Chapitre 1
« Déjà bien des fois, monsieur, j’ai voulu vous écrire, et pourquoi ? vous le devinez : pour vous dire combien j’aime votre talent. Oui, j’éprouve le besoin de vous exprimer l’admiration d’une pauvre fille de province, seulette dans son coin, et dont tout le bonheur est de lire vos poésies. De René, je suis venue à vous. La mélancolie conduit à la rêverie. Combien d’autres femmes ne vous ont-elles pas envoyé l’hommage de leurs pensées secrètes ?… Quelle est ma chance d’être distinguée dans cette foule ? Qu’est-ce que ce papier, plein de mon âme, aura de plus que toutes les lettres parfumées qui vous harcèlent ? Je me présente avec plus d’ennuis que toute autre : je veux rester inconnue et demande une confiance entière, comme si vous me connaissiez depuis long-temps.
» Répondez-moi, soyez bon pour moi. Je ne prends pas l’engagement de me faire connaître un jour, cependant je ne dis pas absolument non. Que puis-je ajouter à cette lettre ?… Voyez-y, monsieur, un grand effort, et permettez-moi de vous tendre la main, oh ! une main bien amie, celle de
» Votre servante
» O. D’ESTE-M.
» Si vous me faites la grâce de me répondre, adressez, je vous prie, votre lettre à mademoiselle F. Cochet, poste restante, au Havre. »
Maintenant, toutes les jeunes filles, romanesques ou non, peuvent imaginer dans quelle impatience vécut Modeste pendant quelques jours ! L’air fut plein de langues de feu. Les arbres lui parurent un plumage. Elle ne sentit pas son corps, elle plana dans la nature ! La terre fléchissait sous ses pieds. Admirant l’institution de la Poste, elle suivit sa petite feuille de papier dans l’espace, elle se sentit heureuse, comme on est heureux à vingt ans du premier exercice de son vouloir. Elle était occupée, possédée comme au Moyen-Âge. Elle se figura l’appartement, le cabinet du poète, elle le vit décachetant sa lettre, et elle faisait des suppositions par myriades.
Après avoir esquissé la poésie, il est nécessaire de donner ici le profil du poète.
Canalis est un petit homme sec, de tournure aristocratique, brun, doué d’une figure vituline, et d’une tête un peu menue, comme celle des hommes qui ont plus de vanité que d’orgueil. Il aime le luxe, l’éclat, la grandeur. La fortune est un besoin pour lui plus que pour tout autre. Fier de sa noblesse, autant que de son talent, il a tué ses ancêtres par trop de prétentions dans le présent. Après tout, les Canalis ne sont ni les Navarreins, ni les Cadignau, ni les Grandlieu, ni les Nègrepelisse. Et, cependant, la nature a bien servi ses prétentions. Il a ces yeux d’un éclat oriental qu’on demande aux poètes, une finesse assez jolie dans les manières, une voix vibrante ; mais un charlatanisme naturel détruit presque ces avantages. Il est comédien de bonne foi. S’il avance un pied très-élégant, il en a pris l’habitude. S’il a des formules déclamatoires, elles sont à lui. S’il se pose dramatiquement, il a fait de son maintien une seconde nature. Ces espèces de défauts concordent à une générosité constante, à ce qu’il faut nommer le paladinage, en contraste avec la chevalerie. Canalis n’a pas assez de foi pour être don Quichotte ; mais il a trop d’élévation pour ne pas toujours se mettre dans le beau côté des questions. Cette poésie, qui fait ses éruptions miliaires à tout propos, nuit beaucoup à ce poète qui ne manque pas d’ailleurs d’esprit ; mais que son talent empêche de déployer son esprit ; il est dominé par sa réputation, il vise à paraître plus grand qu’elle.
