XIX
COMPARAISON DE L'ADMINISTRATION DE COLBERT ET DE CELLE DE FOUQUET.
Colbert, dont l'acharnement contre Fouquet parait odieux, a effacé cette tache par les immenses services qu'il rendit à la France. Lui-même a pris soin de les rappeler dans un Mémoire qu'il présenta à Louis XIV, et où il attribue tout le mérité de son administration à l'initiative du roi[1661]. Après avoir tracé un tableau des réformes opérées en 1662, il continue ainsi: «Il sera peut-être bon de faire un parallèle de l'état du royaume pour toutes les affaires dans lesquelles les finances peuvent avoir part au mois de septembre 1661 avec celui du mois de décembre 1662, c'est-à-dire seize mois après que le roi a commencé à prendre le soin de cette nature d'affaires:
SEPTEMBRE 1661.
Les finances étoient régies par le surintendant seul avec une autorité souveraine, dont étoient provenus tous les désordres.
Les manières pour la conduite des finances étoient de faire et défaire sans cesse, négliger les revenus ordinaires et faire des affaires extraordinaires[1662]
Les impositions sur les peuples en milles et droits sur les fermes étoient augmentées en toute rencontre.
Les surintendants ne pensoient qu'à appauvrir les peuples en augmentant les impositions.
S'enrichir eux-mêmes, leurs parents, leurs amis et une trentaine de gens d'affaires.
Les bâtiments, les meubles, l'argent et autres ornements n'étoient que pour les gens de finance et les traitants, auxquels ils faisoient des dépenses prodigieuses, tandis que les bâtiments de Sa Majesté étoient bien souvent retardés par le défaut d'argent; que les maisons royales n'étoient point meublées, et qu'il ne se trouvoit pas même une paire de chenets d'argent pour la chambre du roi.
Tous les beaux-arts n'étoient employés que par les partisans traitants, qui n'avoient ni le goût de ces belles choses ni assez de force pour les pouvoir soutenir par leur protection.
Les auteurs et tous les savants couroient risque de tomber en cette nécessité de n'avoir à louer que la corruption.
Les revenus étoient réduits à vingt et un millions de livres; encore étoient-ils consommés pour près de deux années.
La marine étoit entièrement perdue et ruinée, soit pour les vaiseaux, soit pour les galères, n'ayant été mis en mer aucune galère depuis près de dix ans, ni plus de deux vaisseaux.
L'on n'avoit jamais pensé au commerce dans le royaume.
Les dépenses de l'État pour les troupes, maisons royales et autres, n'étoient jamais faites qu'après un long retard et donnoient une occupation perpétuelle à tous les gens de finance pour toute l'année.
L'on consommoit en remises et intérêts vingt millions de livres.
Toute la France et l'Europe voyoient toujours le roi dans une prodigieuse nécessité, ne subsistant que sur le crédit des partisans et ne pouvant jamais faire de dépense extraordinaire.
DÉCEMBRE 1662
Le roi a supprimé cette charge, et s'en est réservé la fonction tout entière, et s'est chargé par ce moyen d'un travail de trois heures par jour l'un portant l'autre, dont il s'est admirablement acquitté. Le roi a supprimé les affaires extraordinaires, et augmenté prodigieusement ses revenus ordinaires.
Le roi a diminué les tailles de huit millions de livres en deux années (1661 et 1662).
Le roi travaille à enrichir les peuples par la diminution des impositions.
A s'enrichir soi-même pour pouvoir ensuite faire des grâces.
Le roi leur a retranché toutes ces superfluités et a fait passer, pour ainsi dire, toute abondance en ses maisons, qui sont à présent dignes de Sa Majesté, non-seulement par leurs bâtiments, mais encore par les meubles, l'argenterie et autres ornements.
Le roi a relevé les beaux-arts, leur a donné sa protection tout entière et en même temps les a employé pour lui, ce qui les a fait refleurir en peu de temps.
Le roi les a retirés de cette disgrâce, leur a donné sa protection tout entière, et par le moyen des pensions qu'il donne à tous les savants, il y a lieu d'espérer que les lettres seront plus florissantes sous son règne qu'elles n'ont encore été.
Le roi a augmenté ses revenus jusqu'à cinquante millions de livres en seize mois de temps.
Le roi a mis dix-huit vaisseaux en mer jusqu'en juin 1662, et, le reste de l'année, six. Sa Majesté a assemblé, avec un soin et une dépense incroyables, assez de chiourmes pour mettre, en 1662, six galères en mer, et d'autres sur les côtes de Provence.
Sa Majesté en a fait un de ses principaux soins, et a donné une telle protection qu'elle a vu un nombre considérable du vaisseaux se bâtir de nouveau.
Le roi, dès les premiers temps de l'année commencée, a donné ordre à toutes les dépenses principales, de sorte qu'il n'a plus été nécessaire d'y penser tout le reste de l'année.
Le roi n'a plus donné un sou de remise ni d'intérêt depuis qu'il a pris soin de ses finances.
Le roi s'est mis dans une si grande réputation d'abondance d'argent après l'affaire de Dunkerque[1663], que toute l'Europe a craint l'achat de terres, de places et de tous les États qui pourroient être à sa bienséance.
Ce parallèle, ajoute Colbert, pourroit être continué à l'infini; mais, pour l'abréger, il suffira de dire qu'il a fait (chose incroyable et même impossible dans la nature) passer en si peu de temps un État comme celui-ci, dans une matière si délicate et si importante que celle des finances, d'une extrémité de corruption au plus excellent degré de perfection qui se puisse imaginer, et toutefois c'est l'ouvrage d'un jeune prince de vingt-trois à vingt-quatre ans.»
ADDITIONS ET CORRECTIONS
Page 6, ligne 15. La Fontaine avait parlé dans son Ode _sur la paix_ du séjour que Mazarin fit à Vaux en 1659:
Quand Jules las de nos maux Partit pour la paix conclure, Il alla coucher à Vaux, Dont je tire un bon augure[1664].
M. Walckenaer a ajouté cette variante à la deuxième stance l'extrait suivant des _Défenses de Fouquet_: «M. le cardinal partit pour Saint-Jean de Luz, passa à Vaux, et, après avoir épuisé pour les affaires publiques tout ce que chacune des personnes dont je me servois avoit de crédit, me redemanda le même jour sur ses appointements quinze mille pistoles, et manda au sieur Colbert de m'en donner décharge.»
Page 36: ligne 18. _de Gèvre_, lisez _de Gesvres_.
Page 57, note 1: _a cour_, lisez _la cour_.
Page 58. Gilles Fouquet qui épousa en mai 1660, la fille du marquis d'Aumont est probablement le personnage désigné plusieurs fois sous le nom de _M. de Mezière_. Je n'ai pu en trouver la preuve, mais la Fontaine a composé un madrigal sur le mariage de M. de Mezière avec la fille de madame d'Aumont[1665]. Il est vrai que l'on donne à ce madrigal la date de juin 1659, dans l'édition de M. Walckenaer, tandis que le mariage de Gilles Fouquet avec mademoiselle d'Aumont n'eut lieu qu'en mai 1660[1666]; mais ces erreurs de date, qu'il faut attribuer aux éditeurs, n'ont rien qui doive étonner. Il en est de même du nom de _maréchale_ donné à madame d'Aumont dans le titre du madrigal de La Fontaine et dans une note écrite par le poëte lui-même; madame d'Aumont[1667], n'était que marquise d'Aumont; c'était sa belle-sÅ“ur madame d'Aumony de Rochebaron, qui portait le titre de maréchale. Il est probable que la Fontaine avait écrit _madame la M. d'Aumont_, et que les éditeurs ont mis _madame la maréchale_ au lieu de _madame la marquise_. Enfin ce qui me porte encore à croire que M. de Mezière était bien Gilles Fouquet, frère du surintendant, c'est que lorsqu'en 1679 la famille de Nicolas Fouquet obtint la permission de le venir voir à Pignerol, nous trouvons parmi les membres de cette famille un M. de Mezière, frère du prisonnier[1668].
Quoi qu'il en soit, voici les vers composés par la Fontaine sur le mariage de M. de Mezière avec mademoiselle d'Aumont, et la note qu'il y a jointe:
Belle d'Aumont et vous Mezière, Quand je regarde la manière Dont vous vous mariez, l'un venant de la cour. Et l'autre de Paris, ou bien de la frontière, J'appelle votre hymen un impromptu d'amour. Avec le temps vous en ferez bien d'autres, Et nous en pourrons voir dans neuf mois, plus un jour. Un de votre façon qui vaudra tous les nôtres.
La Fontaine ajouta à ce madrigal la note suivante: «Comme j'étois sur le point d'envoyer le terme de la Saint-Jean, l'on m'a mandé que M. de Mezière s'en venoit à Vaux en diligence, et que madame la _maréchale_ (lisez la _marquise_) d'Aumont y devoit aussi amener mademoiselle sa fille; que là ils s'épouseroient aussitôt, et que ce mariage avoit été conclu si soudainement, que les parties ne se doutoient quasi pas du sujet de leur voyage. J'aurois bien voulu pouvoir témoigner, par quelque chose de poli, le zèle que j'ai pour les deux familles; mais j'ai cru que l'épithalame ne devoit pas être plus prémédité que l'hyménée, et qu'il falloit que tout se sentit de la soudaineté avec laquelle monseigneur le surintendant entreprend et exécute la plupart des choses. Je me suis donc contenté d'ajouter au terme ce madrigal.»
Ce fut probablement à cette occasion que Fouquet se plaignit du petit nombre de vers que lui envoyait la Fontaine; et que le poëte répondit par le madrigal que nous avons cité (t. I. p. 467):
Trois madrigaux, ce n'est pas votre compte... etc.
Page 62, ligne 7: Rocollet dont parle la Fontaine dans la description de l'entrée de la reine Marie-Thérèse à Paris, était libraire et imprimeur du roi, et en même temps de la ville de Paris. On lit dans l'_État de la France_ en 1657 (in-12), p. 179: «Pierre Rocollet, aussi imprimeur et libraire, choisi de Messieurs de la ville pour être leur imprimeur, et qui durant ces derniers mouvements, «paru aussi généreux capitaine que bon citoyen; pour marque de quoi Sa Majesté lui a fait don et présent d'une chaîne d'or avec la médaille de sa figure et pourtrait.»
Page 62, dernière ligne: _On envoyait_, lisez _On en voyait_.
Page 81. ligne 21: _il faisait aussi les affaires_, lisez _il faisait aussi ses affaires_.
Page 101, ligne 6 et 7: _de mademoiselle de Valentinois_, lisez _de madame de Valentinois_.
Page 141. ligne 9: _eutre autres_, lisez _entre autres_.
Page 179. note 2: avant-dernière ligne: _effetz_, lisez _effets_.
Page 181, note 1: _chapitre_ X, lisez _chapitre_ XI.
Page 181, L'abbé de Marolles, (_Mémoires_, t. I. p. 278 et 285) parle des belles peintures que Fouquet avait fait exécuter à Saint-Mandé, et pour lesquelles la Fontaine avait composé des vers français, et Nicolas Gervaise, médecin et ami de Fouquet, des vers latins. Dans la suite, M. Tilon acheta pour les hospitalières de Chantilly la maison que Fouquet avait possédée à Saint-Mandé; elles s'y établirent en 1705 (note de M. Walckenaer, sur les _Å’uvres de la Fontaine_, t. VI, p. 74, note 2).
Page 181, ligne 26: _ausi bien_, lisez _aussi bien_.
Page 225, note 3: _ms., de la Bibl. impériale_, lisez _ms. de la Bibl. impériale_.
Page 243. ligne 11. Il est question d'un M. Codur ou Codure sur lequel Bussy-Rabutin donne quelques renseignements[1669]. Codure avait été capitaine dans le régiment de la marine et s'était ensuite attaché à Fouquet.
Page 244, note 1, ligne 7: le roi ne partira point d'ic, lisez _le roi ne partira point d'ici_.
Page 251, ligne 12: _Il passa à Angers_, lisez _Il passa à Ingrande_.
Page 256. Une lettre de madame du Plessis-Bellière adressée à Arnauld de Pomponne à la date du 19 septembre 1661 donne quelques détails sur son exil. Voici cette lettre qui a été publiée par M. Monmerqué dans son édition des _Mémoires de Conrart_ (collect. Petitot, t. XLVIII, p. 259, note):
«De Châlons, ce 19 septembre 1661.
«Vous pouvez croire que je n'ai pas douté de vos bontés pour tout ce qui nous regarde. Je vous comtois trop pour n'estre pas persuadée de vostre générosité, et vous me connoissez assez aussi pour vous imaginer ce que je souffre d'un si grand coup. Ce n'est pas que je n'aye assez prévu qu'il pourroit arriver du mal à M. le surintendant; mais je ne l'avois pas prévu de cette sorte, et je me consolois qu'on l'ostast de la place où il estoit, voyant qu'il le désirait luy-mesme pour songer à son salut. Mais, mon pauvre monsieur, le savoir en l'estat où il est et ne pouvoir lui donner aucune consolation! Je vous avoue que je suis dans une affliction incroyable, de sorte que je suis tombée malade d'une fièvre qui n'est pourtant pas violente. Si elle me continue je me ferai saigner demain. Vous avez sçu que j'avois en ordre d'aller à Montbrison; mais comme ma fille n'a jamais voulu me quitter, l'un a changé mon ordre, et je suis arrivée ici d'hyer au soir, après avoir fait soixante lieues de marche. Je vous supplie de me faire savoir des nouvelles de la santé de M. le surintendant, si vous en avez. Je crois qu'il n'y aura pas de mal à cela, et qu'ils ne le trouveront pas mauvais à la cour, quand les lettres seroient vues. Faites-moi sçavoir quand vous serez à Paris, et me croyez vostre, etc.»
D'après une lettre citée par Delort (_Voyages aux environs de Paris_, t. II. p. 210), l'abbé Fouquet s'était empressé de séparer sa cause de celle du surintendant. Il avait écrit à Colbert «qu'il n'avoit point eu de part à toutes les choses qui avoient déplu à Sa Majesté dans la conduite de son frère.»
Page 265, ligne 15. _De Fouque_, lisez _de Fouquet_.
Pape 291. note 1. _Ordinairement_, lisez _ordinairement_.
Page 293, note 2. _Page_ 217 et 53, supprimez _et_ 53.
Page 295, ligne 13. _De précaution quand_, lisez _de précaution que quand_.
Page 370. J'ai mentionné, d'après Delort, les imprimeries françaises dont disposait madame Fouquet; mais on fit en outre imprimer en Hollande, dès 1665, une partie des pièces du procès, comme le prouve l'ouvrage intitulé: _Lettres et négociations de Jean de Witt_, t. III. Le ministre plénipotentiaire de Hollande à la cour de France écrivait à Jean de Witt à la date du 27 février 1665: «On a ici avis de bonne part qu'on imprimoit à Amsterdam quelques pièces du procès de M. Fouquet, où, comme on croit, M. le chancelier, M. Colbert et quelques autres seigneurs pourroient être attaqués. Il est certain que cela ne peut être agréable au roi.» On lit encore dans une lettre du 15 mars 1665: «Je suis fâché que les actes du procès de M. Fouquet aient été publiés avant qu'on on ait pu arrêter l'impression. On m'a rapporté que M. Colbert s'en est plaint avec aigreur.»
Page 394. A l'occasion de Loret. M. Sainte-Beuve rapporte que Colbert ayant supprimé la pension que touchait ce gazetier. Fouquet, tout prisonnier qu'il était, fit prier mademoiselle de Scudéry d'envoyer secrètement à Loret 1,500 fr. pour le dédommager, ce qui fut exécuté, et sans qu'on put deviner d'abord d'où venait le bienfait. Le médecin anatomiste Pecquet avait été choisi par Fouquet pour être son _médecin de plaisir_, pour l'entretenir à ses heures perdues des plus jolies questions de la physique et de la physiologie; Pecquet ne se consola jamais d'avoir été séparé de lui. M. Sainte-Beuve ajoute: «Le plus grand témoignage rendu à Fouquet dans sa disgrâce fut assurément celui du poëte Brébeuf, lequel, dit-on, mourut de chagrin et de déplaisir de le savoir arrêté «voilà une mort qui est à elle seule une oraison funèbre.»
Page 395. J'ai suivi pour l'ode de la Fontaine, en faveur de Fouquet, le texte imprimé sous ses yeux en 1671 ce qui diffère dans quelques passages des éditions postérieures, et notamment des leçons qu'a adoptées M. Walckenaer.
Le même poëte, dans une ode adressée en 1662 au duc de Bouillon, fait allusion à la douleur que lui causait l'emprisonnement du surintendant[1670]:
Prince, je ris, mais ce n'est qu'en ces vers; L'ennui me vient de mille endroits divers, Du parlement, des aides, de la Chambre, Du lieu fameux par le sept de septembre[1671], De la Bastille[1672] et puis du Limosin[1673]; Il me viendra des Indes à la fin.
Pape 434. D'après Gui-Patin, la cour comptait que Fouquet serait condamné à la peine de mort. «On s'attendoit à la cour que, par le crédit de M. Colbert, sa partie, M. Fouquet seroit condamné à mort; ce qui auroit été infailliblement exécuté sans espérance d'aucune grâce. On dit que, quatre jours avant son jugement, madame Fouquet la mère fut visiter la reine mère, qui lui répondit: _Priez Dieu et vos juges tant que vous pourrez en faveur de M. Fouquet; car du côté du roi, il n'y a rien à espérer_.» (Lettre du 23 décembre 1664.)
