‹ Missions au Sahara, tome 2Chapitre 18 sur 35 · IV. — =LES AGENTS DÉSERTIQUES=

IV. — =LES AGENTS DÉSERTIQUES=

=Érosion éolienne.= — On a, je crois, beaucoup exagéré l’influence du vent comme facteur d’érosion : il n’est évidemment pas douteux que les phénomènes de « corrasion » existent. On en connaît de nombreux exemples même en Europe et l’on sait que, industriellement, on dépolit le verre au moyen de sable projeté par un soufflet.

L’existence des « roches perchées » n’est pas niable, non plus que le rôle qu’a joué le vent dans leur modelé. Au désert, les calcaires et un grand nombre de roches sont polis par le passage du sable entraîné par le vent et leur surface est souvent sillonnée de vermiculures, profondes au plus de quelques millimètres, qui y dessinent d’élégantes arabesques. Les roches éruptives n’échappent pas à cette action : auprès du poste de Gouré, on peut voir son effet sur les microgranites alcalins du Mounio ; les cristaux de quartz, plus durs, sont en saillie de 2 ou 3 millimètres sur le reste de la roche.

Tous ces faits sont bien connus ; ils ont été étudiés autrefois par Rolland ; plus récemment, Foureau [Doc. Sc., p. 217-221, et Pl. XVIII, XIX] leur a consacré tout un chapitre et plusieurs illustrations.

Mais il s’agit d’actions toutes superficielles ; je n’ai rien vu que l’on puisse comparer aux phénomènes qui ont été récemment décrits en Égypte : la dépression bordée de falaises, hautes d’une centaine de mètres au moins, où se trouve l’oasis de Baharia, a des dimensions considérables ; sa longueur est de 95 kilomètres, sa largeur varie de 4 à 30 kilomètres ; elle avait été longtemps attribuée à une faille circulaire, à un phénomène d’effondrement. Les recherches récentes, très précises, des géologues égyptiens montrent, sans ambiguïté possible, que cette explication doit être abandonnée. Le Baharia a été creusé par érosion et comme il semblait impossible de faire intervenir l’eau, on a été amené à attribuer cet important travail à l’action du vent. Ces démonstrations « par l’absurde » sont, en dehors de la géométrie où l’on est certain d’avoir épuisé toutes les hypothèses possibles, toujours un peu inquiétantes. Les observations que j’ai pu faire au Sahara ne confirment pas une action du vent aussi grandiose ; les Égyptiens y renoncent aussi[197].

On trouve souvent sur le sol des débris d’œufs d’autruche. J’en ai pu observer de nombreux, particulièrement entre l’Ahnet et In Zize, où, aux dires des indigènes, l’autruche a disparu depuis cinquante ans. Beaucoup de ces débris, placés forcément au ras du sol, au point où l’action du sable charrié par le vent est le plus énergique, présentent des stries dont les plus profondes atteignent à peine un demi-millimètre. Malheureusement la disparition de l’autruche n’est pas totale ; dans l’Iguidi, Flye Sainte-Marie en a relevé une piste fraîche pendant l’hiver 1904-1905 ; Voinot en a vu quelques-unes dans le reg d’Amadr’or (1905-1906). L’usure des œufs d’autruche ne fournit donc qu’un argument assez maigre.

L’étude des inscriptions et des dessins qui abondent sur tous les rochers du Sahara [cf. t. I, p. 87-120] est plus décisive. Les roches qui portent ces dessins ont une surface lisse et luisante dont le poli peut être attribué en partie à l’usure éolienne, mais elles sont toutes protégées par une croûte d’origine chimique, une écorce brune, le vernis du désert. Cette croûte dont la couleur va du brun foncé (grès néocomiens) ou noir de jais (grès dévoniens) est dure et résistante ; on le remarque particulièrement à propos des grès crétacés, qui sont plutôt tendres et auxquels la croûte fait une carapace et une protection. Nul doute qu’il y ait là un obstacle à la puissance érosive du vent. Sur certaines collines du Colorado, W. Cross [Wind erosion in the Plateau Country, Bull. of the Geol. Soc. America, XIX, mars 1908] a observé que la roche, des grès tendres, était creusée par le vent partout où la couche protectrice, le vernis du désert, faisait défaut ; il se forme ainsi parfois de véritables grottes.