Ainsi, comme il arrive très-souvent, l’homme est en désaccord complet avec les produits de sa pensée. Ces morceaux câlins, naïfs, pleins de tendresse, ces vers calmes, purs comme la glace des lacs ; cette caressante poésie femelle a pour auteur un petit ambitieux, serré dans son frac, à tournure de diplomate, rêvant une influence politique, aristocrate à en puer, musqué, prétentieux, ayant soif d’une fortune afin de posséder la rente nécessaire à son ambition, déjà gâté par le succès sous sa double forme : la couronne de laurier et la couronne de myrte. Une place de huit mille francs, trois mille francs de pension, les deux mille francs de l’Académie, et les mille écus du revenu patrimonial, écornés par les nécessités agronomiques de la terre de Canalis, au total quinze mille francs de fixe, plus les dix mille francs que rapportait la poésie, bon an, mal an ; en tout vingt-cinq mille livres. Pour le héros de Modeste, cette somme constituait alors une fortune d’autant plus précaire, qu’il dépensait environ cinq ou six mille francs au-delà de ses revenus ; mais la cassette du roi, les fonds secrets du ministère avaient jusqu’alors comblé ces déficits. Il avait trouvé pour le Sacre, un hymne qui lui valut un service d’argenterie. Il refusa toute espèce de somme en disant que les Canalis devaient leur hommage au Roi de France. Le Roi-Chevalier sourit, et commanda chez Odiot une coûteuse édition des vers de Zaïre.
Ah ! Versificateur, te serais-tu flatté
D’effacer Charles dix en générosité ?
Dès cette époque, Canalis avait, selon la pittoresque expression des journalistes, vidé son sac. Il se sentait incapable d’inventer une nouvelle forme de poésie. Sa lyre ne possède pas sept cordes, elle n’en a qu’une ; et, à force d’en avoir joué, le public ne lui laissait plus que l’alternative de s’en servir à se pendre ou de se taire. De Marsay, qui n’aimait pas Canalis, se permit une plaisanterie qui laissa dans le flanc du poète sa pointe envenimée.
– Canalis, dit-il une fois, me fait l’effet de l’homme le plus courageux, signalé par le grand Frédéric après la bataille, ce trompette qui n’avait cessé de souffler le même air dans son petit turlututu !
Canalis, aux oreilles de qui cette épigramme arriva, voulut devenir général. Combien de fois un mot n’a-t-il pas décidé de la vie d’un homme ? L’ancien président de la république Cisalpine, le plus grand avocat du Piémont, Colla s’entend dire, à quarante ans, par un ami, qu’il ne connaît rien à la botanique ; il se pique, devient un Jussieu, cultive les fleurs, en invente, et publie la Flore du Piémont, en latin, l’ouvrage de dix ans.
– Après tout, Canning et Chateaubriand sont des hommes politiques, se dit le poète éteint, et de Marsay trouvera son maître en moi !
Canalis aurait bien voulu faire un grand ouvrage politique ; mais il craignit de se compromettre avec la prose française, dont les exigences sont cruelles à ceux qui contractent l’habitude de prendre quatre alexandrins pour exprimer une idée. De tous les poètes de ce temps, trois seulement : Hugo, Théophile Gautier, de Vigny ont pu réunir la double gloire de poète et de prosateur que réunirent aussi Racine et Voltaire, Molière et Rabelais, une des plus rares distinctions de la littérature française et qui doit signaler un poète entre tous. Donc, le poète du faubourg Saint-Germain faisait sagement en essayant de remiser son char sous le toit protecteur de l’Administration.
En devenant maître de Requêtes Canalis éprouva le besoin d’avoir un secrétaire, un ami qui pût le remplacer en beaucoup d’occasions, faire sa cuisine en librairie, avoir soin de sa gloire dans les journaux, et, au besoin, l’aider en politique, être enfin son âme damnée.