Page 442. Madame de Sévigné ne croyait pas seule à la possibilité de l'empoisonnement du surintendant. On supposait généralement que les ennemis de Fouquet chercheraient à le faire périr, même par un crime «M. Fouquet est jugé, écrivait Gui-Patin à la date du 25 décembre 1665; le roi a converti l'arrêt de bannissement en prison perpétuelle et utinam non degeneret εἰς τὸν θάνατον car quand on est entre quatre murailles, on ne mange pas ce qu'on veut et on mange quelquefois plus qu'on ne veut; et de plus, Pignerol produit des truffes et des champignons: on y mêle quelquefois de dangereuses sauces pour nos François, quand elles sont apprêtées par des Italiens. Ce qui est bon c'est que le roi n'a jamais fait empoisonner personne; mais en pouvons-nous dire autant de ceux qui gouvernent sous son autorité?»
Page 445. Dès le mois de février 1665, on commençait à vendre le mobilier de Fouquet. Gui-Patin écrit le 28 février 1665: «On procède ici à la vente de tous les meubles de M. Fouquet; on commence par les meubles. Il y a une belle bibliothèque; on dit que M. Colbert la veut avoir; s'il en a tant d'envie, je crois bien qu'il l'aura: car il est un des grands maîtres, et a bien de quoi la payer.»
Page 446. Au moment où Fouquet cherchait, par divers moyens, à entrer en relation avec ses amis, ceux-ci s'efforçaient de leur côté de prouver son innocence. Leurs démarches étaient bien connues. Gui-Patin en parle dans une lettre du 16 mars 1666: «M. Fouquet le surintendant de jadis a eu soin de se faire plusieurs amis particuliers qui voudraient bien encore le servir, et en attendant l'occasion ils travaillent à faire un grand recueil de diverses pièces qui peuvent servir à sa justification; en ce recueil il y aura quatre volumes in-f°, dans lesquels sans doute le cardinal Mazarin ne trouvera pas de quoi être canonisé.»
Pape 448 Le roi d'Angleterre, Charles II. s'intéressa à Fouquet, si l'on en croit les lettres de Gui-Patin. Ce dernier écrivait au mois de septembre 1670: «Il est certain que le roi d'Angleterre a écrit au roi en faveur de M. Fouquet; mais il n'y a pas d'apparence que M. Colbert consente à cette liberté, contre laquelle il a fait tant de machines: _interea patitur justus_.»
Page 464. Pendant sa captivité à Pignerol Fouquet avait composé plusieurs ouvrages, d'où l'on tira les _Conseils de la Sagesse ou recueil des maximes de Salomon_, publiés en 1683 (2 vol. in-12). Fouquet se désigne lui-même dans la préface: «Il y a longtemps, Théotime, que vous me faites la grâce de me plaindre et de sentir pour moi les peines de ma solitude... Ces tristes spectacles et le silence affreux du désert où la fortune me retient encore n'empêchent pas que les heures n'y passent bien vite... Vous savez que je me consolois autrefois en livres, vous allez voir dans l'écrit que je vous envoie que je m'occupe maintenant à les expliquer.»
Un second ouvrage, tiré des papiers de Fouquet, fut publié sous ce titre: «_Le Théologien, dans les conversations avec les sages et les grands du monde_ (Paris, 1683. in-4).
Un troisième ouvrage posthume de Fouquet, intitulé _Méthode pour converser avec Dieu_ (1684, in-16) fut supprimé, quoiqu'il ne contint qu'un extrait des _Conseils de la Sagesse_. (Voy. sur ces divers traités l'ouvrage cité de M. Paul Lacroix, p. 250 et suiv.)
FIN DU SECOND VOLUME
· · ·
NOTES:
[1] M. de Royer, aujourd'hui premier vice-président du Sénat, a aussi traité du procès de Fouquet dans un savant discours de rentrée à la Cour de cassation. M. Sainte-Beuve, dans une de ses ingénieuses _Causeries du Lundi_ t. V, a touché tous les points importants de la biographie de Fouquet avec sa sagacité ordinaire; mais il n'a pu que les effleurer. M. Feuillet de Conches dans un ouvrage récent (_Causeries d'un curieux_, etc.) ne parle que de la cassette du surintendant. J'ai trouvé dans ce livre de précieux documents, et, quoique mon travail fût presque terminé lorsque M. Feuillet de Conches a publié le sien, j'en ai profité en indiquant toujours la source où je puisais.
[2] Les lettres et autres pièces publiées dans le corps de l'ouvrage ont subi quelques modifications pour l'orthographe, afin d'éviter des irrégularités qui auraient paru choquantes. Il n'en est pas de même des textes cités en note ou à l'Appendice: ils ont été reproduits avec le caractère de l'époque et d'après le texte même de l'écrivain.
[3] _B. Prioli, ab excessu Ludovici XIII, de rebus Gallicis historiarum libri XII_, 1669.--Priolo raconte, entre autres aventures où il a figuré, ses négociations avec le duc de Longueville et son voyage en Normandie, où il accompagna Mazarin, qui allait délivrer les Princes.
[4] Il est conservé à la Bibl. Mazarine, nº 1765.
[5] Voy. _Mémoires sur Fouquet_, t. I, p. 65 et 156
[6] Ces papiers, qui forment la véritable cassette de Fouquet, ont été conservés par Baluze, bibliothécaire de Colbert.
[7] Ce sont les termes dont se sert le conseiller d'État de la Fosse en parlant de Fouquet dans le Mémoire qu'il adresse au chancelier Séguier. Voy. ce Mémoire à l'Appendice du tome Ier.
[8] Ce mot signifie, dit-on, _écureuil_ dans la langue bretonne.
[9] Ces détails sont tirés de l'épitaphe gravée sur le tombeau de François Fouquet. Ce tombeau était placé dans la chapelle des Dames de la Visitation, rue Saint-Antoine. Nicolas Fouquet fut enterré dans la même chapelle.
[10] J'insiste sur ce point parce que l'erreur se trouve dans l'ouvrage justement estimé de M. P. Clément (_Histoire de Colbert_).
[11] Le père Griffet a donné dans son _Histoire de Louis XIII_ (t. II, p. 224;) le nom des juges du maréchal de Marillac. Il existe d'ailleurs dans les papiers de la famille d'Argenson (_Bibl. imp. du Louvre, ms. F._ 325, t. XVIII, fol. 100 et sq.), une relation de ce procès rédigée par un d'Argenson qui était procureur général de la commission. Il n'y est pas question de François Fouquet.
[12] Ce fait est constaté par les papiers des d'Argenson, cités plus haut.
[13] Barbeau, Barbel ou Barbeaux (département de Seine-et-Marne), était une abbaye d'hommes de l'ordre de Citeaux, qui valait 20,000 livres de rente.
[14] On trouvera dans mon _Histoire de l'administration monarchique en France_, (t. I, p. 291 et suiv.), les détails relatifs à l'organisation des intendants par Richelieu.
[15] Ce fait est établi par une lettre de Mazarin à Fouquet en date du 15 janvier 1643.
[16] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 199, 200 et 201. Cet ouvrage fait partie de la collection des _Documents inédits relatifs à l'histoire de France_.
[17] Voy. ce rapport a l'Appendice.
[18] Voy. la réponse de Mazarin à Nicolas Fouquet en date du 30 septembre 1647.
[19] Carnet XI, fol. 85. Les carnets de Mazarin font partie des manuscrits de la Bib. imp. F. Baluze.
[20] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 680, 681.--Voy. aussi les lettres de Fouquet à Mazarin conservées aux archives des affaires étrangères, FRANCE t. CXXII.
[21] _Journal d'Olivier d'Ormesson_. _Ibidem._
[22] Ces pièces se trouvent dans le _Choix de Mazarinades_, publié par M. Moreau pour la _Société d'hist. de France_, t. I, p. 208.
[23] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. 1, p. 681.
[24] _Ibidem._ p. 801.
[25] Les sieurs Fouquet et de la Marguerie, tous deux maistres des requestes, vont à la suite de la cour.» _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 1er février 1650. Voy. sur ce journal, qui fait partie des manuscrits de la bibliothèque Mazarine, mon Introduction en tête du premier volume du _Journal d'Olivier d'Ormesson_.
[26] Même journal, à la date du 1er décembre 1650.
[27] «M. de Mesmes a dit que les parlements tenoiont un rang au-dessus des états généraux, étant comme médiateurs entre le peuple et le roi.» _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 698. Le _Journal de Dubuisson-Aubenay_ confirme ce fait: «Le président de Mesmes a dit que le parlement ne députe et n'assiste jamais aux états généraux, _qui lui sont inférieurs_.»
[28] On peut consulter sur le parlement de Paris les _Mémoires d'Omer Talon_ et de _Mathieu Molé_, le _Journal d'Olivier d'Ormesson_, le _Journal du parlement_, l'_Histoire du temps_, les _Treize Parlements de France_, par la Roche Flavin, les _Éloges des premiers présidents du parlement de Paris_, par l'Hermite, les _Présidents à mortier du parlement de Paris_, par Blanchard, etc.
[29] Gustave-Adolphe, roi de Suède, et Louis de Bourbon, prince de Condé.
[30] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 563, 566.
[31] _Ibidem._ p. 433.
[32] _Ibidem._ p. 430, 440.
[33] _Ibidem._ p. 673 et 676, texte et notes.
[34] _Ibidem._ p. 708, 709 et 710.
[35] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 660.
[36] _Ibidem._ p. 719 et 720.
[37] Voici le titre complet: _Histoire du temps, ou véritable récit de ce qui s'est passé dans le parlement depuis le mois d'août 1647 jusques au mois de novembre 1648_ (Paris, 1649). Cet ouvrage a été attribué à un conseiller au Parlement nommé Portail.
[38] Il y avait à Paris trois cours souveraines, outre le parlement, savoir: la Chambre des comptes, la Cour des aides et le Grand Conseil.
[39] _Histoire du temps_, p. 81-82.
[40] _Histoire du temps_, p. 83.
[41] _Négociations relatives à la succession d'Espagne_ par M. Mignet, t. I, p. 178.
[42] Voy. les preuves de ce dernier projet à l'Appendice.
[43] Voy. le _Catalogue des partisans_ dans le _Choix des Mazarinades_, publié par la _Société d'histoire de France_, 1. I, p. 113.
[44] On trouvera la preuve de toutes ces assertions dans la correspondance du cardinal Mazarin, qui doit faire partie de la collection des _Documents inédits relatifs à l'Histoire de France_.
[45] Lettre du cardinal Mazarin à l'abbé Fouquet, en date du 16 mai 1651.
[46] Hugues de Lyonne était secrétaire du cardinal. Il fut, après sa mort, secrétaire d'État chargé des affaires étrangères de 1661 à 1671, époque de sa mort.
[47] Lettre de Mazarin à Hugues de Lyonne (mai 1651) dans le recueil des _Lettres du cardinal Mazarin_, publié par M. Ravenel pour la _Société d'histoire de France_, p. 69.
[48] François-Christophe de Lévis, duc de Damville.
[49] Lettre de Mazarin à de Lyonne, ibid., p. 70.
[50] Lettre de Mazarin à de Lyonne. _ibid._, p. 81.
[51] On sait que l'on désignait sous ce nom les Bouteville, les Chabot, les Jarzé, etc., en un mot toute la jeunesse brillante et insolente qui faisait cortége au prince de Condé et imitait ses vices plus encore que son courage.
[52] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet en date du 18 juin 1651.
[53] Lettre du 4 juillet 1651.
[54] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet en date du 15 août 1651.
[55] Charlotte Saumaise de Chazan, mariée à Léonor de Flesselles, comte de Brégy. Elle était femme de chambre de la reine.
[56] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet, en date du 13 décembre 1651.
[57] _Ibidem._
[58] Lettre du 11 janvier 1652.
[59] Voy. les _Mémoires du cardinal de Retz_, édit. Charpentier, t. III, p. 309.--Les assertions de Retz sont confirmées par les lettres de Mazarin à l'abbé Fouquet.
[60] Cet ouvrage, publié par la _Société de l'histoire de France_, a été édité et annoté par MM. Leroux de Lincy et Douët d'Arcq.
[61] _Registres de l'Hôtel de Ville_, t. I, p. 98. _Le Journal d'Olivier d'Ormesson_ (t. I, p. 616) confirme les détails donnés par les _Registres de l'Hôtel de Ville_, et trop souvent oubliés par les historiens de la Fronde.
[62] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet, en date du 31 janvier 1652.
[63] _Mémoires de Retz_, édit. Charpentier, t. IV, p. 12.
[64] Voy. les _Mémoires du cardinal de Retz_, même édit., t. III, p. 322, 336, 338.
[65] Voy. _Mémoires du cardinal de Retz_, _Ibidem._ p. 330.
[66] On trouve dans les lettres de Mazarin des détails sur les missions de Ruvigny et de Damville, envoyés par la cour près du duc d'Orléans. Le cardinal de Retz parle longuement, dans ses Mémoires, des efforts du duc de Damville pour entraîner Gaston.
[67] Lettres de Mazarin à l'abbé Fouquet, des mois de janvier et février 1652.
[68] Voy. les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit. Charpentier, t. I, p. 345 et suiv.
[69] Voy. la _Correspondance de Richelieu_ dans les _Documents inédits relatifs à l'histoire de France_. Un grand nombre de lettres de Richelieu sont adressées à Chavigny.
[70] Mazarin l'en accusa formellement dans ses Carnets.
[71] Voy. sur la conduite de Chavigny en août et septembre 1648, la note de la page 584 du t. I du _Journal d'Olivier d'Ormesson_.
[72] Claude de Saint-Simon, dont il s'agit ici, est le père de l'auteur des Mémoires.
[73] Cette lettre est autographe comme toutes celles de Claude de Saint-Simon qui sont citées dans ce chapitre.
[74] _Mémoires de Saint-Simon_ (édit. Hachette, in-8º), t. I, p. 63.
[75] Si l'on voulait rechercher une explication à ces graves erreurs de Saint-Simon, il faudrait d'abord reconnaître que l'auteur des Mémoires n'a pas connu Chavigny, mort près de vingt ans avant sa naissance, et qu'écrivant longtemps après ces événements, il ne les a racontés que d'après les conversations de son père. Ce dernier, qui se vantait d'avoir rendu de grands services à Anne d'Autriche pendant la Fronde (Voy. _Mémoires de Saint-Simon_, _ibid._, p. 74 et 75), fut cependant tenu jusqu'à la fin de sa vie dans une sorte de disgrâce: on avait saisi à la mort de Chavigny les lettres que Saint-Simon lui adressait, et elles furent mises sous les yeux de Mazarin, qui y était fort maltraité. De là la disgrâce de Claude de Saint-Simon; de là aussi probablement son ressentiment contre Chavigny, qu'il accusa d'avoir livré ses lettres et qu'il traita comme un traître devant son fils. L'auteur des Mémoires, infidèle en cela aux règles de critique historique qu'il proclame bien haut, accepta sans discussion toutes les accusations de son père et les a consignées dans ses écrits. Cet exemple seul suffirait pour prouver qu'on ne doit consulter qu'avec beaucoup de circonspection les _Mémoires de Saint-Simon_.
[76] La cour rentra à Paris le 18 août 1649.
[77] Mademoiselle de Chevreuse, dont il est souvent question dans les _Mémoires du cardinal de Retz_.
[78] Claire-Clémence de Maillé-Brézé, femme du prince de Condé.
[79] Dans cette lettre tous les noms sont indiqués par des chiffres; mais, comme le chiffre est traduit, je me suis borné à donner la traduction.
[80] On a déjà parlé de la modération philosophique qu'affectait Chavigny.
[81] Ces lettres de Claude Saint-Simon tombèrent, comme je l'ai déjà dit, entre les mains de Mazarin, et c'est dans les papiers du cardinal que je les ai trouvées.
[82] Hugues du Lyonne, dont on a déjà parlé plus haut, était neveu d'Abel Servien.
[83] Il est inutile de relever la partialité de pareilles appréciations. J'ai signalé plus haut (p. 15 et 16) les services rendus par Mazarin dans la politique extérieure.
[84] On peut consulter sur ce sujet l'_Histoire de la paix de Wesphalie_ par le père Bougeant. On y trouvera de curieux détails sur la lutte de d'Avaux et de Servien.
[85] On a vu plus haut que Claude d'Avaux était frère du président Henri de Mesmes.
[86] Cette déclaration a été publiée dans les _Mémoires_ de Pierre Lenet p. 204 et 205 (édit. Michaud et Poujoulat)
[87] Carnet XIII, p. 77.
[88] Carnet XIII, p. 76.
[89] _Mémoires_ de Pierre Lenet, édit. cit., p. 198.
[90] C'est-à-dire du côté du prince de Condé, qui avait son hôtel au faubourg Saint-Germain.
[91] Carnet XIII, p. 41.
[92] Carnet XIII, p. 16, 17.
[93] _Ibidem._ p. 18.
[94] _Ibidem._ p. 45
[95] Carnet XIII, p. 93.
[96] Il s'agit probablement, dans ce passage, de Paul de Gondi.
[97] Carnet XIII, p. 95, et _Mémoires de madame de Motteville_, à l'année 1649.
[98] Carnet XIV. p. 1.
[99] _Ibid._, p. 79
[100] Le duc de Saint-Simon, auteur des Mémoires, présente son père comme un modèle de fidélité pendant la Fronde (édit. Hachette, t. I. p. 73). Il ignore complètement, ou du moins passe sous silence les intrigues que nous venons de retracer d'après les documents les plus authentiques. Quant à la conduite de Claude de Saint-Simon à Blaye, il n'est pas de notre sujet de la raconter; mais on trouvera dans les Mémoires de Pierre Lenet et du duc de La Rochefoucauld des détails précis et circonstanciés qui permettront de contrôler les assertions de Saint-Simon.
