils estiment leur rire sot,

Au lieu d’ainsi le profaner,

Et, tandis qu’ils seront en train

Mois du Saint-Sacrement et mois du Sacré-Cœur,

Et pendant quel, nous misérables, nous pécheurs,

Du ciel là-haut, et sur terre, de l’ostensoir,

Le désir de sauver les nôtres, ô Bonté

Saint est l’homme après l’Eucharistie.

Saint l’homme quand clos ses jours débiles,

Les cieux sont pleins, Juste, de ta gloire.

Hosanna sur terre et dans les cieux.

La raison veut ce dogme et l’assume.

Sous la tutelle et dans l’onction

Du monde vain que fuira Jésus

L’ange qui vous salua la mère

Et tout le temps que vivra le Maître,

Aussi, quand vous-même rendez l’âme,

Et vous enlève au séjour de la gloire

Éclat et parfum purs de fleurs rouges et bleues,

Cantiques frais et blancs de vierges comme aux temps

Comme le chemin de la Croix, baisers et larmes,

Et la dévotion, aussi, du chapelet,

Et celle enfin des saints locaux, Martin de France,

Et son exemple et son précepte bien donné,

Quand il veut un but, rien ne l’arrête,

Agneau de Dieu, qui sauves les hommes,

Donne-nous la paix et non la guerre,

Comme le drapeau symbolique

C’est de notre chair qu’il s’agit,

Notre âme et notre chair domptées

Mais il est des âmes encor,

Au repos, mais que nos prières

Prions, entre les morts, pour maints

Sur la tête du paysan,

« Au commencement était le Verbe

S’épanchant en ondes de claire

Et les sept péchés, et d’un flux

Et déracinant sous sa force

O Jean, le plus grand, après l’autre

O, comme pour le paysan,

Il y a peu de monde encore. Qu’il fait frais !

On allume les six grands cierges, l’on apporte

De la sacristie entr’ouverte, et l’on voit bien

Voici venir le court cortège, et les deux chantres

Une clochette retentit et le clergé

Une prière est murmurée à voix si basse

Le prêtre, se signant, adjure le Seigneur,

Et chacun exaltant la Trinité, commence,

« Le Seigneur dit… » « Je vous louerai… » « Qu’heureux les saints… »

Les versets de ce chant militaire et mystique :

Du grêle harmonium et du vaste plain-chant !

Pour le culte et celui du denier de Saint-Pierre

L’hymme propre et Magnificat aux flots d’encens !

Au court sermon qui suit sur un thème un peu rance,

Le soleil lui faisant un nimbe mordoré,

Ça sent bon. On dirait des fleurs très anciennes.

Et le Salut ayant béni l’humble troupeau

Le soir on soupe mieux, et quand la nuit invite

Qui se pâme, aux regards des vitraux constellés,

Vêpres sont dites, et l’autel noir ne fait luire

Un clerc a lu : Jube, domne, comme fallut,

Le bon orage frais sous la voûte hautaine

Cela parle de paix de l’âme, des effrois

C’est la suprême joie, et l’extrême lumière

Recommandons notre âme au Dieu de vérité.

Bon propos, la victoire

Absolution sainte

Rentrée emmi le monde

Car c’est l’amour divine

Garde à toi tout de même,

Par l’extase première

O chrétien nouveau, prie

Et la Colère, presque belle en sa hideur,

Pénitence, presque innocence tu les vaincs,

Oui, tu nous dictes et fait faire d’excellents

Pénitence, du fond de mes crimes affreux,

Il fallait quelque humilité,

T’a tenté, ne nous dis pas non,

Or maintenant, courage ! assez

J’ai fait ces vers, Seigneur, à votre gloire encor,

Jésus, qui pus absoudre et bénir mon péché,

Jésus qui sus bénir ma folle indignité,

Aussi, Jésus ! avec un immense remords

Les usages ? Du cœur, de la tête, de tout

Comme frappée, ainsi le troupeau par l’orage,

Mon cœur est un troupeau dissipé par l’autan

Affreuse que je suis, troupeau qui m’en allai

Naguère, et le lin pur qu’il faut et qu’il fallut,

Une édition

Achevé d'imprimer en France le 5 Novembre 2016.

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