Beaucoup d’hommes célèbres dans les Sciences, dans les Arts, dans les Lettres, ont à Paris un ou deux caudataires, un capitaine des gardes ou un chambellan qui vivent aux rayons de leur soleil, espèces d’aides-de-camp chargés des missions délicates, se laissant compromettre au besoin, travaillant au piédestal de l’idole, ni tout à fait ses serviteurs ni tout à fait ses égaux, hardis à la réclame, les premiers sur la brèche, couvrant les retraites, s’occupant des affaires, et dévoués tant que durent leurs illusions ou jusqu’au moment où leurs désirs sont comblés. Quelques-uns reconnaissent un peu d’ingratitude chez leur grand homme, d’autres se croient exploités, plusieurs se lassent de ce métier, peu se contentent de cette douce égalité de sentiment, le seul prix que l’on doive chercher dans l’intimité d’un homme supérieur et dont se contentait Ali, élevé par Mahomet jusqu’à lui. Beaucoup se tiennent pour aussi capables que leur grand homme, abusés par leur amour-propre. Le dévoûment est rare, surtout sans solde, sans espérance, comme le concevait Modeste. Néanmoins, il se trouve des Menneval, et plus à Paris que partout ailleurs, des hommes qui chérissent une vie à l’ombre, un travail tranquille, des Bénédictins égarés dans notre société sans monastère pour eux. Ces agneaux courageux portent dans leurs actions, dans leur vie intime, la poésie que les écrivains expriment. Ils sont poètes par le cœur, par leurs méditations à l’écart, par la tendresse, comme d’autres sont poètes sur le papier, dans les champs de l’intelligence et à tant le vers ! comme lord Byron, comme tous ceux qui vivent, hélas ! de leur encre, l’eau d’Hippocrène d’aujourd’hui, par la faute du Pouvoir.
Attiré par la gloire de Canalis, par l’avenir promis à cette prétendue intelligence politique et conseillé par madame d’Espard, un jeune Référendaire à la Cour des Comptes se constitua le secrétaire bénévole du poète, et fut caressé par lui comme un spéculateur caresse son premier bâilleur de fonds. Les prémices de cette camaraderie eurent assez de ressemblance avec l’amitié. Ce jeune homme avait déjà fait un stage de ce genre auprès d’un des ministres tombés en 1827 ; mais le ministre avait eu soin de le placer à la Cour des Comptes. Ernest de La Brière, jeune homme alors âgé de vingt-sept ans, décoré de la Légion-d’Honneur, sans autre fortune que les émoluments de sa place, possédait la triture des affaires, et savait beaucoup après avoir habité pendant quatre ans le cabinet du principal ministère. Doux, aimable, le cœur presque pudique et rempli de bons sentiments, il lui répugnait d’être sur le premier plan. Il aimait son pays, il voulait être utile, mais l’éclat l’éblouissait. A son choix, la place de secrétaire près d’un Napoléon lui eût mieux convenu que celle de premier ministre.
Ernest, devenu l’ami de Canalis, fit de grands travaux pour lui ; mais, en dix-huit mois, il reconnut la sécheresse de cette nature si poétique par l’expression littéraire seulement. La vérité de ce proverbe populaire : L’habit ne fait pas le moine est surtout applicable à la littérature. Il est extrêmement rare de trouver un accord entre le talent et le caractère. Les facultés ne sont pas le résumé de l’homme. Cette séparation, dont les phénomènes étonnent, provient d’un mystère inexploré, peut-être inexplorable. Le cerveau, ses produits en tous genres, car dans les Arts la main de l’homme continue sa cervelle, sont un monde à part qui fleurit sous le crâne, dans une indépendance parfaite des sentiments, de ce qu’on nomme les vertus du citoyen, du père de famille, de l’homme privé. Ceci n’est cependant pas absolu. Rien n’est absolu dans l’homme. Il est certain que le débauché dissipera son talent, que le buveur le dépensera dans ses libations, sans que l’homme vertueux puisse se donner du talent par une honnête hygiène ; mais il est aussi presque prouvé que Virgile, le peintre de l’amour, n’a jamais aimé de Didon, et que Rousseau le citoyen-modèle avait de l’orgueil à défrayer toute une aristocratie. Néanmoins, Michel-Ange et Raphaël ont offert l’heureux accord du génie, de la forme et du caractère. Le talent, chez les hommes est donc à peu près, quant au moral, ce qu’est la beauté chez les femmes, une promesse. Admirons deux fois l’homme chez qui le cœur et le caractère égalent en perfection le talent.