[101] Voy. les Mémoires de Montglat. Pierre Lenet, Retz, etc., à la date d'avril 1651.
[102] Ce pamphlet a été réimprimé à la fin du t. III des _Mémoires du cardinal de Retz_ (édit. Charpentier).
[103] Bernardin de Bourqueville, baron de Clinchamp
[104] T. III, p. 342, édit. Charpentier.
[105] Pierre Séguier, dont le gendre, duc de Sully, avait livré le passage de la Seine, près de Mantes, à l'armée espagnole. C'est un fait que douze ans plus tard Nicolas Fouquet rappellera à Séguier, devenu son juge.
[106] Jacques Tubeuf, président de la chambre des comptes.
[107] Lettre par laquelle le roi annonçait la prise d'Angers au maréchal de l'Hôpital, gouverneur de Paris.
[108] Conseiller au parlement, connu sous le nom de Fouquet-Croissy.
[109] _Mémoires d'Omer-Talon et du cardinal de Retz_, à la date du 25 mars.--Les détails que nous donnons sont tirés du _Journal de Dubuisson-Aubenay_, qui est beaucoup plus circonstancié que les mémoires Comme Dubuisson-Aubenay était attaché à l'hôtel de Nevers et y habitait, son récit inspire la plus grande confiance. Il place cette émeute au 2 avril
[110] L'hôtel de Nevers était situé sur l'emplacement qu'occupent maintenant la Monnaie et la rue Guénégaud. Il était habité à cette époque par a femme du secrétaire d'État, Duplessis-Guénégaud.
[111] Bibl. imp., mss. f. Gaignières, nº 2799, fol. 50.
[112] Voy. les _Mémoires de Gourville_, à la date d'avril 1652. Le récit de Gourville est d'autant plus curieux qu'il fut dans cette expédition le compagnon et le guide de Condé.
[113] _Mémoires d'Omer-Talon_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 479.
[114] Mathieu Molé accompagnait le roi on qualité de garde des sceaux.
[115] _Mémoires d'Omer-Talon_, ibidem, p. 475.
[116] _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 476,
[117] _Ibidem._ p. 477.
[118] _Ibidem._ Le discours du premier président Amelot a été publié dans les _Mémoires de Conrart_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 541.
[119] _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 478.
[120] On donnait ce nom aux juridictions sans appel, comme celle du parlement, de la chambre des comptes et de la cour des aides.
[121] Cet hôtel était situé sur l'emplacement qu'occupe maintenant l'Odéon. Les rues de Condé et de Monsieur-le-Prince en indiquent les limites et en rappellent le souvenir.
[122] _Mémoires d'Omer-Talon_ (25 avril 1652); le fait de l'arrestation de Fouquet y est mentionné sans détails, et placé à la date du 25.--Les circonstances que je viens de rappeler sont tirées du journal inédit de Dubuisson-Aubenay, qui donne la date du 24 avril. M. Walckenaer, dans ses Mémoires si intéressants sur madame de Sévigné, a eu tort de placer l'arrestation de l'abbé Fouquet après la mort de mademoiselle de Chevreuse, qui n'a eu lieu qu'en novembre 1652.
[123] Mémoires d'Omer-Talon, p. 478
[124] _L'Esprit de paix_, dans le _Choix des Mazarinades_, t. II, p. 376.
[125] C'est-à-dire des titulaires d'offices; on désignait surtout par ce nom les magistrats.
[126] Marchin, ou Marsin, était un des généraux dévoués à Condé.
[127] _Mémoires de la Rochefoucauld, de madame de Motteville_ et _de Retz_, etc. à la date d'avril 1652.
[128] _Mémoires de madame de Motteville_, à l'année 1652 (avril).
[129] Voy. les _Mémoires d'Omer-Talon_, à la date de mai 1652.
[130] _Mémoires du cardinal de Retz_, à l'année 1652; voy., parmi ces pamphlets, les _Intrigues de la paix_, écrit attribué à Gui Joli, un des partisans dévoués de Paul de Gondi; le _Vraisemblable sur la conduite de Mgr le cardinal de Retz; le vrai et le faux du prince de Condé et du cardinal de Retz_.
[131] Voy., sur la négociation de Gourville, les _Mémoires de la Rochefoucauld_ et _de madame de Motteville_. Gourville lui-même n'en dit que quelques mots dans ses Mémoires.
[132] _Mémoires_, éd t. Michaud et Poujoulat, p. 478.
[133] Voy. sur cet enlèvement les _Mémoires de madame de Motteville_.
[134] _Mémoires de madame de Motteville_, à l'année 1649.
[135] Voy. les _Mémoires de madame de Motteville_ et _de la Rochefoucauld_, à l'année 1652.
[136] Le bourg de Merlou, Marlou ou Mello, est situé sur le Therain, à peu de distance de Clermont-en-Beauvaisis (Oise). Loret parle de ce don dans sa _Gazette_ ou _Muse historique_, du 12 mai 1652:
Monsieur le prince... A donné d'un cÅ“ur magnanime. A cette beauté rarissime Sa riche maison de Merlou, Terre propre à chasser le lou, Et qui vaut de valeur présente Plus de dix mille écus de rente.
[137] _Mémoires d'Omer-Talon, ibid._, p. 479.--Voy. aussi les _Mémoires de Gui Joli, ibid._, p. 73. et surtout ceux de Conrart, p. 544, 599.
[138] Omer-Talon, _Ibid._, p. 480.
[139] La minute écrite de sa main se trouve dans un manuscrit de la Bib. imp., F. Gaignières, nº 2799, fol. 296 sq.
[140] Omer-Talon, qui se faisait de l'éloquence parlementaire une idée qu'il nous serait difficile d'adopter, dit dans ses Mémoires (_Ibid._, p. 485), «que le talent du procureur général (Nicolas Fouquet) n'était pas d'être élégant; mais, ajoute-t-il, il était fort bon négociateur, et capable des habitudes du cabinet dans lesquelles il avait été nourri.»
[141] La majorité de Louis XIV avait été proclamée au parlement le 7 septembre 1651.
[142] _Mémoires d'Omer-Talon_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 480.
[143] Elle se trouve dans les manuscrits de la Bibl. Imp., F. Gaignières, nº 2799, fol. 289, 301. Ou voit par les _Mémoires d'Omer-Talon, ibid._, p. 485, que Fouquet, fit cette relation le 16 mai.
[144] Mathieu Molé, qui cumulait cette charge avec celle de premier président du parlement de Paris.
[145] Ces mots sont soulignés dans le manuscrit
[146] Duplessis-Guénégaud, un des quatre secrétaires d'État.
[147] Le duc d'Anjou était Philippe de France, frère du roi. Il porta dans la suite le nom de duc d'Orléans.
[148] Le prince Thomas de Savoie-Carignan
[149] Duc de la Vieuville.
[150] Les quatre secrétaires d'État étaient alors Michel le Tellier, Loménie de Brienne, Duplessis-Guénégaud et Phélypeaux de la Vrillière.
[151] Voy. dans les _Mémoires de Conrart_ (p. 548, édit. Michaud et Poujoulat), les insultes auxquelles la duchesse de Bouillon avait été exposée.
[152] Mémoires d'Omer-Talon, ibid., p. 484.
[153] Charlotte de Valençay, marquise de Puisieux ou Pisieux. Elle était veuve depuis 1640 et mourut en 1677, à quatre-vingts ans. Saint-Simon l'a caractérisée en quelques lignes: «C'était une femme souverainement glorieuse, que la disgrâce n'avait pu abattre, et qui n'appelait jamais son frère le conseiller d'État que: _mon frère le bâtard_. On ne peut avoir plus d'esprit qu'elle en avait, et, quoique impérieux, plus tourné à l'intrigue.»
[154] _Mémoires d'Omer-Talon, ibid._, p. 484, 485.
[155] _Mémoires de Conrart_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 551.
[156] Journal de Dubuisson-Aubenay, à la date du 13 mai 1652.
[157] _Mémoires du cardinal de Retz_, à l'année 1652.
[158] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 1er juin.
[159] _Mémoires de Conrart_, p. 557 (édit. Michaud et Poujoulat).
[160] Voy. les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, à l'année 1652. Les _Mémoires de Conrart_ (p. 557) parlent du cynisme du duc de Lorraine.
[161] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit. Charpentier, 1, II. p. 75.
[162] _Ibidem._ p. 76.--Voy. aussi les _Mémoires de Conrart_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 557.
[163] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, p. 76,77.
[164] Le jeune Brienne (_Mémoires_ publiés par M. Barrière, t. II, p. 178) dit que Laigues était le mari de conscience de madame de Chevreuse. Voy. aussi l'ouvrage de M. Cousin, intitule: _Madame de Chevreuse_
[165] Retz, qui ne connaissait que trop les mystères de l'hôtel de Chevreuse, le dit positivement (_Mémoires_, édit. Charpentier, t. IV, p. 11 et 14): «Elle devint amoureuse de l'abbé Fouquet au point de l'épouser s'il eût voulu.» Comme nous l'avons déjà dit, l'abbé Fouquet n'était pas prêtre, et les portraits de Nanteuil lui donnent une physionomie vive et spirituelle, qui explique ses succès auprès des dames du plus haut rang.
[166] _Mémoires du cardinal de Retz_, t. IV, p. 20 et 30 (édit. Charpentier).
[167] _Ibidem._ p. 30
[168] Le lundi était le 10 juin.
[169] _Mémoires_, t. II, p. 82 (Édit. Charpentier).--Voy. _Mémoires de Conrart_. p. 560 (édit. Michaud et Poujoulat)
[170] Charles II qui s'était retiré en France. On voit par les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier et de madame de Motteville_, que le roi d'Angleterre fut employé dans les négociations avec le duc de Lorraine
[171] Voy. entre autres dans le _Choix des Mazarinades_ (t. II, p. 367) la pièce intitulée: _L'ordre et la cérémonie qui se doit observer, tant en la descente de la châsse, de sainte Geneviève qu'en la procession d'icelle_, etc.
[172] Ces quatre magistrats étaient officiers du Châtelet, c'est-à-dire qu'ils remplissaient des offices de judicature au tribunal de ce nom.
[173] _Mémoires_, à l'année 1652.
[174] Voy. les _Mémoires d'Omer-Talon_, à la date du 18 juin 1652
[175] Omer-Talon, _Ibid._, p. 491. édit. Michaud et Poujoulat.--_Mémoires de Conrart, ibid._, p. 561.
[176] Omer-Talon, _Mémoires_, à la date du 18 juin 1652.
[177] Omer-Talon, _Ibid._; Conrart, _Mémoires_, p. 561.
[178] Les _Mémoires de Conrart_ donnent les détails les plus curieux et les plus circonstanciés sur l'anarchie qui régnait alors dans Paris.
[179] Omer-Talon, _Ibid._, p. 492.
[180] _Mémoires, ibid._, p. 492.--Comparer les _Mémoires de Conrart_, p. 564.
[181] _La guerre des Ménardeaux, ou la fameuse bataille de la rue Neuve-Saint-Louis, donnée entre quelques brigades de la compagnie de la milice_ _de Paris, le 25 juin 1652, avec l'apologie des vainqueurs et l'oraison funèbre des morts, en vers façon de burlesque, par un disciple de Scarron._
[182] Voy. p. 71-72.
[183] Le couvent des Récollets, qui est devenu un hôpital, avait donné son nom à la _rue des Récollets_, qui s'appelle maintenant _rue Bichat_.
[184] L'avis n'est pas signé; mais il est écrit de la main de Nicolas Fouquet. On voit par les _Mémoires de Turenne_ que ce fut par suite de l'avis donné à la cour que ce général fit avancer son armée.
[185] Ces détails sont tirés du récit d'un partisan de Mazarin, conservé dans les papiers du cardinal.
[186] Voy. _Mémoires de Turenne_ à l'année 1652.
[187] _Mémoires de Turenne, ibid._, p. 444 (édit. Michaud et Poujoulat). On voit par les _Mémoires de Conrart_ (Ibid., p. 566) que le maréchal de Turenne, ancien général de la Fronde, n'était pas à l'abri des soupçons de la cour.
[188] Mémoires de mademoiselle de Montpensier (édit. Charpentier), t. II, p. 99.
[189] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier, ibid._, p. 109.
[190] Dubuisson-Aubenay, _Journal_, à la date du 2 juillet.
[191] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 4 juillet. Cet usage vint, dit-on, de ce que les soldats de l'armée des princes avaient porté, pendant le combat de la porte Saint-Martin, de la paille à leurs chapeaux pour se distinguer des troupes royales.
[192] Voy. sur ces élections les _Mémoires de Conrart. (Ibid._, p. 567.)
[193] _Registres des délibérations de l'Hôtel de Ville_, pendant la Fronde.--_Mémoires de Conrart. (Ibid._, p. 568.)--_Récit véritable de tout ce gui s'est passé à l'Hôtel de Ville touchant l'union de Messieurs de ville et du parlement avec Messieurs les princes pour la destruction du cardinal Mazarin_, dans le _Choix des Mazarinades_, t. II, p. 379.
[194] Conrart, _Ibid._, p. 567.
[195] _Ibid._, p. 569.
[196] Conrart, _Ibid._ «Ces gens-là, dit Conrart, avaient défoncé plus de cinquante muids de vin dont ils s'étoient enivrés.»
[197] Conrart, _Ibid._, p. 574.--Voy., dans le _Choix des Mazarinades_ (t. II, p. 383), _la liste générale de tous les morts et blessés, tant Mazarins que bourgeois de Paris, à la généreuse résolution faite à l'Hôtel de Ville pour la destruction entière des Mazarins_, etc.
[198] Rue actuelle de la Monnaie, à l'extrémité septentrionale du pont Neuf.
[199] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 4 juillet 1652.
[200] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_ (édit. Charpentier), t. II, p. 121 et suiv.
[201] _Ibidem._ p. 128.
[202] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 4 juillet 1652.
[203] Dubuisson-Aubenay, _Ibid._--Conrart, rappelant le même fait (_Mémoires_, p. 577), dit que c'étaient des soldats du régiment de Valois.
[204] Dubuisson-Aubenay, _Ibid._
[205] Voy. les _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 501. «Quant à moi, je n'ai participé ni de mon suffrage ni de ma présence à tout ce qui s'est fait depuis le 1er juillet, m'étant dispensé d'aller au Palais, sachant bien que toute sorte de résistance et de contradiction était inutile; que la force était supérieure, et que l'on pouvait intimider, violenter et contraindre les suffrages à faire toutes choses sans rien excepter... M. le procureur général n'a pas été non plus au Palais parce qu'il était sorti de Paris, ni M. Bignon, lequel était incommodé aussi bien que moi.»
[206] Il s'agissait probablement de livrer au roi une des portes de Paris.
[207] Voy., pour les détails, le _Journal de Dubuisson-Aubenay_ (juillet 1652).
[208] _Ibid._, à la date du 11 juillet.--Voy. aussi les _Mémoires d'Omer-Talon_, à la même date.
[209] Omer-Talon, _ibid._, à la date du 11 juillet.
[210] _Ibidem._
[211] _Ibidem._ à la date du 13 juillet.
[212] Voy. plus haut, p. 79
[213] _Mémoires d'Omer-Talon, ibid._
[214] _Ibidem._
[215] Voy. plus haut, p. 79-80.
[216] Voy. plus haut. p. 125.
[217] On a vu plus haut que ce prévôt était Pierre Broussel.
[218] Il s'agit ici du retour du cardinal Mazarin. Ce passage confirme ce que nous savons aussi par les Mémoires contemporains, que Condé négociait avec la cour et songeait à conclure avec elle un traité particulier.
[219] Le parlement devait se réunir le mardi 16 juillet, et on craignait que l'union avec les princes n'y fût proclamée.
[220] C'est-à-dire que l'on considère toujours le parlement et le corps de ville comme légalement constitués tant qu'il n'a paru aucune ordonnance du roi annulant leurs actes.
[221] Les Mémoires contemporains prouvent, en effet, qu'à cette époque même les princes traitaient avec les Espagnols et les appelaient à leur secours. On lit dans le _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 11 juillet 1652: «Grand bruit de par les partisans des princes que l'avant-garde de l'archiduc, venant pour les secourir, est à Beauvais. Courrier pour cela aposté au palais d'Orléans (au Luxembourg), et lettres supposées de toutes parts. Autres du sieur de la Roque, capitaine des gardes du prince de Condé, portant qu'il y a vingt mille hommes près d'entrer des Pays-Bas en France. Autres des gens des Pays-Bas à leurs correspondants à Paris que le comte de Fuensaldagne est à Valenciennes avec grosses troupes, et grand attirail comme pour faire un siège ou de la Bassée ou de Dunkerque.»
[222] L'administration municipale avait été changée à Paris le 6 juillet, comme on l'a vu plus haut, à la suite des scènes de violence du 4 juillet.
[223] Fouquet parle des députés du parlement qui s'étaient rendus à Saint-Denis pour traiter avec la cour.
[224] Le président de Nesmond était chef de cette députation. On a vu plus haut que les autres présidents à mortier avaient quitté Paris.
[225] Le garde des sceaux était alors Mathieu Molé, qui était en même temps premier président du parlement.
[226] Jean-Édouard Molé, appelé ordinairement le président de Champlâtreux.
[227] La fille aînée de Mathieu Molé avait épousé Jean Molé, son cousin, qui était président dans la cinquième chambre des enquêtes du parlement.