C’est peut-être à cette patine résistante que beaucoup de gravures rupestres doivent leur conservation. Les régions désertiques et sèches sont par excellence leur domaine ; elles sont rares dans le Tell, sans être tout à fait absentes. Cette exclusion peut s’expliquer, au moins partiellement, par des causes historiques ; mais, provisoirement tout au moins, on n’échappe pas à l’hypothèse que des causes climatiques aient pu jouer un rôle. Les gravures auraient été conservées en plus grande abondance là où les agents de destruction étaient le moins efficaces.

Les gravures préhistoriques, dans l’Afrique du Nord, sont plus difficiles à dater qu’en Europe, parce qu’une représentation d’éléphant, par exemple, n’offre pas en soi la même garantie d’âge reculé que la représentation d’un mammouth ou d’un renne. Il suffit en effet de remonter à Carthage pour retrouver l’éléphant dans la faune nord africaine. L’attribution de gravures sahariennes à l’âge quaternaire reste donc hypothétique ; il est improbable cependant que les plus anciennes d’entres elles soient postérieures à la période romaine. Il en est certainement de très vieilles qui sont restées très nettes sous leur patine. Plusieurs milliers d’années d’érosion éolienne n’ont pas suffi à les effacer. Croit-on que ces égratignures auraient survécu pendant le même nombre de siècles à l’action de la pluie ? Leurs analogues d’Europe n’ont résisté qu’au fond des cavernes, sous le manteau protecteur des alluvions et des stalactites.

Au Sahara même, la presque totalité des gravures est sur des roches siliceuses, grès ou granite. Est-il vraisemblable que les indigènes se soient abstenus de parti pris de graver sur des calcaires ? Au surplus, on connaît au moins deux stations de gravures sur calcaire ; l’une dans le Tadmaït, a été signalé par Flamand, l’autre, connue sous le nom de Hadjra Mektouba, se trouve sur la rive droite de la Saoura, à hauteur du ksar d’El Ouata, entre le Gourara et le Touat [cf. t. I, p. 100-101]. Au premier abord, à Hadjra Mektouba, on ne voit qu’une multitude de graffiti libyco-berbères, plus ou moins récents. Mais à la regarder avec soin, en cherchant les incidences favorables, on y retrouve une multitude de très vieilles figures floues et indistinctes, cependant reconnaissables. En même temps qu’elles, on voit partout à la surface de la pierre, inscrite en cuvettes et en lapiez, l’action des eaux pluviales ; c’est la pluie qui, par son action chimique, a en partie effacé les vieilles images et non pas le vent. Ainsi donc, même dans les pays où il pleut tous les vingt ans, sur les roches calcaires tout au moins, l’action des eaux météoriques est plus efficace et reste mieux marquée que celle du vent. Ces Hadjra Mektouba sont horizontales, au ras du sol, nullement à l’abri, dans les conditions les plus favorables à l’action éolienne et malgré cela le vent, aidé du sable, n’a pas pu, en une vingtaine de siècles au moins, effacer des traits dont la profondeur ne dépassait guère 1 centimètre. Sous nos climats, les hiéroglyphes d’Égypte auraient disparu depuis longtemps et l’on ne peut songer à mettre en parallèle, au point de vue de l’intensité de leurs actions, l’érosion pluviale et l’érosion éolienne.

Comme les hiéroglyphes, les dessins rupestres sont gravés en creux dans la roche ; une usure un peu profonde est nécessaire pour les effacer. D’autres vestiges anciens sont plus superficiels et semblent incapables de résister à la moindre érosion.

Certaines inscriptions sont peintes à l’ocre et l’une d’elles au moins peut être datée avec quelque précision : à Timissao, près du puits, existe une grotte ou plutôt un abri sous roche. Au plafond de cette grotte se trouve une inscription célèbre dans tout le Sahara, et dont Duveyrier avait déjà entendu parler ; elle est peinte à l’ocre et encadrée d’un rectangle de 1 mètre de long sur 0 m. 80 de large ; les lettres ont une dizaine de centimètres. M. Benhazera [Six mois chez les Touaregs, p. 205 et suiv.] a pu en copier la moitié.

