‹ Mémoires Posthumes de Braz CubasChapitre 125 sur 150 · CXXXI. FRIVOLITÉS - CXXXII. LE PRINCIPE D'HELVÉTIUS

CXXXI. FRIVOLITÉS - CXXXII. LE PRINCIPE D'HELVÉTIUS

En citant la phrase de la reine de Navarre, je me suis rappelé qu'entre nous on demande communément à une personne qu'on voit faire mauvaise mine: «Bon Dieu! qui donc a tué vos petits chiens?» comme si on voulait dire: «Qui donc a troublé vos amours, vos aventures secrètes, etc.?» Mais ce chapitre n'est pas sérieux.

Je disais donc qu'un officier de marine m'arracha la confession des amours de Virgilia, et ici je crois devoir corriger le principe d'Helvétius, ou tout au moins l'expliquer. Mon intérêt était de me taire. Confirmer d'anciens soupçons pouvait soulever des haines amorties, provoquer un scandale, tout au moins me valoir une réputation d'indiscret. J'aurais donc dû me taire, si l'on interprète le principe d'Helvétius d'une façon superficielle. Mais j'ai donné déjà le motif de l'indiscrétion masculine: avant l'intérêt de ma sûreté personnelle, je faisais passer l'autre, celui de la vanité qui est plus intime et plus immédiat. Le premier dépend de la réflexion et suppose un syllogisme antérieur; le second est spontané, instinctif, il vient du tréfonds de l'être. Finalement, le premier ne pouvait avoir qu'un résultat éloigné, tandis que l'autre avait un résultat prochain. Conclusion: le principe d'Helvétius était applicable à mon cas, si l'on considère non l'intérêt apparent, mais l'intérêt caché.

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