[228] Conseiller de la grand'chambre du parlement de Paris. Il avait un frère lieutenant général du présidial de Lyon, ville dont le maréchal de Villeroy était gouverneur.
[229] Conseiller de la première chambre des enquêtes. Il est ainsi caractérisé dans le _Tableau du parlement_: «Bon homme, un peu patelin, bien intentionné, appliqué au métier; est capable d'ouverture; un peu faible et vacillant; sans intérêt. Son frère le jésuite et les dévots ont crédit auprès de lui; est fort ami de M. le président de Bailleul.»
[230] Conseiller de la quatrième chambre des enquêtes.
[231] Il y avait un Bragelonne président de la deuxième chambre des enquêtes; son beau-frère se nommait de Marle.
[232] Ce Bonneau était un des fermiers des gabelles. Voyez le _Catalogue des partisans_ dans le _Choix des Mazarinades_, t. I, p. 118.
[233] Bonneau fils était conseiller de la cinquième chambre des enquêtes.
[234] Ménardeau-Champré est mentionné dans le _Tableau du parlement_ comme conseiller de la grand'chambre, avec l'appréciation suivante «Très-capable, ferme, opiniâtre, sûr, intéressé et dévoué à la cour.» Il ne faudrait pas attacher au mot _intéressé_ le sens qu'on lui donnerait aujourd'hui et qui ferait accuser ce conseiller d'avarice. Il indique une disposition opposée à celle qui a été marquée plus haut, pour le conseiller Fraguier, par ces mots: _sans intérêt_, c'est-à-dire n'obéissant pas à un autre sentiment que celui de la justice.
[235] Sévin était également conseiller de la grand'chambre: «Habile homme, sûr quand il promet, intéressé, de nul crédit et de nulle estime dans sa compagnie, aime la débauche,» etc. (_Tableau du parlement_.)
[236] Également conseiller de la grand'chambre: «A une grande déférence à M. Sévin, qui le peut engager à tout; est intéressé comme lui.» (_Ibid._)
[237] Conseiller-clerc de la grand'chambre: «Très-habile, très-fier,» etc. (_Ibid._)
[238] Conseiller de la grand'chambre: «A de l'extérieur et est peu de chose au fond; faible, timide, dévoué entièrement à la cour, intéressé,» etc. (_Ibid._)
[239] François de Verthamont, conseiller d'État. Il est l'auteur du _Diaire_ ou _Journal du voyage du chancelier Séguier en Normandie_, publié par M. Floquet. (Rouen, 1842. 1 vol. in-8e).
[240] Rohan-Chabot, un des partisans du prince de Condé, demandait que le parlement enregistrât ses lettres de duc et pair.
[241] Le substitut du procureur général se nommait Beschefer. Il en est souvent question dans les _Mémoires d'Omer-Talon_.
[242] Les lettres patentes pour l'érection de Château-Thierry en duché n'avaient pas encore été enregistrées par le parlement.
[243] Le duc de Rohan fut reçu le 15 juillet. Ainsi le Mémoire de Nicolas Fouquet est bien du 14 juillet, comme nous l'avons indiqué plus haut.
[244] Le duc de Lorraine se préparait à rentrer en France pour soutenir le parti des princes.
[245] Paul Mancini, neveu du cardinal Mazarin, avait été blessé au combat de la porte Saint-Antoine et mourut des suites de cette blessure.
[246] Cette lettre est autographe.
[247] Il s'agit toujours des membres du parlement qui négociaient avec la cour.
[248] Le nom du cardinal de Mazarin est désigné par un chiffre dans l'original.
[249] L'abbé Fouquet était toujours, comme on le voit, l'agent le plus actif du parti, l'intermédiaire entre le cardinal et ses partisans.
[250] Les maîtres des requêtes servaient par quartier de trois mois au Conseil d'État, où ils faisaient rapport des affaires litigieuses
[251] Les requêtes de l'Hôtel du roi étaient un tribunal particulier, où les maîtres des requêtes prononçaient souverainement, avec le grand prévôt, sur les causes qui concernaient les officiers de l'hôtel du roi et autres affaires qui ressortissaient à cette juridiction
[252] Saintot, ou Sainctot, était attaché à la cour comme maître des cérémonies. Il avait un frère conseiller-clerc de la grand'chambre
[253] Jeannin de Castille, trésorier des parties casuelles
[254] Il y avait plusieurs membres de cette famille attachés au parlement ou à la cour: Henri de Guénégaud, seigneur du Plessis et de Plancy, comte de Montbrison, etc., était secrétaire d'État depuis 1643. Son frère, Claude de Guénégaud, était trésorier de l'épargne. Il s'agit ici du second
[255] Saint-Martin était conseiller de la troisième chambre des enquêtes. Il est ainsi caractérisé dans le _Tableau du parlement_: «Bel esprit, savant, fort en jurisprudence, fort en belles-lettres, retient néanmoins un peu de l'école; est estimé dans sa chambre; est de la religion prétendue réformée; est attaché à M. de Turenne.»
[256] François de Comminges, capitaine des gardes de la reine
[257] Conseiller de la grand'chambre: «Homme d'honneur, très-capable, hors d'intérêts, a une grande probité et une grande créance dans la grand'chambre.» (_Tableau du parlement de Paris_.)
[258] Conseiller de la seconde chambre des enquêtes, beau-frère du président de Bragelonne.
[259] Conseiller de la cinquième chambre des enquêtes.
[260] Conseiller de la seconde chambre des enquêtes et neveu du secrétaire d'État Phélypeaux de la Vrillière.
[261] Godart Petit-Marais était conseiller de la quatrième chambre des enquêtes: «Bel esprit, intelligent; a beau débit; prenant néanmoins des avis tout particuliers; fort intéressé; donnant à la cour,» etc. (_Tableau du parlement_.)
[262] Pomponne de Bellièvre, qui succéda à Mathieu Molé dans la charge de premier président du parlement de Paris. Ce président se tenait alors à l'écart sous prétexte de maladie et était suspect à la cour.
[263] Conseiller de la première chambre des enquêtes.
[264] Conseiller de la cinquième chambre des enquêtes.
[265] Un des financiers de cette époque; il est mentionné dans le _Catalogue des partisans_.
[266] Conseiller de la première chambre des requêtes: «De génie médiocre et de peu de vigueur; n'a pas de crédit dans sa chambre; a épousé une Gargan.» (_Tableau du Parlement_.)
[267] Trésorier de l'Épargne.
[268] Foucaut, ou Foucault, était conseiller de la première chambre des requêtes du Palais. Il est ainsi caractérisé dans le _Tableau du parlement_: «Honnête homme, de bon esprit, hardi, capable de service, s'appliquant à sa charge et la faisant bien, ne laisse pas d'aimer le plaisir et le divertissement.»
[269] Hiérosme Lemaistre, sieur de Bellejambe ou Bellejame, était conseiller d'État.
[270] Fils de l'ancien prévôt des marchands.
[271] Conseiller de la quatrième chambre des enquêtes
[272] Conseiller de la même chambre.
[273] Fils du duc de la Vieuville, surintendant des finances.
[274] Conseiller de la cinquième chambre des enquêtes.
[275] Le grand prévôt était alors le marquis de Sourches, dont le fils a laissé des Mémoires.
[276] De la cinquième chambre des enquêtes: «Prêche la justice, parlant toujours de règle et de discipline, affectant de la politesse, ne faisant nullement sa charge,» etc. (_Tableau du parlement_.)
[277] On trouve dans le _Catalogue des partisans_ un Bordier, sieur du Raincy, qui s'était fait bâtir en ce lieu un magnifique château. Il est attaqué avec violence dans les _Mazarinades_; on lit dans un de ces pamphlets: «Un Bordier, tirant son illustre naissance d'un chandelier de Paris, a dépensé plus de trois cent mille écus à bâtir sa maison du Raincy, par une insolence sans exemple, mais qui mériterait, pour l'exemple, qu'on le logeât à Montfaucon, qui en est tout proche.» On sait qu'à Montfaucon s'élevait le gibet principal de Paris. Ce fut le fils de ce Bordier qui se rendit au parlement de Pontoise, comme le prouve la Mazarinade intitulée le _Parlement burlesque de Pontoise_:
Ce douzième au nez boutonné, Et de rubis damasquiné, Est de Bordier la géniture, Et d'un chandelier la facture. Son père fut de tous métiers Et parmi les maletôtiers A tenu la première place.
[278] Comparez les _Mémoires d'Omer-Talon_, à l'année 1652.
[279] _Mss._ B. I., f. Gaignières, nº 2799, fº 293.
[280] _Mémoires d'Omer-Talon_, en date du 8 août 1652.
[281] _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 500 édit. Michaud et Poujoulat.
[282] Voy. sur ce duel les Mémoires du temps et particulièrement ceux de mademoiselle de Montpensier (édit. Charpentier, t. II, p. 132 et suiv.)
[283] Voy. le _Journal de Dubuisson-Aubernay_ et les Mémoires du temps qui racontent tous les détails de cette scène.
[284] Ces soldats étaient _cousus d'or et d'argent de leurs pillages_, dit Dubuisson-Aubenay, à la date du 29 juillet.
[285] _Ibid._, à la date du 30 août. On peut comparer les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_ (_Ibid._, p. 149 et suivants.)
[286] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 20 août.
[287] Abel Servien et Michel le Tellier étaient, en l'absence de Mazarin, les deux ministres qui avaient la principale influence; mais les _Mémoires_ du cardinal de Retz prouvent que Mazarin ne cessait de faire surveiller ces _sous-ministres_, comme il les appelle, par ses affidés, et entre autres par Zongo Ondedei et par l'abbé Fouquet.
[288] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 27 août.
[289] Dubuisson-Aubenay, à la date du 30 août. Aucun autre contemporain ne donne des détails aussi complets sur l'état déplorable de Paris à cette époque. Je ne fais que reproduire presque textuellement ce journal d'un témoin oculaire.
[290] Il s'agit toujours du parlement de Pontoise.
[291] Demandés par les princes pour leurs députes. Voyez ci-dessus, p. 155
[292] Il s'agissait du mariage du duc de Candale, fils du duc d'Épernon, avec une nièce du cardinal Mazarin.
[293] César-Phébus, comte de Miossens, qui devint dans la suite maréchal de France et fut désigné sous le nom de maréchal d'Albret.
[294] Voy. _Mémoires du cardinal de Retz_, t. IV, p. 72 et suiv. (édit. Charpentier). Retz met sur le compte de la Providence les inspirations de son ambition: «La Providence de Dieu, qui, par de secrets ressorts, inconnus à ceux mêmes qu'il fait agir, dispose les moyens pour leur fin, se servit des exhortations de ces messieurs pour me porter ma conduite,» etc.
[295] _Mémoires du cardinal de Retz_, ibid., p. 82.
[296] _Ibid._, p. 83.
[297] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 9 septembre.
[298] _Mémoires de Retz_, ibid., p. 84-91.
[299] _Ibid._, p. 93.
[300] _Ibid._, p. 109.
[301] Voy. plus haut, p. 76. les négociations de Rohan, Chavigny et Goulas à Saint-Germain-en-Laye.
[302] Anne de Gonzague, princesse palatine. Ce passage prouve combien Retz se trompe, dans ses _Mémoires_, lorsqu'il cite à la date de septembre 1652 la princesse palatine comme dévouée à ses intérêts.
[303] Voy. le _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 24 septembre; et les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier, du père Berthod, de Retz,_ etc.,. à la même date.
[304] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, ibid.
[305] Le duc d'Orléans, comme on l'a déjà vu, habitait à Luxembourg.
[306] C'est-à-dire sur la conservation des troupes dont se composait l'armée des princes.
[307] Il s'agissait de réunir on un seul corps les deux parlements siégeant à Paris et à Pontoise.
[308] Cette forteresse, qui appartenait au prince de Tarente, avait été rasée par ordre de la cour.
[309] René du Plessis de la Roche-Pichemer, un des petits-maîtres attachés à Condé.
[310] Retz se garde bien de parler de cette circonstance dans ses _Mémoires_. Il prétend (t. IV, p. 117, édit. Charpentier), que cette assemblée n'eut aucune importance et que ces «_têtes de papier_ furent huées comme on hue les masques.»
[311] Dubuisson-Aubenay. _Journal_, à la date du 26 septembre.
[312] Voy. _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. II. p. 179-180 édit. Charpentier.
[313] _Ibid._, p. 173.
[314] M. de Choisy était chancelier du duc d'Orléans. Son fils, l'abbé de Choisy, a laissé des Mémoires sur le règne de Louis XIV.
[315] Mazarin était alors dans la petite ville de Bouillon.
[316] C'était un des agents de Condé dans ses négociations avec l'Espagne, comme on le voit par les _Mémoires_ de Pierre Lenet.
[317] Le président Viole et Croissy-Fouquet étaient membres du parlement et dévoués au parti des princes.
[318] Il s'agissait ici des conditions que le parti des princes réclamait en faveur du prince de Tarente, comme on l'a vu plus haut, p. 169.
[319] On peut comparer sur la mort de Chavigny les _Mémoires de Conrart, de Monglat_ et _du cardinal de Retz._.
[320] Voy. plus haut, p. 36 et suiv.
[321] _Mémoires de Saint Simon_, édit. Hachette, in-8°, t. I, p. 64-65.
[322] Henri de Bourbon, prince de Condé, et Louis de Bourbon, duc d'Enghien, qui, après la mort de son père, prit le nom de prince de Condé, ou simplement de M. le Prince. C'est ce dernier qui est connu dans l'histoire sous le nom de grand Condé.
[323] J'ai déjà indiqué plus haut, p. 30, note 3, la cause de la haine de Saint-Simon, ou plutôt de son père, contre Chavigny.
[324] Cette lettre autographe se trouve dans les Mss. de la B.I.F. Gaignières nº 2799, fº 298 et suiv.
[325] Il avait été question de la suppression de cette cour.
[326] Le parlement qui était divisé, partie à Pontoise, partie à Paris.
[327] Le gouverneur de la Bastille était, comme on l'a vu plus haut, un frondeur, la Louvière, fils du conseiller Pierre Broussel.
[328] Nom que l'on donnait d'ordinaire aux membres du parlement.
[329] Voy. _Mémoires de Retz_ (édit. Charpentier), t. IV, p. 148.
[330] _Mémoires de Saint-Simon_, (édit. Hachette), in-8, t. III. p. 58 suiv. On trouvera dans ses Mémoires beaucoup de détails sur Roze.
[331] Il s'agit probablement du coup du main qui devait livrer Paris au roi. On a vu, au contraire (p. 170), que l'abbé Fouquet en était un des principaux instigateurs.
[332] Mazarin a déjà manifesté son désir presque dans les mêmes termes. Je n'ai pas supprimé la répétition, parce qu'elle me semble caractéristique.
[333] Je suppose que le _fidèle_ est l'abbé Fouquet lui-même. Toutes ces lettres sont en grande partie chiffrées, et les noms déguisés de manière à dérouter ceux qui les auraient interceptées.
[334] Il est probablement question ici des relations de l'abbé Fouquet avec mademoiselle de Chevreuse, dont on a parlé plus haut, p. 99.
[335] Nouvelle preuve que le cardinal de Retz était joué par Anne de Gonzague, dans laquelle il mettait la plus grande confiance.
[336] _Mémoires du cardinal de Retz_, t. IV. p. 134 et suiv. édit. Charpentier
[337] «Ils en firent presque autant dernièrement pour M. de Lorraine.» disait Turenne le jour même de l'entrée du roi à Paris. (_Mémoires de Retz_, t. IV. p. 131-132.)
[338] Cet officier, qui servait dans les gardes-françaises, avait été, dès la fin de septembre, un des principaux émissaires de Mazarin et de l'abbé Fouquet.
[339] A cette époque le duc d'Orléans avait déjà quitté Paris. Mazarin n'en avait pas encore reçu la nouvelle.
[340] Retz prétend que les offres vinrent de la cour, et que ce fut Servien qui les lui fit au nom de la reine. (_Mémoires_, t. IV, p. 155-156, édit. Charpentier.)
[341] Voy. plus haut, p. 170.
[342] Déclaration royale reconnaissant l'innocence de Mazarin et cassant tous les arrêts rendus contre lui.
[343] Nicolas Fouquet, qui était, dès cette époque, ami particulier d'Hugues de Lyonne, insistait pour qu'il fût rappelé à la cour et redevint secrétaire de la reine.
[344] La lettre de Mazarin est du 25 octobre, et il se préparait à aller rejoindre Turenne, qui commandait l'armée royale dans le nord de la France.
[345] Près de Mézières, dans le département des Ardennes.
[346] Le prince de Condé s'était dirigé d'abord vers Soissons, et avait pris ensuite Château-Porcieu et Rethel.
[347] Retz disait «qu'il était la troisième tour de l'Église de Paris, et si chéri du peuple que si l'on vouloit entreprendre contre lui, il prendroit les armes pour le mettre en liberté.» Lettre de Mazarin au pape pour expliquer les motifs de l'arrestation de Retz. (_Mémoires de Retz_, I. IV. p. 149, édit. Charpentier.)
[348] _Mémoires de Retz_, ibid., p. 156.
[349] Voy. plus haut, p. 207.
[350] Ce sont les termes mêmes qu'emploie Gourville en parlant des satellites de l'abbé Fouquet.
[351] _Mémoires_, ibid., p. 156, 159 et 161.
[352] _Mémoires_, ibid., p. 149.
[353] Une lettre de Mazarin, en date du 2 décembre, prouve qu'il en fut sérieusement question. Voy. plus loin, p. 219.