En trouvant sous le poète un égoïste ambitieux, la pire espèce de tous les égoïstes, car il en est d’aimables, Ernest éprouva je ne sais quelle pudeur à le quitter. Les âmes honnêtes ne brisent pas facilement leurs liens, surtout ceux qu’ils ont noués volontairement. Le secrétaire faisait donc bon ménage avec le poète quand la lettre de Modeste courait la poste ; mais, comme on fait bon ménage, en se sacrifiant toujours. La Brière tenait compte à Canalis de la franchise avec laquelle il s’était ouvert à lui. D’ailleurs, chez cet homme, qui sera tenu grand pendant sa vie, qui sera fêté comme le fut Marmontel, les défauts sont l’envers de qualités brillantes. Ainsi, sans sa vanité, sans sa prétention, peut-être n’eût-il pas été doué de cette diction sonore, instrument nécessaire à la vie politique actuelle. Sa sécheresse aboutit à la rectitude, à la loyauté. Son ostentation est doublée de générosité. Les résultats profitent à la société, les motifs regardent Dieu. Mais, lorsque la lettre de Modeste arriva, Ernest ne s’abusait plus sur Canalis.
Les deux amis venaient de déjeuner et causaient dans le cabinet du poète, qui occupait alors, au fond d’une cour, un appartement donnant sur un jardin, au rez-de-chaussée.
– Oh ! s’écria Canalis, je le disais bien l’autre jour à madame de Chaulieu, je dois lâcher quelque nouveau poème, l’admiration baisse, car voilà quelque temps que je n’ai reçu de lettres anonymes…
– Une inconnue ? demanda La Brière.
– Une inconnue ! une d’Este, et au Havre ! C’est évidemment un nom d’emprunt.
Et Canalis passa la lettre à La Brière. Ce poème, cette exaltation cachée, enfin le cœur de Modeste fut insouciamment tendu par un geste de fat à ce petit Référendaire de la Cour des Comptes.
– C’est beau ! s’écria le Référendaire, d’attirer ainsi à soi les sentiments les plus pudiques, de forcer une pauvre femme à sortir des habitudes que l’éducation, la nature, le monde lui tracent, à briser les conventions.., Quel privilége le génie acquiert ? Une lettre comme celle que je tiens, écrite par une jeune fille, une vraie jeune fille, sans arrière-pensée, avec enthousiasme…
– Eh ! bien ?… dit Canalis.
– Eh ! bien, on peut avoir souffert autant que le Tasse, on doit être récompensé, s’écria La Brière.
– On se dit cela, mon cher, à la première, à la seconde lettre, dit Canalis ; mais quand c’est la trentième !… Mais lorsqu’on a trouvé que la jeune enthousiaste est assez rouée ! Mais quand au bout du chemin brillant parcouru par l’exaltation du poète, on a vu quelque vieille Anglaise assise sur une borne et qui vous tend la main !… Mais quand l’ange de la poste se change en une pauvre fille médiocrement jolie en quête d’un mari !… Oh ! alors l’effervescence se calme.
– Je commence à croire, dit La Brière en souriant, que la gloire a quelque chose de vénéneux, comme certaines fleurs éclatantes.