Cette inscription serait bien écrite en caractères koufiques qui, comme on sait, furent abandonnés peu de temps après l’hégire ; sa signification semble bien indiquer qu’elle émane des premiers missionnaires qui aient cherché à convertir le pays à l’Islamisme ; s’appuyant en outre sur quelques données historiques, Benhazera fixe au VIIe ou VIIIe siècle de l’ère chrétienne la date de cette inscription.

Située à 5 mètres au-dessus du sol, dans une vallée étroite où le vent s’engouffre avec force, cette inscription n’a pas pu être effacée par l’érosion éolienne, en plus d’un millier d’années[198].

Les talus de sable qui, dans le Manga, forment la bordure des cuvettes sont souvent attaqués par de véritables « torrents éoliens ». Profitant d’une brèche, ouverte dans cette petite dune, le vent y entraîne lorsqu’il est violent, de grandes masses de sable qui creusent un véritable ravin, au fond duquel se trouve parfois, sur la face orientale de la cuvette, une sorte de cône de déjection. Le phénomène est fréquent entre Mirrh et le Tchad ; Freydenberg a pu l’observer à l’est du lac et il a noté, près de Mao, un affouillement de 60 à 80 centimètres, creusé en une heure [l. c., p. 57-58].

Mais il s’agit de sable de dune non cimenté, d’un sol extrêmement meuble, incapable de résister au moindre agent d’érosion.

De semblables phénomènes sont fréquents dans les dunes où le moindre ébranlement, quelle que soit sa cause, peut produire des éboulements considérables ; on connaît leurs analogues dans les champs de neige et dans les cendres volcaniques, où des avalanches sèches produisent souvent des érosions autrement considérables.

Il semble donc que la puissance érosive du vent et du sable qu’il entraîne est extrêmement faible ; le rôle du vent se borne à enlever tous les matériaux meubles que la sécheresse lui a livrés ; la genèse des regs [cf. t. I, p. 3] en est un excellent exemple ; le vent excelle aussi à dépouiller toutes les hauteurs de la terre végétale, laissant partout la roche à nu ; il en résulte dans le paysage des lignes très heurtées, des formes presque géométriques qui, à première vue, font croire à une érosion formidable ; tous les reliefs du Sahara sont réduits à leur squelette. Un aspect aussi décharné ne nous est familier, en Europe, que sur les hautes montagnes ou au bord de la mer et nous sommes portés à l’attribuer, au désert comme chez nous, à une érosion puissante : il s’agit d’un simple époussetage.

=Insolation.= — Grâce à la sécheresse de l’air au Sahara, les variations de température de la surface des roches sont considérables ; elles peuvent atteindre en vingt-quatre heures une soixantaine de degrés. A cause de leur mauvaise conductibilité, la plupart des roches supportent mal un pareil régime ; il se produit une desquamation, un décollement des parties superficielles, auquel sont le plus souvent attribuables les menues esquilles qui, à la surface des hammadas calcaires et des tassilis gréseux, jonchent le sol et rendent la marche pénible sur ces surfaces horizontales. La protection que ces éclats assurent, contre l’insolation et le rayonnement, aux roches qu’ils recouvrent, empêche le phénomène de se manifester profondément.

Sous l’influence du même phénomène, beaucoup de blocs éruptifs s’ouvrent « en roses » ; les écailles qui se détachent par ce mécanisme sont en général assez minces (quelques centimètres au plus), mais elles peuvent atteindre plusieurs décimètres carrés de surface. Ces écailles granitiques ont souvent été utilisées dans la construction des tombeaux.

Beaucoup se séparent complètement et tombent sur le sol au pied du bloc dont elles proviennent ; il semble donc que cette desquamation puisse se continuer indéfiniment ; mais, en fait, l’abondance des dessins et des inscriptions tifinar’s, vieux au moins de plusieurs siècles, sur un grand nombre de blocs de granite, met bien en évidence la lenteur de leur destruction et le peu d’importance de ce mécanisme ; même au Sahara, l’insolation, pas plus d’ailleurs que l’érosion éolienne, ne paraît capable de modifier sérieusement le modelé acquis ; la réunion de ces deux facteurs, dont on a visiblement exagéré l’importance, est incapable d’expliquer la genèse des éléments sableux qui ont servi à l’édification des dunes.