[354] Voy. ci-dessus, p. 203.
[355] Voy. le texte de cet ordre dans les _Mémoires de Retz_, ibid., p. 160.
[356] _Mémoires de Retz_, t. IV. p. 164
[357] _Mémoires de Retz_, t. IV. p. 167.
[358] _Ibid._, p. 168.
[359] _Ibid._
[360] Les _Mémoires de Saint-Simon_ attestent que la noblesse voyait avec indignation des parvenus porter les insignes de l'ordre du Saint-Esprit.
[361] Voy. plus haut, p. 199.
[362] Voy, ci-dessus, p. 209
[363] Cette lettre, datée du 2 janvier 1653, est autographe et en partie chiffrée.
[364] La charge de procureur général que Nicolas Fouquet avait achetée en 1650.
[365] A la suite de cette lettre, il s'en trouve une, également autographe, de l'abbé Fouquet, qui se porte caution pour son frère.
[366] Bibl. imp. Ms. S. F. nº 1238, C (_bis_), fº 321.
[367] Lettre autographe en partie chiffrée.
[368] Servir et non agréer.
[369] Il s'agit d'offres pécuniaires; à cette époque, les charges de finances s'achetaient comme les charges de judicature.
[370] Le maréchal d'Effiat, aussi bien que M. de Bullion, avait été surintendant des finances sous le règne de Louis XIII.
[371] Les directeurs des finances étaient alors MM. d'Aligre et de Morangis.
[372] Zongo Ondedei, évêque de Fréjus, était un des parents de Mazarin.
[373] Colbert veut parler de la nomination à la place de surintendant.
[374] Allusion au parlement de Pontoise.
[375] Un des partisans du cardinal de Retz.
[376] Le Guitaut dont il s'agit était attaché au parti du prince de Condé.
[377] Loret annonce ainsi cette nomination dans sa _Muse historique_ du 8 février 1650:
On étoit encor attendant Qui seroit le surintendant, Cette charge, autant que pas une, Étant une rare fortune; Mais il faut beaucoup endurer Pour y pouvoir longtemps durer; Et quoiqu'elle soit épineuse, Presque autant que pécunieuse, Plusieurs pour elle s'intriguans, Elle n'est jamais sans briguans. La brigue est pourtant terminée, Car j'ai su cette matinée (Et toute la cour en convient) Qu'elle est pour monsieur de Servient Qu'on peut nommer, sans flatterie Un ornement de la patrie. Tant il possède abondamment De lumière et de jugement; Mais, comme la charge est pesante Pour le moins autant qu'importante, Afin de soulager ses soins, On lui donne quelques adjoints, Savoir messieurs Fouquet, d'Aligre, Dont l'esprit est doux et non tigre, Morangis, Ménardeau, Bordeaux, Tous gens qu'on tient assez loyaux, Et serviteurs du roi leur maître, Autant qu'on le sauroit être.
[378] Bibl. imp. Mss. S. F. nº 1238 C (_bis_). fº 332.
[379] Journal ms. _Ibidem._
[380] _Histoire de la France pendant le ministère de Mazarin_, par M. Bazin, t. IV, p. 309 (édit. in-18). On trouve le texte de la commission royale dans un manus. de la Bibl. imp., des 500 de Colbert, nº 233. Comme il s'est élevé quelque doute sur ce point, je publierai ici en note le texte même de la commission: «Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à nos amez et féaux les sieurs comte Servien, marquis de Boisdauphin et de Sablé, commandeur et surintendant des finances de nos ordres, l'un de nos ministres d'Estat, et Foucquet, conseiller en nostre conseil d'Estat et nostre procureur général en nostre cour de parlement de Paris, salut: Si la probité et la science sont les vertus nécessaires pour parvenir à la promotion des grandes charges, et si elles demandent de longues expériences pour s'en acquitter avec la fidélité et le bon ordre que les affaires requièrent, il nous a semblé ne pouvoir faire un meilleur choix que de vos personnes pour exercer celle de surintendant de nos finances, qui est à présent vacante par la mort du sieur duc de la Vieuville; les grands emplois qui vous ont incessamment occupés dedans et dehors le royaulme pour le bien de cet Estat, les preuves que vous avez tousjours données de vostre zèle et expérience pour en soustenir les intérêts et la grandeur, nous confirment dans cette créance, et nous font espérer que vous vous acquitterez si dignement de cette importante administration, que le public n'aura pas moins de sujet d'en estre satisfaict que nous. Nous, pour ces causes et autres grandes considérations à ce nous mouvant, nous vous avons constitués, ordonnés et établis, constituons, ordonnons et établissons par ces présentes, signées de nostre main, pour faire et exercer la charge de surintendants de nos finances, avec un plein et entier pouvoir d'en ordonner et de les administrer ainsy qu'en vos consciences vous jugerez estre nécessaire pour le bien de nostre service, comme aussy pour jouir de ladicte charge aux mesmes honneurs, autorités, prérogatives, prééminences, fonctions, estats et appointements tels et semblables qu'en a joui ledict feu sieur de la Vieuville, et les autres qui l'ont précédé en cette charge, sans que de ladicte administration vous soyez tenus d'en rendre raison à nostre Chambre des comptes, ni ailleurs qu'à nostre personne; nous vous avons, de nostre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, relevés et dispenses, relevons et dispensons par ces dictes présentes, de ce faire, et vous avons donné et donnons plein pouvoir, autorité et mandement spécial. MANDONS et ordonnons aux trésoriers de nostre espargne présens et à venir et autres nos officiers des finances et comptables généralement quelconques qu'il appartiendra, qu'en ce faisant ils vous obéissent et entendent diligemment aux choses concernant lesdictes charges; deffendons aux susdicts comptables d'acquitter aucunes parties de dons ou autrement quelsconques acquits qui leur en soient expédiés, s'ils ne sont visés et accompagnés de vos ordonnances particulières, ainsy qu'il a tousjours esté practiqué et observé. Mandons auxdicts trésoriers de nostre espargne de vous payer, chacun en l'année de son exercice, les estats, pensions et appointemens qui vous seront ordonnés, et que nous voulons estre passés et alloués en la despense de leurs comptes par nos amez et féaux les gens de nos comptes à Paris, auxquels nous mandons ainsy le faire sans difficulté; car tel est nostre plaisir. Donné à Paris, le huitième jour de février, l'an de grâce 1653, et de nostre règne le dixième, signé LOUIS, et plus bas: PAR LE ROY, DE GUÉNÉGAUD, et scellé du grand sceau de cire jaune.»
[381] Terre qui appartenait à madame de Châtillon.
[382] Il y a beaucoup de lieux désignés sous ce nom; il s'agit ici de Pierrefitte dans le département de l'Oise (arrondissement de Beauvais).
[383] Mylord d'Igby ou Digby passait pour être à cette époque l'amant de madame de Châtillon.
[384] Il est désigné ailleurs sous le nom _d'abbé de Cambiac_.
[385] Il est remarquable que dix uns plus tard une autre chambre de justice, siégeant à l'Arsenal, procéda de même contre Nicolas Fouquet, qui refusait de répondre.
[386] Le prince de Condé ne pouvait être jugé, que par le parlement et les ducs et pairs. S'il avait été impliqué dans cette affaire, il eût fallu la porter au parlement.
[387] Le garde des sceaux était toujours Mathieu Molé.
[388] C'était un des espions que l'abbé Fouquet entretenait auprès du prince de Condé.
[389] Gouverneur de la Bastille.
[390] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. II. p. 255-250 (édit. Charpentier).
[391] Mademoiselle ne parle pas de ce fait dans ses _Mémoires_; mais il parait bien constaté; c'était par le duc d'Épernon lui-même que l'abbé. Fouquet était instruit des desseins de la princesse.
[392] Lettre de Colbert à Mazarin en date du 20 juillet 1653.
[393] Lettre du 23 septembre 1653.
[394] Pomponne de Bellièvre venait de remplacer Matthieu Molé, comme premier président du parlement de Paris.
[395] Un des quatre membres du parlement qui avaient été exilés en octobre 1652.
[396] Il a été question plusieurs fois de Mouchet ou du Mouchet, qui était un chevau-léger, dont l'abbé Fouquet se servait pour les coups de main.
[397] Je me servirai de l'édition de 1665 à la Sphère (14 vol. in-18).
[397a] _Défenses_, t. II. p. 61 et suiv.
[398] C'est-à-dire sans attribution spéciale.
[399] _Défenses_, ibidem, p. 63 et suiv.
[400] _Défenses_, t. II. p, 71.
[401] L'évêque de Fréjus était Zongo Ondedei, parent du cardinal Mazarin.
[401a] _Défenses_, t. II, p. 72-73.
[402] Mazarin écrivait à Colbert le 16 octobre 1653. «J'ai cinquante ans; j'ai eu plus de nécessités que je n'en ai à cette heure, et il n'a pas été en mon pouvoir de mettre mes affaires en bon état. Il faut que vous suppléiez où je manque, et que vous ne prétendiez pas exiger de moi certains soins qu'il ne m'est pas possible de donner à mes intérêts particuliers, que je suis en possession, il y a longtemps, et par mon naturel et par l'habitude, de négliger pour les affaires publiques.»
[403] Colbert reprochait surtout à Mazarin sa facilité à faire des promesses d'argent: «La campagne dernière, lui écrivait-il le 7 juin 1654, Votre Éminence a fait deux promesses de 22,000 livres chacune (je la conjure, s'il se peut, de n'en point faire celle-ci): l'une à M. le maréchal d'Estrées pour M. de Manicamp, l'autre à M. de Bordeaux. Pour celle-ci, j'espère que Votre Eminence la retirera.»
[404] C'est-à-dire _dépensé, employé à d'autres usages._
[405] B.I. MSS. F. Baluze.
[406] B.I.F. Gaignières, nº 2709. fº 107.
[407] Voy plus haut, p. 236.
[408] Journal inédit de 1648 à 1657 Bibl. imp. ms. nº 1238, D _bis_, n^os 170-171.
[409] _Mémoires du cardinal de Retz_. l. IV. p. 173.
[410] _Ibid._: p. 186
[411] Voy. plus haut, p. 254.
[412] _Mémoires de Retz_, ibid., p. 177 et suiv.
[413] _Ibid._, p. 195.
[414] _Ibidem._
[415] _Mémoires de Retz_. t. IV. p. 196-200.
[416] On trouvera tous les détails de cette fuite dans le tome IV des _Mémoires de Retz_.
[417] Pierre de Marca, auteur du traité _De concordia sacerdotii et imperii._
[418] On l'avait consulté probablement sur le moyen d'annuler l'autorité archiépiscopale de Retz.
[419] Cette église était située dans la _rue des Cordeliers_, qui porte maintenant le nom de _rue de l'École de Médecine_. Il y avait près de l'église Saint-Côme _l'école de Chirurgie_.
[420] Chanoine de la cathédrale de Paris, que l'on accusait d'avoir composé un libelle contre le cardinal Mazarin sous le titre de: _L'éducation du roi_.
[421] _Mémoires du cardinal de Retz, ibid._, I. IV, p. 349.
[422] Voy. plus haut, p. 219.
[423] Journal inédit de 1648 à 1657. ms. Bibl., imp., nº 1238 _bis_ D f^os 210-211
[424] _Mémoires de Gourville_ édit. Michaud et Poujoulat p. 517.
[425] _Mémoires de Gourville_ (édit. Michaud et Poujoulat, à l'année 1654.)
[426] _Ibidem._
[427] Journal ms de 1648 à 1657, cité plus haut. fº 313
[428] Voy. _Mémoires de Monglat_, à l'année 1635. Montglat, maître de la garde-robe, décrit avec exactitude le costume du roi.
[429] Voy. le Journal ms. de 1648 à 1657, cité plus haut, 1º 326 et suiv.
[430] La date de ces notes peut se déterminer approximativement par les personnages qui y figurent. Elles sont postérieures à la nomination du premier président Guillaume de Lamoignon, qui eut lieu en 1657, et antérieures à la disgrâce de Fouquet, qui est de 1661. C'est dans cet intervalle, à l'époque où Fouquet était encore procureur général, qu'elles ont été rédigées. On en trouve une partie dans le t. II de la _Correspondance administrative sous Louis XIV_.
[431] Il faudrait peut-être lire _de Loing_.
[432] Voy. une lettre de Colbert à Mazarin en date du 16 mai 1657.
[433] _Anc. lois franç._, t. XVII, p. 370.
[434] Ce Mémoire, manuscrit, se trouve dans les papiers de Fouquet conservés à la Bibl. imp., F. Baluze
[435] Ce Mémoire a été publié par M. Guizot dans son _Histoire de la République d'Angleterre_, t. I, p. 451-457. Il pense que ce Mémoire est de 1650; mais il est évident, d'après la manière dont l'auteur parle des troubles de la Fronde, qu'il s'agit d'événements déjà anciens
[436] Il s'agissait surtout, dans ce Mémoire, d'établir des relations de commerce entre la France et l'Angleterre
[437] Colbert veut parler des gouvernements d'Aunis et de Saintonge, qui appartenaient à Mazarin.
[438] Le duc de Vendôme était grand amiral de France et avait sous ses ordres l'amiral de Neuchèse.
[439] T. III, p. 349 et suiv.
[440] Fouquet parle ici des temps qui ont suivi la Fronde, et surtout des années 1657 à 1661.
[441] _Anc. lois franç._, t. XVII, p. 349. Forbonnais, _Recherches sur les finances_, t. I, p. 269-270.
[442] _Mémoires de Jean Witt_, deuxième partie, chap. VI.
[443] Forbonnais, _ibid._, t. I, p. 270.
[444] _Anc. lois franç._, t. XVII, p. 319.
[445] _Ibid._, p. 328.
[445a] Villacerf était un des intendants du cardinal, comme nous l'apprennent les _Mémoires de Gourville_.
[446] _Ibid._.
[447] _Ibid._, p. 369.
[448] _Ibid._
[448a] _Défenses_, t. III, p. 20-21.
[448b] _Ibid._, t. IV, p. 53.
[449] T. III, p. 29.
[450] C'est-à-dire pour entretenir pendant une année, la garnison de Brisach, dont le gouvernement appartenait à Mazarin.
[451] Dans le langage de cette époque, on appelait _biens sur le roi_, les aliénations de domaines royaux ou participation aux fermes d'impôts que certains particuliers obtenaient. Telles étaient les rentes sur les entrées ou octrois, dont il est question dans ce passage.
[452] Il y a dans le texte _pain de munion_; mais c'est sans doute une abréviation pour _munition_.
[453] Banquiers italiens auxquels Mazarin avait confié une partie de sa fortune.
[454] C'est ce que l'on appelle vulgairement un pot-de-vin. Le cardinal en prélevait sur les marchés passés avec les traitants. Sa correspondance ne laisse aucun doute à cet égard.
[455] Michel le Tellier était secrétaire d'État et chargé du département de la guerre.
[456] Un des commis de Colbert.
[457] _Idem._
[458] T. II, p. 25.
[459] _Mémoire de Colbert à Louis XIV_. manus. de la Bibl. imp., S. F., nº 3995. fº 3. Ce Mémoire a été publié en partie par M. Pierre Clément dans son _Histoire de Colbert_, et plus complètement par M. Joubleau.
[460] Conseil de finances.
[461] On appelait _aides_ les impôts établis sur le vin, les boissons et en général sur les denrées.
[462] Le _convoi de Bordeaux_ était un impôt spécial qu'on levait, à Bordeaux, sur les boissons transportées par mer. Il tirait son nom de ce que primitivement les négociants de Bordeaux étaient obligés de faire escorter les navires de commerce par des bâtiments armés en guerre, et payaient une taxe pour les frais de ce _convoi_ ou escorte. Dans la suite, les rois se chargèrent de faire escorter les navires de commerce, et pour subvenir aux dépenses, établirent une ferme spéciale de cet impôt, qui conserva le nom de _convoi de Bordeaux_.
[463] Journal inédit de 1648 à 1657. ms. de la Bibl. imp., nº 1238 E _bis_, fº 231.
[464] _Ibid._ fº 232.
[465] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 518.
[466] Voy. ci-dessus, p. 99.
[467] Voy. p. 81.
[468] Voy. p. 81-82.
[469] _Portrait de madame la duchesse de Châtillon peint par elle-même_. Cette manie de portraits était si généralement répandue, qu'un savant évêque, Huet, fit celui de quelques religieuses de son diocèse. On les trouve dans la collection de portraits de mademoiselle de Montpensier.
[470] Bussy-Rabutin dit également dans l'_Histoire amoureuse des Gaules_: «Elle avait les yeux noirs et vifs.» Mais il ajoute, ce qui n'est plus d'accord avec le portrait, _le front petit_.
[471] «Le nez bien, la bouche rouge, petite et relevée, le teint comme il lui plaisait, mais d'ordinaire elle le voulait avoir blanc et rouge.» Bussy-Rabutin, _ibid._
[472] Nous avons vu que l'indulgente madame de Motteville dit précisément le contraire.
[473] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit. Charpentier, t. II, p. 437-438.
[474] T. II, _ibid._
[475] Voy. plus haut, p. 173. M. Walckenaer, dans son intéressant ouvrage sur madame de Sévigné (t. I, p. 43), fait remonter les relations de l'abbé Fouquet et de madame de Châtillon jusqu'à l'époque où l'abbé fut prisonnier dans l'hôtel de Condé (avril 1652; voy. p. 71) et il ajoute que la prison de l'abbé Fouquet fut postérieure à la mort de mademoiselle de Chevreuse, qui n'eut lieu qu'en novembre 1652. Je ne m'arrêterais pas à relever ces contradictions si l'ouvrage de M. Walckenaer ne jouissait d'une réputation méritée de science et d'exactitude.