– Et puis, mon ami, reprit Canalis, toutes ces femmes, même quand elles sont sincères, elles ont un idéal, et vous y répondez rarement. Elles ne se disent pas que le poète est un homme assez vaniteux, comme je suis taxé de l’être ; elles n’imaginent jamais ce qu’est un homme malmené par une espèce d’agitation fébrile qui le rend désagréable, changeant ; elles le veulent toujours grand, toujours beau ; jamais elles ne pensent que le talent est une maladie ; que Nathan vit avec Florine, que d’Arthez est trop gras, que Béranger va très-bien à pied, que le Dieu peut avoir la pituite. Un Lucien de Rubempré, poète et joli garçon, est un phénix. Et pourquoi donc aller chercher de méchants compliments, et recevoir les douches froides que verse le regard hébété d’une femme désillusionnée ?…
– Le vrai poète, dit La Brière, doit alors rester caché comme Dieu dans le centre de ses mondes, n’être visible que par ses créations…
– La gloire coûterait alors trop cher, répondit Canalis. La vie a du bon. Tiens ! dit-il en prenant une tasse de thé, quand une noble et belle femme aime un poète, elle ne se cache ni dans les cintres ni dans les baignoires du théâtre, comme une duchesse éprise d’un acteur ; elle se sent assez forte, assez gardée par sa beauté, par sa fortune, par son nom pour dire comme dans tous les poèmes épiques : Je suis la nymphe Calypso, amante de Télémaque. La mystification est la ressource des petits esprits. Depuis quelque temps, je ne réponds plus aux masques…
– Oh ! combien j’aimerais une femme venue à moi !… s’écria La Brière en retenant une larme. On peut te répondre, mon cher Canalis, que ce n’est jamais une pauvre fille qui monte jusqu’à l’homme célèbre ; elle a trop de défiance, trop de vanité, trop de craintes ! c’est toujours une étoile, une…
– Une princesse, s’écria Canalis en partant d’un éclat de rire, n’est-ce pas, qui descend jusqu’à lui… Mon cher, cela se voit une fois en cent ans. Un tel amour est comme cette fleur qui fleurit tous les siècles… Les princesses, jeunes, riches et belles, sont trop occupées, elles sont entourées, comme toutes les plantes rares, d’une haie de sots, de gentilshommes bien élevés, vides comme des sureaux ! Mon rêve, hélas, le cristal de mon rêve, brodé de la Corrèze ici de guirlandes de fleurs, dans quelle ferveur !… (n’en parlons plus), il est en éclats, à mes pieds, depuis long-temps… Non, non, toute lettre anonyme est une mendiante ! Et quelles exigences ! Écris à cette petite personne, en supposant qu’elle soit jeune et jolie, et tu verras ! Tu n’auras pas autre chose à faire. On ne peut raisonnablement pas aimer toutes les femmes. Apollon, celui du Belvédère du moins, est un élégant poitrinaire qui doit se ménager.
– Mais quand une créature arrive ainsi, son excuse doit être dans une certitude d’éclipser en tendresse, en beauté, la maîtresse la plus adorée, dit Ernest, et alors un peu de curiosité…
– Ah ! répondit Canalis, tu me permettras, trop jeune Ernest, de m’en tenir à la belle duchesse qui fait mon bonheur.
– Tu as raison, trop raison, répondit Ernest.
Néanmoins, le jeune secrétaire lut la lettre de Modeste, et la relut en essayant d’en deviner l’esprit caché.
– Il n’y a pourtant pas là la moindre emphase, on ne te donne pas du génie, on s’adresse à ton cœur, dit-il à Canalis. Ce parfum de modestie et ce contrat proposé me tenteraient…
– Signe-le, réponds, va toi-même jusqu’au bout de l’aventure je le donne là de tristes appointements, s’écria Canalis en souriant. Va, tu m’en diras des nouvelles dans trois mois, si cela dure trois mois…
Quatre jours après, Modeste tenait la lettre suivante, écrite sur du beau papier, protégée par une double enveloppe, et sous un cachet aux armes de Canalis.
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