D’ailleurs dès qu’un éclat est assez petit pour que ses différentes parties puissent se mettre rapidement en équilibre thermique, le soleil ne peut plus rien sur lui et il ne semble pas que l’insolation soit capable de réduire une roche à l’état de sable.

Nous sommes donc ramenés, par une voie indirecte, à chercher ailleurs l’origine des éléments qui ont servi à la construction des ergs ; il faut admettre que ces éléments sont antérieurs au désert ; ils ont été formés par ruissellement et par érosion fluviale à une époque où les oueds du Sahara étaient de vrais fleuves ; les dunes proviennent d’un remaniement par le vent des alluvions quaternaires [cf. t. I, chap. II].

On a parfois attribué à l’insolation la formation de squames épaisses de 2 mètres, et de grandes dimensions superficielles ; je ne crois pas que cette manière de voir soit justifiée : en Europe, où le phénomène a été bien étudié, les variations de la température du sol s’amortissent très vite avec la profondeur ; à 1 mètre, elles ne sont plus que de quelques centièmes de degré. Cette loi de décroissance, conforme d’ailleurs aux données expérimentales de la physique, est certainement applicable aux roches des pays chauds.[199] où il est douteux que, à 2 mètres de profondeur, les variations diurnes de la température dépassent quelques dixièmes de degré ; les dilatations qui en résultent sont bien faibles pour expliquer une rupture, d’autant plus qu’elles se produisent lentement.

Cette desquamation par insolation ne peut porter que sur des plaques peu épaisses, à cause des conditions physiques qu’elle nécessite.

[Note 176 : On trouvera de nombreux renseignements techniques et des indications bibliographiques sur les roches africaines dans les publications suivantes :

Lacroix, Résultats minéralogiques de récentes explorations dans l’Afrique occidentale française et dans la région du Tchad, La Revue Coloniale, 1905, p. 129-139, 205-223. — Gentil, Pétrographie, in Foureau, Documents scientifiques de la Mission Saharienne, 1905, p. 697-749. — A. de Romeu, Sur les roches éruptives rapportées par le capitaine Théveniaut de l’Adr’ar’, Bull. du Muséum, 1907, p. 179-181. — Chudeau, C. R. Ac. Sc., 1907, CXLV, p. 82-85. — Courtet, in Chevalier, L’Afrique Centrale Française, 1908, p. 670-690. — Hubert, Contribution à l’étude de la Géographie physique du Dahomey, Thèse, 1908, p. 459-501. — Freydenberg, Le Tchad et le bassin du Chari, Thèse, 1908, p. 171-187.]

[Note 177 : D’après Rolland, Géologie du Sahara Algérien (Mission Choisy), 1890, p. 247.]

[Note 178 : Dans des notes antérieures, Gautier et moi, avions indiqué qu’il y avait peut-être des roches d’épanchement dans l’Adr’ar’ des Ifor’as. Jusqu’à présent, l’examen pétrographique n’a pas confirmé cette impression.]

[Note 179 : Lacroix, Contributions à l’étude des brèches et des conglomérats volcaniques, in Bull. Soc. Géol. Fr., [4], VI, 1906, p. 635-685.]

[Note 180 : Freydenberg, La Géographie, XVII, 1908, p. 111.]

[Note 181 : Hubert, C. R. Ac. Sc., 1er août 1904.]

[Note 182 : Bull. Soc. Géol. Fr., 4e s., VII, 1907, p. 427-440.]

[Note 183 : Arsandaux, Contribution à l’étude des roches alcalines de l’Est africain, Thèse, Paris, 1906. — Lacroix, C. R. Ac. Sc., CXXX, 1900, p. 1208.]

[Note 184 : Bull. Soc. Géol. Fr., 4e s., VIII, 1908, p. 35. — Des mêmes auteurs, une note plus détaillée, avec bibliographie, La latérisation, in Bull. Soc. de l’Industrie Minérale, [4], IX, 1908.]

[Note 185 : Thèse, Paris, 1905, p. 132.]

[Note 186 : La Géographie, XV, 1907, p. 107. — Id., XVII, 1908, p. 111.]