[476] Les _Mémoires de M^{***}_, qui font partie des collections de mémoires sur l'histoire de France, donnent beaucoup de détails sur les amours de la duchesse de Châtillon; mais cette compilation informe mérite peu de confiance. On ne saurait non plus ajouter foi aux _Amours des Gaules_ de Bussy-Rabutin. Mais les mémoires véridiques, tels que ceux de mademoiselle de Montpensier et de madame de Motteville, suffisent pour faire connaître la duchesse de Châtillon. Les lettres de l'abbé Fouquet et celles de Mazarin servent à compléter les renseignements authentiques sur une partie de la vie de cette dame. Je ne parle pas des _Mémoires de madame de Châtillon_; c'est une Å“uvre apocryphe composée par Senac de Meilhan.
[477] Voy. plus haut, p. 83.
[478] Journal inédit de 1648 à 1657, ms. de la Bibl., imp. 1238 (_bis_), E. L'auteur anonyme, qui est loin d'être un Frondeur, s'indigne de voir l'abbé Fouquet s'élever aussi haut: «Il fut malaisé de ne pas s'étonner que ledit sieur abbé Fouquet eut voulu porter son ambition si haut que de donner 400,000 livres d'urgent comptant de la charge de chancelier et garde des sceaux des ordres du roi, dont M. Servien était pourvu. Il n'en fit pourtant aucun scrupule et en prêta le serment entre les mains de Sa Majesté, le 11 de ce mois de décembre 1656, se souciant fort peu de toutes les conséquences que ses ennemis en pourraient tirer.» Cet auteur anonyme exprime probablement la véritable opinion des contemporains.
[479] Mademoiselle de Montpensier l'en accuse dans ses Mémoires (t. II, p. 438 de l'édition Charpentier). «On disait que c'était elle (la duchesse de Châtillon) qui avait tout découvert à l'abbé Fouquet dans l'affaire de ces deux hommes roués.»
[480] Entre autres M. Walckenaer dans l'ouvrage sur madame de Sévigné cité plus haut.
[481] Cette lettre se trouve dans un manus. de la Bibl. imp. F. Gaignières, nº 2799, fos 306 et 307, au milieu de lettres et de billets des deux Fouquet. Elle est en partie chiffrée, et on y trouve certaines indications ajoutées uniquement pour dérouter le lecteur. Je les ai supprimées.
[482] Ce Bouteville, frère de la duchesse de Châtillon, devint le maréchal duc de Luxembourg.
[483] Henri de Montmorency-Bouteville, dont il été question à la page précédente. Il avait suivi pendant la Fronde la fortune de Condé et partageait alors sa vie d'exil et d'aventures.
[484] Lettre de madame de Sévigné à Bussy-Rabutin, en date du 25 novembre 1655: «On dit que madame de Châtillon est chez l'abbé Fouquet. Cela paraît plaisant à tout le monde.»
[485] Nous ne suivrons pas Bussy-Rabutin dans tous les détails qu'il donne sur les ruses de la duchesse de Châtillon et les infortunes trop méritées de l'abbé Fouquet. C'est du roman ou tout au moins de la chronique scandaleuse; nous nous en tenons aux faits authentiques.
[486] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit. Charpentier, t. III. p. 225-226.
[487] La duchesse de Châtillon était de la branche de Montmorency-Bouteville. Son père était François de Montmorency-Bouteville, qui fut arrêté et exécuté sous Louis XIII, pour s'être battu en duel sur la place Royale, en plein jour.
[488] Le couvent des Filles de la Miséricorde était situé rue du Vieux-Colombier.
[489] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 226-227
[490] Cette foire se tenait alors rue de Tournon.
[491] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 225.
[492] Cette lettre a été publiée dans le _Bulletin de la Société de l'Histoire de France_, t. I, deuxième partie, p. 163.
[493] Lettre du 12 octobre 1678
[494] _Mémoires de Saint-Simon_, édit. Hachette, in-8, t. I p. 233.
[495] Lettre du 3 février 1695.
[496] Ce mémoire du conseiller d'État de la Fosse est adresse au chancelier Séguier et se trouve dans les papiers de ce dernier, t. XXXII, fº 145 et suiv. Bibl. imp., ms. Saint-Germain fr., nº 709.
[497] _Ibid._
[498] Les _Négociations du président Jeannin_ font partie de toutes les collections de mémoires relatifs à l'histoire de France.
[499] On trouve la preuve de ces faits dans le tome II du _Journal d'Olivier d'Ormesson_, où sont racontés les principaux événements du procès de Fouquet.
[500] _Mémoires_. édit. Hachette, in-8, t. XIV, p. 112.
[501] Journal inédit de 1648 à 1657. Bibl. imp., ms., nº 1238 (_bis_), E. fos 231-232.
[502] _Défenses_, t. III, p. 317-318, et 362-363.
[503] Journal ms. cité plus haut, _ibid._, fº 259.
[504] _Ibidem._
[505] On prononçait ainsi le nom de Charost.
[506] L'abbé Fouquet.
[507] On trouvera à l'Appendice le texte même du projet. Il a été publié en grande partie par M. P. Clément dans son _Histoire de Colbert_, p. 41 et suiv.
[508] _Défenses_, t. III, p. 347. Le nom de Foucquet, comme nous l'avons remarqué plus haut, signifie _écureuil_. Cet animal figurait dans les armes des Fouquet.
[509] Voy. plus haut, p. 349.
[510] L'authenticité de ce projet est incontestable, et Fouquet lui-même n'a jamais élevé aucun doute sur ce point.
[511] Cette lettre a été publiée dans les _Mémoires de Conrart_, p. 614, édit, Michaud et Poujoulat.
[512] Voy. entre autres les lettres du 9 décembre 1664 et du 29 avril 1672.
[513] On trouve dans les papiers de Fouquet (ms. de la Bibl. imp. F. Baluze) une lettre autographe de madame de Motteville à madame du Plessis-Bellière. Elle lui demande un service auprès de Fouquet: «Dans la confiance que j'ai en vostre bonté, Madame, je vous supplie très-humblement de me faire la grâce de dire de ma part à M. le surintendant que je le conjure de ne rien accorder aux habitants de Montereau, que premièrement je ne lui fasse voir ce que j'ai à lui demander et ce que je puis prétendre de sa protection avec justice et sans que personne s'en puisse plaindre. Je vous supplie, Madame, de lui dire cela le plus tost que vous pourrez, et que cette grâce que je lui demande, quoiqu'elle soit dans l'ordre, sera pourtant comptée par moi pour fort grande et je lui en serai infiniment redevable.»
[514] _Mémoires_, édit. Hachette, in-8, t. IV, p. 435. Annonçant sa mort, arrivée en 1705, il ajoute: «Madame du Plessis-Bellière, la meilleure et la plus fidèle amie de M. Fouquet, qui souffrit la prison pour lui et beaucoup de traitements fâcheux, à l'épreuve desquels son esprit et sa fidélité furent toujours. Elle conserva sa tête, sa santé, de la réputation, des amis jusqu'à la dernière vieillesse, et mourut à Paris chez la maréchale de Créqui, sa fille, avec laquelle elle demeuroit à Paris.»
[515] Ces faits sont constatés par le procès de Fouquet.
[516] On en trouva la preuve dans les papiers de Fouquet.
[517] Ces lettres sont autographes et conservées dans les manuscrits de la Bibl. imp. F. Baluze.
[518] Voici le texte de cette lettre:
«Monsieur.
«Du moment où j'ai vu par votre lettre que mes signes n'étoient bons à rien, j'envoyai une chaloupe trouver M. d'Asserac pour avoir de lui ce que vous souhaitez. Je vous enverrai un courrier exprès porter ce qui en viendra, et je crois que je le suivrai d'assez près, n'ayant plus qu'à vendre pour cent mille francs de terre pour faire la somme qu'il faut que je porte. Cependant, monsieur, je vous supplie de croire que j'ai toute la reconnoissance que je dois des bontés que vous avez pour moi. Je suis persuadée que vous me les continuerez jusqu'au bout, vous connoissant aussi généreux que vous êtes et étant fort sure que jamais ma conduite ne m'en rendra indigne, et que je serai toute ma vie très-sincèrement,
«Monsieur,
«Votre très-humble et obéissante servante,
«PÉLAGIE DE RIEUX.»
Au dos on lit:
_Monsieur_,
_Monsieur le Procureur général._
[518a] Au dos:
_Monsieur_,
_Monsieur le Surintendant._
[519] Voy. pour la preuve de ces faits un Mémoire du conseiller d'État de la Fosse, à l'Appendice.
[520] Ce sont les termes mêmes du Mémoire du conseiller d'État.
[521] Voy. le portrait de la Rochefoucauld peint par lui-même, dans la galerie des _Portraits de Mademoiselle_. Ce portrait est de 1659
[522] _Mémoires_, édit. Hachette, in-8, t. XI, p. 37.
[523] _Mémoires de Saint-Simon_, édit. Hachette, in-8, t. I, p. 141 et suiv.
[524] La partialité du portrait tracé par Saint-Simon est trop frappante pour qu'il soit nécessaire d'insister sur ce point. On sait d'ailleurs que le duc de Saint-Simon avait eu contre lui Achille de Harlay dans un procès qu'il soutenait contre le maréchal de Luxembourg; cette circonstance suffit pour expliquer son ressentiment.
[525] Il est appelé _Guinan_ dans les _Défenses_. On trouve ailleurs la forme _Guinaut_ ou _Quinaut_.
[526] Voy. plus haut, p. 307.
[527] _Défenses_, t. II, p. 19 et suiv.
[527a] _Mémoires de Bussy-Rabutin_ (édit. Charpentier), t. II, p. 49-50, et 84-86.
[527b] Ce fait ne se trouve pas dans les _Mémoires de Henri-Louis de Loménie de Brienne_, publiés par M. F. Barrière; mais dans des Mémoires inédits où le jeune Brienne raconte ses voyages en Allemagne, en Hollande, en Danemark, Suède, Laponie, Prusse, Pologne, Italie. Voici le passage où il est question de l'offre de Fouquet. Brienne était alors en Courlande, on lui offre la fille du duc, et la princesse elle-même agrée le projet de mariage. «Enfin, dit l'auteur, pour rompre le discours, qui toutefois ne pouvoit me déplaire, mais qui m'embarrassoit pour m'être trop avantageux, je m'avisai de dire en souriant: _Ma foi, je perdrois trop à ce marché. Je serois prince, il est vrai, sans principauté; mais je ne serois plus aussi secrétaire d'État de Sa Majesté très-chrétienne, le roi mon maître. Et savez-vous, belle et généreuse infante, que ma charge vaut mieux que toute la Courlande, en y joignant la Samogitie?_ Et je crois que cela étoit vrai à la lettre, puisqu'en ce temps j'aurois pu en avoir deux millions quatre cent mille livres de M. Fouquet.» Les Mémoires, d'où ce passage est extrait sont autographes.
[527c] Il faudrait lire, je crois, Villesavin.
[527d] Cité par M. Pierre Clément, _Hist. de Colbert_, p. 30.
[528] Loret a mis en note: _M. Fouquet, surintendant des finances et procureur général au parlement_.
[529] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 588.
[530] _Mémoires de Gourville_, p. 524 et suiv., édit. Michaud et Poujoulat.
[530a] Voy. plus haut, p. 330.
[530b] _Mémoires de Gourville_, p. 524.
[531] _Mémoires de Bussy-Rabutin_, édit. Charpentier, t. II, p. 86-87.
[532] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, éd. Charpentier, t. II, p. 163.
[533] Voy. plus haut, p. 252-253.
[534] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 19.
[535] _Ibid._, p. 86.
[536] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 87.
[537] _Ibidem._
[538] _Ibid._, p. 88-91.
[539] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_. p. 91.
[540] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 357.
[541] _Ibid._, p. 358.
[542] Jeanne-Françoise du Plessis-Liancourt fut mariée à François de la Rochefoucauld, le 13 novembre 1659.
[543] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, ibid., p. 365.
[544] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 265.
[544a] Défenses, t. III. p. 327.
[545] _Défenses_, p. 331.
[546] _Ibid._, t. III. p. 338.
[547] _Défenses_ 1. III. p. 200.--M. P. Clément a publié de nouveau le texte de ce billet dans son _Hist. de Colbert_, p. 30.
[548] _Défenses_, _Ibid._, p. 314 et 315.
[549] P. 364-367.
[550] _Défenses_, _ibid._, p. 315-316.
[551] _Défenses_, t. III, p. 343.
[552] _Ibid._, p. 347.
[553] Voy. p. 373-374.
[554] Ces lettres autographes sont conservées à la Bibl. imp. dans les papiers de Fouquet. F. Baluze.
[555] _Défenses_, _ibid._, p. 357.
[556] _Défenses_, t. III, p. 358.
[557] _Ibid._, p. 354.
[558] Les lettres de mademoiselle de Treseson sont conservées à la Bibliothèque impériale. L'interprétation présente des difficultés qui tiennent à un système alors fort usité pour déguiser les noms des personnages et des villes; Fouquet s'appelle _M. le Baron_; mademoiselle de Treseson, _mademoiselle de Bel-Air_; madame du Plessis-Bellière, _madame du Ryer_; le roi Louis XIV, _M. le Président_; la duchesse de Savoie, _madame Aubert_; le cardinal Mazarin, _M. le Conseiller_; le duc de Savoie, _M. Duclos_; sa sÅ“ur Marguerite, _mademoiselle le Roy_, etc. J'ai fait disparaître ces pseudonymes dans les lettres que je publie; ils ne serviraient qu'à dérouter et fatiguer le lecteur.
[559] Édit. Charpentier, t. III. p. 306.
[560] C'est ce qu'en dit mademoiselle de Montpensier: «Je lui trouvai de l'esprit plus que de la beauté.» (_Ibid._, p. 317.)
[561] «Elle montra à la reine une de ses filles, nommée Treseson, qui est Françoise, de la province de Bretagne, dont M. de Savoie étoit amoureux.» (_Ibid._, p. 311.)
[562] Marguerite de Savoie devant (on le supposait du moins) devenir reine de France, mademoiselle de Treseson l'aurait accompagnée en France, comme fille d'honneur.
[563] Il s'agit du voyage de Lyon, où les cours de France et de Savoie devaient se rencontrer
[564] Mademoiselle de Montpensier attribue les mêmes pressentiments à Marguerite de Savoie: «L'on disoit que Madame Royale avoit fait ce voyage contre l'avis de sa fille, qui la pria, à Chambéry, de la laisser, et de ne l'exposer point à un refus.» (_Mémoires. ibid._, p. 318.)
[565] Mademoiselle de Montpensier parle aussi des présents que la duchesse de Savoie avait faits à mademoiselle de Treseson: «Elle (mademoiselle de Treseson) me conta que Madame Royale lui avait donné des perles, des pendants d'oreilles qu'elle avoit, assez raisonnables.» (_Ibid._, p 317.)
[566] Vieille tournure, pour _si je ne m'imaginais que_...
[567] _Mémoires, ibid._, p. 313 et suiv.
[568] _Mémoires, ibid._, p. 307.
[569] _Ibid._, p. 313.
[570] Christine de France, duchesse douairière de Savoie.
[571] Le mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse, fille de Philippe IV.
[572] _Mémoires, ibid._, p. 323.
[573] On sait quelle était au dix-septième siècle la force des mots _ennui_ et _ennuyeuse_.
[574] Françoise de France, fille de Gaston d'Orléans et de Marguerite de Lorraine, fut en effet mariée, le 4 mais 1663, avec le duc de Savoie Charles-Emmanuel.
[575] Mademoiselle dit dans ses _Mémoires_ (_ibid._, p. 366) que mademoiselle de Treseson fut la principale cause du mariage de sa sÅ“ur avec le duc de Savoie. Elle parle avec un ressentiment assez visible de la jeune Bretonne, qu'elle traite de «_maîtresse de M. de Savoie_.»
[576] La paix des Pyrénées se négociait à cette époque, et fut signée le 7 novembre 1659.
[577] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, _ibid._, III, 566.
[578] _Ibid._, p. 452.
[579] Ces vers n'ont été imprimés qu'en tête de la tragédie d'_Å’dipe_, publiée en 1659; mais ils paraissent antérieurs. Le poëte demande au surintendant de lui désigner les noms qu'il veut immortaliser, et ce fut alors que Fouquet lui proposa trois sujets de tragédie.
[580] On voit également, par un passage des poésies de la Fontaine, que nous citerons au chapitre suivant, que c'était dans la bibliothèque de Saint-Mandé qu'il attendait une audience de Fouquet, et que cette bibliothèque était remplie de curiosités réunies à grands frais de toutes les parties du monde.
[581] L'Å’dipe de Corneille eut, en effet, un succès qui ne s'est pas soutenu. Voici ce qu'en dit Loret dans sa lettre du 25 janvier 1659:
Monsieur de Corneille l'ainé Depuis peu de temps a donné A ceux de l'hôtel de Bourgogne Son dernier ouvrage, ou besogne. Ouvrage grand et signalé, Qui l'Oedipe est intitulé; Ouvrage, dis-je, dramatique, Mais si tendre et si pathétique. Que, sans se sentir émouvoir, On ne peut l'entendre ou le voir. Jamais pièce de cette sorte N'eut l'élocution si forte: Jamais, dit-on, dans l'univers, On n'entendit de si beaux vers.
