‹ Madame Putiphar, vol 1 e 2Chapitre 56 sur 76 · CI-GIT

CI-GIT

KILDARE FITZ-HARRIS, NÉ LE 9 AVRIL 1744 A KILLARNEY, AU COMTÉ DE KERRY, EN IRLANDE, ENSEVELI VIVANT DANS CE TOMBEAU DE PIERRE LE 21 SEPTEMBRE 1763, A L’AGE DE DIX-NEUF ANS CINQ MOIS ET DOUZE JOURS.

AYANT SOULEVÉ LE COIN DE SON LINCEUL, D’UNE MAIN TREMBLANTE, SUR CETTE PAROI INTERNE, IL A GRAVÉ LUI-MÊME CES MOTS, LAISSANT A D’AUTRES, PLUS HEUREUX, LE SOIN DE L’ÉCRIRE SUR LE COUVERCLE.

DE PROFUNDIS.

Patrick, avec un sourire doux et triste, la tête mollement inclinée sur l’épaule, immobile, le regardoit faire.

—Eh bien! mon beau Pat, lui cria Fitz-Harris affectueusement, tu ne me dis rien? Ne trouves-tu pas cette épitaphe originale, insolite, et digne tout-à-fait de la célébrité de l’épitaphe énigmatique de Bologne? Quant à la faulx et au sablier, je ne suis pas fort en sculpture, je te les abandonne. Mes os en sautoir ne sont pas non plus très-merveilleux, et mes gouttes lacrymales, aux yeux des connoisseurs, je l’avoue, pourroient bien ressembler moins à des larmes qu’à des poires. A ton tour, maintenant; je te cède mon burin; voyons un peu, fais la tienne. —Non, merci, Fitz-Harris, tu es un fou de jouer ainsi avec des choses graves; d’ailleurs, je ne suis pas de force; sans flatterie, tu manies le ciseau comme un Grec.—Oh! mon Dieu! miss Patrick, si vous faites la sucrée, reprit malignement Fitz-Harris, après tout, on tâchera de se passer de votre talent; dictez seulement à votre page; il écrira.

Et il se remit à l’ouvrage, et Patrick, par condescendance, et peut-être aussi de peur qu’il ne gravât quelque impertinence sur son compte, lui dicta:

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