[Note 187 : Doc. Sc., t. II, p. 672 et suiv.]

[Note 188 : Lemoine, Bull. du Comité de l’Afr. fr., janvier 1908, p. 38-40.]

[Note 189 : Capitaine Friry, Note sur la Géologie du Sénégal, p. 292, in Bull. du Muséum, 1908, no 6, p. 285-300.]

[Note 190 : Rens. col. Bull. du Comité de l’Afr. fr., juillet 1907, p. 173. — La Géographie, XVI, 1907, p. 376.]

[Note 191 : Les observations barométriques ont donné une différence de niveau de 150 mètres entre la ligne de faîte du plateau et la sebkha de Taoudenni.]

[Note 192 : Koukchat = enveloppe, écorce.]

[Note 193 : Lacroix, Bull. Soc. Française de Minéralogie, 1908. — Gadel, Revue Coloniale, 1907, p. 351. — J’ai pris aussi quelques renseignements dans une lettre du lieutenant F. de Jonquières, et dans une note manuscrite du sergent Lacombe.]

[Note 194 : Peut-être y a-t-il un rapprochement à faire, au point de vue clinique, entre le sel de Bilma et les roches éruptives alcalines du centre africain ?]

[Note 195 : Teguidda voudrait dire source, d’après Jean, Les Touaregs du S.-E., p. 135.]

[Note 196 : Gadel, Notes sur l’Aïr, p. 51. — Jean, l. c., p. 136-137. — Rapport inédit de Posth.]

[Note 197 : Toutes les oasis du désert libyque (Fayoum, Baharia, Farafra, Kharga) auraient une origine analogue. Par suite de l’érosion, depuis l’Éocène, les calcaires à operculines, assez résistants, ont disparu de toutes les parties hautes des accidents anticlinaux, laissant à nu les terrains crétacés, formés de roches tendres. Pendant la fin des temps tertiaires et le début du Quaternaire, les roches, mises ainsi à découvert et déjà disloquées par les actions tectoniques, auraient disparu sous l’influence du ruissellement et, à l’époque actuelle, du sable traîné par le vent. Ce dernier produirait maintenant les effets les plus remarquables. Dans les cuvettes ainsi creusées se sont établies les oasis.

Cette manière de voir, nettement indiquée à propos de Baharia, qui est une dépression sans issue, [Beadnell, Découvertes géologiques récentes dans la vallée du Nil et le désert Libyen, in VIIIe Congrès géologique, Paris, 1900, p. 857] est encore reprise par J. Ball [Kharga Oasis : its topography and geology, Cairo, 1900, p. 100 et 101] ; cependant l’existence de galets et de tufs, avec feuilles de Quercus Ilex, au fond de la dépression, est donnée comme une preuve que l’érosion fluviale a commencé le travail ; le vent n’a fait qu’agrandir la cuvette ; un peu plus tard, Ball et Beadnell [Baharia Oasis, etc., Cairo, 1903, p. 72] reconnaissent qu’un lac a joué un certain rôle dans l’affaire. Enfin Beadnell [The topography and geology of the Fayum province of Egypt, Cairo, 1905] donne (fig. 6, p. 67) la carte d’une rivière qui, pendant l’Éocène supérieur et l’Oligocène, aboutissait au Fayoum. Cette rivière passait à Baharia où elle s’épandait en lac. Il semble donc que le gros travail a été fait par l’eau ; le vent se serait chargé de déblayer les matériaux meubles et de parachever la sculpture des falaises. Davis arrive à des conclusions analogues pour les déserts américains [Bull. Mus. Comp. Zoology, XXXVIII, 1901, p. 187-192 et XLII, 1903, p. 34].]

[Note 198 : L’âge koufique de cette inscription a, paraît-il, été contesté ; elle serait récente. En tous cas, dès 1860, elle était célèbre au Sahara et déjà considérée comme ancienne. Croit-on qu’en France, un graffiti, tracé à l’ocre, resterait pleinement lisible pendant plus d’un demi-siècle ?]

[Note 199 : Dans les dunes du Sahara où les variations de la température superficielle sont considérables, il suffit de creuser un trou de quelques centimètres pour trouver une température sensiblement constante.]

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