Je n'y fus point, mais on m'a dit Qu'incessamment on entendit Exalter cette tragédie, Si merveilleuse et si hardie, Et que les gens d'entendement Lui donnoient, par un jugement Fort sincère et fort équitable, Le beau titre d'inimitable.
[582] Corneille répète les mêmes choses, presque dans les mêmes termes, dans son _Examen d'Å’dipe._
[583] _Sertorius_ parut en 1662 et _Othon_ en 1664. Il est curieux de voir à quel point la haine altéra dans la suite les actes les plus honorables de Fouquet et chercha à s'en faire des armes contre lui. L'abbé d'Aubignac accuse le surintendant d'avoir prodigué les trésors de l'État pour ramener Corneille aux «jeux de la scène, et celui-ci de n'avoir répondu à de si folles prodigalités que par un ouvrage composé uniquement pour diminuer «les tendresses et le respect que nous devons à nos rois.»
[584] Fontenelle indique dans la _Vie de Corneille_ deux des sujets proposés par le surintendant (_Å’dipe_ et _Camma_); mais il ne cite pas le troisième.
[585] Je dois les indications sur les relations de Thomas Corneille avec Fouquet à un de mes amis, M. Delzons, professeur de l'Université, qui joint à un goût délicat une connaissance approfondie de la poésie du dix-septième siècle.
[586] Voy. _l'Étude sur Pellisson_, par M. Marcou, 1 vol. in-8 (Paris. 1859, chez Didier et Durand).
[587] Voy. sur ces personnes les _Historiettes de Tallemant des Réaux_, et la _Société franç. au dix-septième siècle_, par M. Cousin, t. II, p. 244 et suiv.
[588] Cette lettre est citée dans la _Société franç. au dix-septième siècle_, etc. t. II, p. 475. Elle prouve que ce ne fut pas chez mademoiselle de Scudéry que Pellisson fit la connaissance de madame du Plessis-Bellière, comme on l'a répété dans plusieurs ouvrages. C'est lui, au contraire, qui mène son amie chez la parente du surintendant.
[589] Mademoiselle de Scudéry.
[590] Nicolas Fouquet avait alors son hôtel rue du Temple.
[591] Tallemant, _Historiettes_, 413-414; Marcou, _Étude sur Pellisson_, p. 171 et suiv.
[592] Armand du Plessis, cardinal de Richelieu.
[593] On trouve dans les mss. Conrart, in-fº, t. XI. p. 153, un billet attribué à Fouquet avec cette indication: _Lettre du sieur Fouquet à une dame, corrigée de la main de Pellisson_. Mais ces prétendues lettres de Fouquet sont pour la plupart apocryphes. Ce billet, que les contemporains prétendent adressé à mademoiselle de la Vallière, n'a rien de remarquable. En voici le texte d'après Conrart: «Puisque je fais mon unique plaisir de vous aimer, vous ne devez pas douter que je ne fasse toute ma joie de vous satisfaire. J'aurais pourtant souhaité que l'affaire que vous avez désirée fût venue purement de moi; mais je vois bien qu'il faut qu'il y ait toujours quelque chose qui trouble ma félicité, et j'avoue, ma chère demoiselle, qu'elle serait trop grande, si la fortune ne l'accompagnait quelquefois de quelque traverse. Vous m'avez aujourd'hui causé mille tentations en parlant au roi; mais je me soucie fort peu de ses affaires, pourvu que les nôtres aillent bien.»
[594] La carte du _pays de Tendre_, telle que mademoiselle de Scudéry l'a donnée dans la _Clélie_, mérite d'être citée. Elle suffit pour donner une idée de cette littérature des _précieuses_: «La première ville située au bas de la carte du _pays de Tendre_ est _Nouvelle-Amitié_. Comme on peut avoir de la tendresse par trois causes différentes, ou par une grande estime, ou par reconnoissance, ou par inclination, on y a établi trois villes de Tendre sur trois rivières, qui portent trois noms, et on a fait aussi trois routes différentes pour y aller, si bien que comme on dit Cumes sur la mer d'Ionie et Cumes sur la mer Tyrrhène, on dit aussi _Tendre-sur-Inclination, Tendre-sur-Estime_ et _Tendre-sur-Reconnoissance_. Cependant comme Clélie a présupposé que la tendresse qui naît par inclination n'a besoin de rien autre chose pour être ce qu'elle est, elle n'a mis nul village le long de ses rives pour aller de _Nouvelle-Amitié_ à _Tendre_. Mais pour aller à _Tendre-sur-Estime_, il n'en est pas de même; car Clélie a ingénieusement mis autant de villages qu'il y a de petites et de grandes choses qui peuvent contribuer à faire naître par estime cette tendresse dont elle entend parler. En effet, vous voyez que de _Nouvelle-Amitié_ on passe à un lieu qu'on appelle _Grand-Esprit_, parce que c'est ce qui commence ordinairement l'estime. Ensuite, vous voyez ces agréables villages de _Jolis-Vers_, de _Billet-Galant_ et de _Billet-Doux_, qui sont les opérations les plus ordinaires du grand esprit dans le commencement d'une amitié. Ensuite, pour faire un plus grand progrès dans cette amitié, vous voyez _Sincérité, Grand-CÅ“ur, Probité, Générosité, Respect, Exactitude et Bonté_, qui est tout comme _Tendre_. Après cela il faut retourner à _Nouvelle-Amitié_, pour voir par quelle route on va de là à _Tendre-sur-Reconnaissance_. Voyez donc, je vous prie, comment il faut aller de _Nouvelle-Amitié_ à _Complaisance_, ensuite à ce petit village qui se nomme _Soumission_, et qui en touche un autre fort agréable qui se nomme _Petits-Soins_. De là il faut passer par _Assiduité_, et à un autre village qui s'appelle _Empressement_, puis à _Grands-Services_, et pour marquer qu'il y a peu de gens qui en rendent de tels, ce village est plus petit que les autres. Ensuite il faut passer à _Sensibilité_. Après, il faut, pour arriver à _Tendre_, passer par _Tendresse_. Ensuite il faut aller à _Obéissance_, et pour arriver enfin où l'on veut aller, il faut passer à _Constante-Amitié_. Mais comme il n'y a pas de chemin où l'on ne puisse s'égarer, Clélie a fait que si ceux qui vont à _Nouvelle-Amitié_ prenaient un peu plus à droite ou un peu plus à gauche, ils s'égareroient aussi. Car, si au partir de _Grand-Esprit_ on alloit à _Négligence_, qu'ensuite, continuant cet égarement, on allât à _Inégalité_, de là à _Tiédeur_, à _légèreté_ et à _Oubli_, au lieu de se trouver à _Tendre-sur-Estime_, on se trouveroit au lac d'_Indifférence_, qui, par ses eaux tranquilles, représente sans doute fort juste la chose dont il porte le nom en cet endroit. De l'autre côté, si, au partir de _Nouvelle-Amitié_, on prenoit un peu trop à gauche, et qu'on allât à _Indiscrétion_, à _Perfidie_, à _Orgueil_, à _Médisance_ ou à _Méchanceté_, au lieu de se trouver à _Tendre-sur-Reconnoissance_, on se trouveroit à la _Mer-d'Inimitié_, où tous les vaisseaux font naufrage. La rivière d'_Inclination_ se jette dans une mer qu'on appelle la _mer Dangereuse_, et ensuite au delà de cette mer, c'est ce que nous appelons _terres inconnues_, parce qu'en effet nous ne savons point ce qu'il y a. _Clélie_, (édit. de 1660, in-8 t. I, p. 399 et suiv.)
[595] Mss. de la Bibl. imp., F. Baluze. Ces lettres ont été publiées, mais incomplètement, par M. Marcou, dans son _Étude sur Pellisson_.
[596] Cette lettre est probablement des premiers jours de septembre 1661.
[597] Il est question dans les _Mémoires de Huet_ d'un Jacques Graindorge de Prémont, qui se faisait remarquer par ses études sur les antiquités romaines et la numismatique. Je ne sais si c'est celui dont parle mademoiselle de Scudéry.
[598] Le comte Tott ou du Tot était ambassadeur de Suède en France. Il était arrivé à Fontainebleau au mois de juillet. Loret en parle ainsi dans sa _Gazette_ ou _Muse historique_, du 31 juillet 1661:
Le grand comte Tot, qui ne cède A pas un des grands de Suède En ce que doit avoir d'honneur Tout brave et généreux seigneur, C'est-à-dire en esprit, courage. Grâce, politesse et lignage. Lundi dernier, jour assez beau, Arriva dans Fontainebleau, Suivi d'une nombreuse presse De gens de cour et de noblesse, Desquels tous il fut escorté Par ordre de Sa Majesté.
[599] Marie-Éléonore de Rohan, abbesse de la Sainte-Trinité de Caen. Elle figure parmi les _précieuses_ de cette époque. Voyez son portrait peint par elle-même dans la galerie des _Portraits de Mademoiselle_.
[600] Il est question d'une demoiselle Boquet et de sa sÅ“ur dans le _Dictionnaire des Précieuses_ de Somaize: «Bélise (mademoiselle Boquet et sa sÅ“ur sont deux précieuses âgées qui jouent fort bien du luth, et qui ont une grande habitude à toucher les instruments. Elles logent aussi au quartier de l'Éolie au Marais), qui est le lieu où les précieuses font le plus de bruit.»
[601] Il m'est impossible de déterminer avec précision la position de cette maison de campagne. Elle parait avoir été située sur les bords de la Seine et à peu de distance de Fontainebleau.
[602] Il s'agit ici de mademoiselle de la Motte d'Argencourt, qui venait d'être expulsée de la cour. Voy. les _Mémoires de madame de Motteville_, à l'année 1661, ainsi que les _Mémoires de la Fare_ et ceux du jeune Brienne. On a souvent confondu cette fille d'honneur de la reine avec mademoiselle de la Mothe-Houdancourt, qui fut un instant recherchée par Louis XIV.
[603] Femme d'un des commis du surintendant.
[604] On trouve dans les papiers de Conrart à la bibliothèque de l'Arsenal (t. XI, in-fº, p. 187) un portrait de M. Méringat ou Mérignat, écrit par lui-même.
[605] Nicolas de Nicolaï fut premier président de la chambre des comptes, de mars 1656 à février 1686.
[606] Philippe de France, frère de Louis XIV.
[607] Henriette de Coligni, comtesse de la Suze, née en 1618, morte en 1671. Mademoiselle de Scudéry en a fait un éloge pompeux dans la _Clélie_. Hésiode, endormi sur le Parnasse, voit en songe les Muses, et Calliope lui montre les poëtes qui naîtront dans la suite des âges. A l'occasion d'Henriette de Coligni, la Muse s'exprime ainsi: «Regarde cette femme qui t'apparoît: elle a, comme tu vois, la taille de Pallas et sa beauté, et je ne sais quoi de doux, de languissant et de passionné, qui ressemble assez à cet air charmant que les peintres donnent à Vénus. Cette illustre personne sera d'une si grande naissance, qu'elle ne verra presque que les maisons royales au-dessus de la sienne. Sache qu'elle naîtra encore avec plus d'esprit que de beauté, quoiqu'elle doive, comme tu vois, posséder mille charmes. Elle aura même une bonté généreuse qui la rendra digne de toutes les louanges, sans te parler de tant d'autres admirables qualités que le ciel lui prodiguera. Apprends seulement qu'elle te fera des élégies si belles, si pleines de passion, et si précisément du caractère qu'elles doivent avoir, qu'elle surpassera tous ceux qui l'auront précédée et tous ceux qui la voudront suivre.» Henriette de Coligni fut mariée, en 1643, à Thomas Hamilton, comte d'Hadington ou Adington, et devint veuve peu de temps après. Elle épousa en secondes noces le comte de la Suze, qui était calviniste. Henriette de Coligni, petite-tille de l'amiral de Coligni, était de la même religion; mais, en 1655, elle se fit catholique, «afin, disait la reine Christine, de ne voir son mari ni dans ce monde ni dans l'autre.» Elle demanda, en effet, la rupture de son mariage avec le comte de la Suze, et l'obtint en 1661. C'est à cet événement que mademoiselle de Scudéry fait allusion dans la lettre à Pellisson. On a sous le nom de madame de la Suze, des recueils de vers qui ne justifient pas les éloges des contemporains.
[608] Catherine Belier, femme de chambre de la reine Anne d'Autriche.
[609] Il était l'amant de mademoiselle de la Motte d'Argencourt, comme on le voit par les Mémoires du jeune Brienne.
[610] Rémond du Mas était, comme la Bastide, un des commis de Fouquet.
[611] Paris, 1659.
[612] Cette pièce se trouve dans les mss. de Conrart à la Bibl. de l'Arsenal (t. XI, in-fº, p. 151), avec d'autres billets dont nous examinerons l'authenticité lorsqu'il sera question de la cassette de Fouquet. La transcription est de l'époque de Conrart, mais c'est une main plus moderne qui, en haine de madame de Maintenon, a attribué ce billet à madame Scarron: «Je hais le péché, mais je hais encore plus la pauvreté. J'ai reçu de vous dix mille ecus; si vous voulez encore en apporter dix mille dans deux jours, je verrai ce que j'aurai à faire; je ne vous défends pas d'espérer.» Conrart dit, dans une note, qu'il croit ce billet écrit par madame de la Baulme. Les ennemis mêmes de madame de Maintenon ne lui ont jamais refusé une certaine pruderie de style qui contraste avec le ton de ce billet.
[613] Je regrette de ne pas pouvoir donner le texte des lettres de madame Scarron d'après l'édition que prépare H. Lavallée. Je n'ai à ma disposition que celle de la Beaumelle.
[614] Cette lettre porte la date du 18 janvier 1660.
[615] Voy. l'_Histoire de la vie et des ouvrages de J. de la Fontaine_, par M. Walckenaer (1 vol. in-8, Paris, 1854.)
[616] On donnait le titre de _Monseigneur_ au surintendant. Voy. la _Dédicace_ en tête de l'_Å’dipe_ de P. Corneille.
[617] C'était le nom que l'on donnait alors au trésor public.
[618] Pour assignée. On appelait alors _assignations_ les mandats sur le trésor.
[619] Me servira de garant, de caution.
[620] Quelle est la personne désignée sous le nom d'Iris? Il n'est pas facile de suivre les volages amours de la Fontaine. Il est probable cependant qu'il s'agit ici de Claudine Colletet, qui se piquait elle-même de poésie. Voy. l'_Histoire de la vie et des ouvrages de J. de la Fontaine_, par M. Walckenaer.
[621] Jules Mazarin, qui venait de conclure la paix des Pyrénées.
[622] Ce mot s'employait alors dans le sens de débat et querelle.
[623] Marie-Thérèse d'Autriche, que Louis XIV épousa à Saint-Jean de Luz, le 9 juin 1660.
[624] Voy. plus haut.
[625] C'est-à-dire assignée sur un bon fonds. On a vu plus haut que les surintendants donnaient quelquefois des assignations, ou mandats du payement, sur des fonds déjà épuisés.
[626] Il s'agit toujours de la paix des Pyrénées, qui fut suivie du mariage du roi avec l'infante d'Espagne.
[627] Vieux mot qui signifiait l'abondance et l'impétuosité. On disait que le sang coulait d'une blessure à _gros randons_.
[628] Je renvoie le lecteur à ces pièces qui se trouvent dans toutes les éditions complètes de la Fontaine.
[629] Ces manuscrits sont conservés à la Bibl. de l'Arsenal. Il y a deux collections, l'une in-4º, l'autre in-fº. Il est question ici de la collection in-fº.
[630] Ce rapport autographe se trouve à la Bibl. imp., ms. F. Gaignières, nº 2799, fº 302, rº.
[631] Manusc. de la Bibl. Mazarine, n° 1719, t. III, f° 403. recto.
[632] Il s'agit ici des Pays-Bas espagnols, qui correspondent, à peu près, au royaume actuel de Belgique.
[633] Voy. les _Négociations relatives à la succession d'Espagne_, par M. Mignet t. I, p. 178.
[634] _Histoire de France_, 4e édit., t. XII, p. 252 et suiv.
[635] La correspondance de cet ambassadeur fait partie des manuscrits de la Bibl. imp.
[636] «Ils ont éprouvé, dit l'auteur du Mémoire, que les François ne peuvent oublier leur nature libre et leur familiarité trop grande dans la pratique de leurs femmes, et la conversation qu'on ne leur peut ôter, point si sensible aux régnicoles et à toute l'Italie, que la moindre chose en cela les offense en honneur et la réputation.»
[637] L'intention de tenir le traité secret était si formelle, qu'il était recommandé à l'intendant de l'armée, auquel on remit le document chiffré, «de le déchiffrer lui-même sans la participation de qui que ce soit.»
[638] La princesse de Carignan, femme du prince Thomas de Savoie, était sÅ“ur du comte Louis de Soissons, tué à la bataille de la Marfée, en 1641.
[639] Bibl. imp., mss. F. Saint-Germain fr., nº 709, t. XXXII, fº 145. Autographe. Le conseiller de la Fosse était un des commissaires chargés de faire l'inventaire des papiers de Saint-Mandé.
[640] Le mariage n'eut lieu qu'en 1657. Voy. p. 357.
[641] Il semble qu'il y a ici erreur. La marquise d'Asserac était de la maison de Rieux, et signait PÉLAGIE DE RIEUX. Voy. p. 364-365.
[642] Abel Servien était mort au mois de février 1659.
[643] L'inventaire était fait à Saint-Mandé par les conseillers d'État de Lauzon et de la Fosse, et le maître des requêtes Poncet.
