‹ Louise LeclercqChapitre 10 sur 10 · SCÈNE V

SCÈNE V

MADAME AUBIN à Peltier.

Dites, Monsieur, si vous avez jamais eu le droit de vous dire mon amant.

PELTIER

Sur ma parole d’honnête homme et de galant homme telle que la confirme mon retour dans cette chambre, Aubin, je jure que non. Ce départ fut un délire dont madame s’est réveillée la première, pure et invincible. Invincible, car j’ai voulu avoir le dernier mot et c’est elle qui l’a dit : et ça été un non à ne pas s’y tromper.

AUBIN

Au fait, chacun à rempli son devoir ici. Moi, après votre folie, d’être accouru pour ravoir ma femme et lui pardonner après un duel. Toi, Marie, d’être restée bonne épouse, — et je te réponds que les malentendus qui auraient pu t’excuser sont morts à jamais. Comme nous allons être heureux ! Et vous, Peltier, étant donné notre civilisation, qui ne vous approuverait d’avoir tenté de me souffler ma femme excepté moi qui vous en voudrais si cette balle dans mon épaule n’eût été là, qui supplée toute explication ? Or voici : nous retournons dès mon égratignure pansée. Naturellement nous serons quelque temps sans vous revoir, Peltier. N’êtes-vous pas en voyage ?

A Peltier.

Et la main !

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Une édition

Achevé d'imprimer en France le 5 Novembre 2016.