[644] Fº 85 du même manuscrit.
[645] C'est-à-dire avec des corrections en interligne. Ces corrections ont été mises en note dans notre reproduction du projet.
[646] Fouquet a ajouté en interligne dans la rédaction de 1658: _à mon frère l'Abbé, qui s'est engagé peut-estre trop légèrement, puisqu'il n'a pas de titre pour cela, contre M. le Prince_.
[647] Addition de 1658 en interligne: _qui confondent toute la famille et attendent_, etc.
[648] Fouquet a effacé, en 1658, ces mots _en mon frère l'abbé_ et y a substitué _en mes frères_.
[649] Le mot _proches_ a été effacé en 1658 et remplacé par _amis_.
[650] Fouquet a effacé toute cette phrase, depuis: _et que mon frère l'abbé n'y fust pas_, et y a substitué la suivante en 1658: _et que mon frère l'abbé, qui s'est divisé dans les derniers temps d'avec moy mal à propos, n'y fust pas et qu'on le laissent en liberté, il foudroit doubter qu'il eust esté gagné contre moy, et il seroit plus à craindre en cela qu'aucun autre. C'est pourquoi le premier ordre seroit d'en advertir un chacun, estre sur ses gardes et observer sa conduite_.
[651] Cette phrase a été remplacée par la suivante: _Si j'estois donc prisonnier et que l'on eust la liberté de me parler, je donneray les ordres se là_, etc.
[652] Note ajoutée par les commissaires: _Ce la Vallée est le valet de chambre_ qui sert M. Fouquet à Vincennes.
[653] Bruant des Carrières, un des principaux commis de Fouquet.
[654] Le sieur Pecquet, médecin, est auprès de Fouquet depuis sa détention. (_Note des commissaires_.)
[655] Cette phrase, _qu'il m'a dit avoir sur M. de Bellebrune, gouverneur de Hesdin_, été rayée et remplacée par celle-ci: _qu'il a sur le commandant du Havre_.
[656] Cette phrase a été modifiée dans la seconde rédaction, depuis _comme du Fresne_ jusqu'à _dans Ham_, et remplacée par la suivante: _dans Bellisle, M. de Brancas, auquel je me confie entièrement, auroit la principale conduite de tout avec madame du Plessis_.
[657] Les derniers mots de la phrase, depuis _tant de sa compagnie_, ont été supprimés.
[658] La seconde rédaction porte en interligne: _Bellisle et Concarnau_, au lieu de _Ham_ qui a été effacé.
[659] Cette phrase, depuis: _et que M. le marquis d'Hocquincourt_, a été biffée et remplacée par celle-ci: _et que M. le mareschal de la Meilleraye, quoiqu'il m'ait donné parole d'estre dans mes intérests envers et contre tous en présence de M. de Brancas et de madame du Plessis, n'en useroit peut-estre par trop bien, il faudrait advertir Deslandes de prendre des hommes le plus qu'il pourroit, sans faire néantmoins rien de mal à propos_. On doit se rappeler que le marquis d'Hocquincourt avait remplacé le maréchal, son père, comme gouverneur de l'éronne, que le maréchal de la Meilleraye était gouverneur de Bretagne, et Deslandes, gouverneur de Concarneau. La substitution de Belle-Isle à Ham a rendu ces changements nécessaires dans la suite du projet.
[660] Ce paragraphe a été complètement supprimé.
[661] Il y avait, dans la première rédaction, _au Croisil_ (auj. Croisic).
[662] Tombelaine est une petite île située près du mont Saint-Michel. Dans la seconde rédaction, Fouquet a remplacé _à Concarnau et Tombelaine_ par ces mots: _faire accommoder Saint-Michel et Tombelaine_.
[663] Fouquet a remplacé ce membre de phrase par le suivant: _Il serait important que ceux qui commandent dans Saint-Michel et Tombelaine soient advertis de s'y tenir_.
[664] Dans la seconde rédaction ces mots, _dans l'abbaye du Pont-aux-Dames_, ont été biffés et remplacés par cette phrase: _qu'elle allait s'enfermer quelque temps dans la citadelle d'Amiens ou de Verdun_.
[665] Cette phrase a été ainsi modifiée: _n'a pas de luy-mesme toute la circonspection nécessaire_.
[666] Fouquet a changé ainsi cette phrase: _M. de Brancas, MM. de Langlade et de Gourville m'ont beaucoup d'obligation_.
[667] Ce mot a été effacé dans la seconde rédaction et remplacé par _Bellisle_.
[668] Ici commence la partie du projet écrite en 1658, après l'acquisition de Belle-Isle, et où le nom de cette place se trouve dans le corps même de l'écrit.
[669] On écrit ordinairement _Neuchèse_.
[670] Fouquet avait ajouté: _ou au Havre_; mais il a effacé ces mots.
[671] Ce nom a été ajouté en interligne.
[672] Louis Fouquet, alors coadjuteur de l'évêque d'Agde, était en même temps conseiller du parlement de Paris.
[673] François Fouquet, qui n'était encore en 1658 que coadjuteur de l'archevêque de Narbonne.
[674] Fouquet a remplacé _ses cinq_ par _quelques_.
[675] Fouquet a ajouté en interligne _et chez M. de Bournonville_.
[676] C'est-à-dire _de la première chambre des enquêtes_.
[677] La phrase a été copiée textuellement. Fouquet veut dire sans doute que M. Amproux connait bien les usages du parlement et y peut servir pour toutes choses.
[678] Les protestants.
[679] Fº 94 du même volume.
[680] Papiers de Fouquet, Bibl. imp., F. Baluze, t. II, p. 249. Au dos: _Monsieur le Procureur général_.
[681] _Å’uvres de la Fontaine_, édit. Walckenaer, t. VI, p. 350 et suiv. Paris. Lefèvre, 1828.
[682] L'ordonnance qui nomme Nicolas Fouquet seul surintendant des finances se trouve dans le journal de Foucault, déjà cité, t. VIII.
[683] Probablement _preuve de capacité_. On dit encore _faire ses preuves_.
[684] Cette maison, située rue Saint-Antoine, est aujourd'hui le lycée Charlemagne.
[685] L'archevêque de Rouen était, à cette époque, Harlay de Chanvalon, qui devint, dans la suite, archevêque de Paris.
[686] Prince de Conti, frère du prince de Condé.
[687] Gouverneur de Narbonne.
[688] Barthélémy Hervart, ou d'Hervart, était un des plus riches financiers de cette époque. Il avait obtenu la faveur de Mazarin en lui avançant des sommes considérables pendant la Fronde.
[689] Archives des affaires étrangères, FRANCE, t. CLXVII, pièce 172.
[690] Je n'ai sous les yeux que l'édition défectueuse donnée par la Beaumelle (Amsterdam, 1756, in-12), t. I, p. 25.
[691] Frère de Louis XIV, qui porta plus tard le titre de duc d'Orléans.
[692] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 525.
[693] «Ces avis (il s'agit de lettres et avis adressés à Fouquet), et entre autres un de 1659, contiennent tout le dessein du sieur Colbert, en la manière qu'il s'est exécuté depuis et s'exécute encore à présent. C'est une pièce principale, que j'ai montrée à plusieurs personnes, qui porte tout le détail du complot, et particulièrement que Colbert faisoit de grandes instances auprès de Son Éminence pour m'ôter mon emploi et faire résoudre une chambre de justice, dont il seroit le maître.» (Défenses, t. II, p. 26.)
[694] Mazarin s'était rendu dans cette ville pour négocier avec don Louis de Haro.
[695] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 525-526.
[696] _Ibid._ p. 526.
[697] Voy. la lettre de Bartet au chapitre suivant.
[698] Gourville ne parle pas de ce voyage de Fouquet à Saint-Jean-de-Luz; mais la lettre du cardinal à Colbert, en date du 20 octobre 1659, ne laisse aucun doute sur ce point. On sait d'ailleurs, par les lettres de Mazarin au roi et à la reine, en date du 20 octobre 1659, que Fouquet resta trois jours avec Mazarin à Saint-Jean-de-Luz, du 17 au 20 octobre, et repartit ensuite pour Bordeaux, où il rejoignit la cour et l'accompagna à Toulouse.
[699] Cette lettre de Mazarin à Colbert a été publiée, sans date, dans les _Documents historiques tirés de la Bibliothèque impériale_ (Collection des _Documents inédits_), t. II, p. 501 et suivantes. La date de cette lettre est déterminée par la réponse de Colbert. M. Pierre Clément a réimprimé ces deux lettres dans son _Histoire de Colbert_.
[700] Ce voyage, dont il a été question au t. I, p. 7, fut entrepris par le cardinal après l'arrestation des princes. Fouquet l'accompagnait en qualité de maître des requêtes.
[701] Colbert veut parler du règlement du 21 décembre 1654, dont il a été question plus haut. Voy. t. I, p. 269-270.
[702] Voy. t. I, p. 386.
[703] Il est souvent question de ce personnage dans les _Défenses de Fouquet_. C'était un des confidents du surintendant, qui en parle avec beaucoup d'estime: «Ceux à qui le nom, le mérite, la vertu et la fidélité de M. Chanut ont esté connues [auront peine à croire] que cet homme, d'une probité rare et incomparable, ait esté choisi pour estre le confident d'une révolte.» _Défenses_, t. III. p. 353.
[704] Denis Talon, dont il s'agit ici, avait succédé à son père Omer Talon dans la charge d'avocat général au parlement de Paris.
[705] Les _Mémoires de Gourville_ prouvent que Colbert avait deviné juste.
[706] Voy. dans les _Mémoires de Conrart_ l'article intitulé BARTET, _secrétaire du cabinet_.
[707] On connaît la plaisanterie de Gaston d'Orléans qui, parlant des Fouquet, Bartet, Brachet, Milet, etc., qui étaient dévoués à Mazarin, disait: _Omnia nomina in_ ET _sunt Mazarinei generis_.
[708] Voy. t. I, p. 390-391, la conduite de l'abbé Fouquet.
[709] Les canons étaient des ornements de toile ronds, fort larges, souvent ornés de dentelles, qu'on attachait au-dessous du genou et qui tombaient jusqu'à la moitié de la jambe. Molière s'est moqué
De ces larges canons, où comme en des entraves On met tous les matins ses deux jambes esclaves.
[710] NÅ“uds de ruban qui servaient à orner les vêtements.
[711] _Mémoires de Conrart_, article BARTET.
[712] T. VI, p. 120 édit. Hachette, in-8.
[713] Ce conseiller du Parlement de Pau, que Bartet accusa d'abord de l'attentat commis contre sa personne, se nommait Casaux. Voy. _Mémoires de Conrart_, article BARTET.
[714] M. de Nouveau était directeur des postes.
[715] _Mémoires de Conrart_, article BARTET.
[716] Lettre du 19 juillet 1655.
[717] Baigneur célèbre de cette époque, chez lequel on trouvait tous les raffinements du luxe.
[718] _Mémoires_ (édit Hachette, in-8), t. VI, p. 121.
[719] Bartet ne quitta la cour qu'après la disgrâce de Fouquet. Il se retira alors à Neufville, près de Lyon, dans un domaine de la famille de Villeroy. Il y vécut jusqu'à un âge très-avancé (cent cinq ans) Bartet mourut en 1707.
[720] On sait que Mazarin négociait le mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse, en même temps que la paix des Pyrénées.
[721] Bartet fait allusion à la passion que le roi avait éprouvée pour Marie Mancini et dont le cardinal ne le croyait pas bien guéri.
[722] Il s'agit du commerce épistolaire entre Louis XIV et Marie Mancini reléguée à Brouage.
[723] Ces deux mots espagnols furent francisés et formèrent le mot _médianoche_, très-usité au dix-septième siècle pour indiquer un repas fait à minuit, en gras, lorsqu'on passait d'un jour maigre à un jour gras, Madame de Sévigné en parle souvent dans ses lettres: «Le soir, le roi alla à Liancourt, où il avait commandé _médianoche_.» (Lettre du 26 avril 1671.) Voy. aussi lettres du 26 août 1671, du 6 avril 1672, etc.
[724] Il y a ici un _lapsus_, il faudrait huit mille pour faire le chiffre de dix mille indiqué par Bartet.
[725] Ce passage détermine l'époque où Fouquet vint à Bordeaux; ce fut vers la fin de septembre ou au commencement d'octobre 1659.
[726] On a vu, dans une lettre précédente, que Langlade était, comme Bartet, secrétaire du cabinet.
[727] Les Mémoires du dix-septième siècle attestent que tel n'était pas le caractère habituel de Vardes; c'était, au contraire, un des seigneurs les plus brillants et les plus vaniteux de la cour.
[728] Marie-Anne Mancini, dernière nièce du cardinal Mazarin. Elle épousa dans la suite le duc de Bouillon.
[729] Ce château fort était situé près de Charleville.
[730] Le maréchal de Gramont était chargé de faire la demande officielle de la main de l'infante Marie-Thérèse.
[731] On sait que Louis de Bourbon, prince de Condé, rentra en grâce par suite de la paix des Pyrénées.
[732] Premier chirurgien du roi.
[733] Le Tellier et Loménie de Brienne.
[734] Remords de conscience.
[735] Catherine Belier, première femme de chambre de la reine.
[736] Louis Fouquet, frère du surintendant. Il était aumônier du roi.
[737] Madame de Laubardemont était également femme de chambre de la reine. Loret en parle dans sa lettre du 10 avril 1660:
...La sage Laubardemont, Femme de chambre de la reine, Mourut la seconde semaine Du mois de mars dernier passé.
[738] Il s'agit des _états de Languedoc_, dont l'ouverture avait eu lieu le 1er octobre Voy. le chapitre suivant.
[739] _Muse historique_, lettre du 18 octobre 1659.
[740] Loret a ajouté en note: _Messire François Fouquet, frère aîné de monseigneur le surintendant_.
[741] Voy. plus haut, p. 28 et 32.
[742] Ci-dessus, p. 13.
[743] _Mémoires de Gourville_, ibid., p. 526. Si l'on s'en rapporte aux lettres de Gui-Patin, il semble que le surintendant était revenu à Paris après l'entrevue de Saint-Jean-de-Luz et qu'il fut de nouveau appelé à la cour. On lit, en effet, dans une lettre du 2 décembre 1659: «M. Fouquet, surintendant des finances, a été appelé à la cour pour quelque chose que M. Hervart avoit dit contre lui, et eût été en danger de perdre la surintendance, s'il n'eût paré le coup, et, dit-on, en donnant cinquante mille écus au cardinal comme un présent de bagatelle; il revient bien rétabli.» Les derniers mots peuvent faire supposer qu'il s'agit d'un voyage déjà ancien, comme celui que Fouquet avait fait au mois d'octobre. D'ailleurs la chronologie des lettres de Gui-Patin est loin d'être établie d'une manière satisfaisante.
[744] _Mémoires de Gourville_, ibid., p. 526.
[745] «M. de Brancas, dit Gourville, étoit assez de mes amis, parce que de temps en temps je lui donnois de l'argent de la part de M. Fouquet, et à bien d'autres aussi.»
[746] _Mémoires de Gourville_, ibid., p. 527.
[747] T. III, p. 291.
[748] _Mémoires de Gourville_, p. 527.
[749] _Ibid._, p. 528.
[750] Cette pièce, intitulée _Ode anacréontique_, est adressé à _Madame la surintendante sur ce qu'elle est accouchée avant terme, dans le carrosse, en revenant de Toulouse_. Elle porte la date de 1658; mais c'est par erreur: il faut lire 1659. Voy. au chapitre suivant la lettre de Bartet.
[751] Vieux mot pour _rappeler_.
[752] Voy. ci-dessus, p. 8.
[753] Mss. de Conrart à la bibliothèque de l'Arsenal, in-f°, t. XI, p. 159 et suiv. Conrart a ajouté la note suivante: «Cette lettre a esté copiée par moy sur l'original, escrit de la main de Bartet, qui estoit alors fort bien à la cour, à M. Foucquet, surintendant des finances, entre les papiers duquel elle fut trouvée, après qu'il eust esté arresté à Nantes, avec plus de quatre-vingts autres [lettres] de mesme force et de mesme style. Il y avoit au-dessus de celle-cy, en gros caractères, POUR L'AVENIR, qui est le nom de M. Foucquet dans le chiffre qu'ils avoient ensemble.»
[754] Il y a _novembre_ dans le texte; mais c'est une erreur du copiste. Mazarin n'était arrivé à Toulouse que le 22 novembre, et le surintendant n'avait quitté cette ville que dans le courant de décembre.
[755] Un des commis de Fouquet.
[756] Valet de chambre du roi.
[757] Ces mots désignent la reine et Mazarin.
[758] La cour en quittant Toulouse se rendit en Provence.
[759] Zongo Ondedei, évêque de Fréjus. Il était, comme on l'a déjà dit, parent et confident de Mazarin.
[760] Il n'est pas facile de deviner quelles sont les personnes cachées sous ces noms; cependant on peut conjecturer, sans trop d'invraisemblance, qu'ils désignent MM. de Brancas et de Grave, qui recevaient l'un et l'autre une pension de Fouquet. Il a déjà été question de Brancas, qui devint plus tard chevalier d'honneur de la reine mère. De Grave était chargé de distribuer les sommes allouées par le surintendant aux personnes de la famille royale.
[761] C'est-à-dire, connaissaient ces faits mieux que moi.
[762] C'est-à-dire, j'en ai, en partie, instruit les deux autres.
[763] D. Louis de Haro, qui avait négocié avec Mazarin la paix des Pyrénées.
[764] La dispense nécessaire pour le mariage de l'infante avec Louis