‹ Mon frère YvesChapitre 97 sur 102 · Chapitre 97

Chapitre 97

Toujours aussi parfaitement beau et noble de lignes, mais la figure meilleure et plus douce, comme éclaircie par une joie profonde.
Il venait d’épouser enfin sa petite fiancée d’Espagne ; l’or de sa ceinture avait monté son ménage, et il s’était fait arrimeur de navires, un métier très lucratif, paraît-il, où il utilisait à merveille sa grande force et son instinct du débrouillage. Il fallut lui promettre par serment qu’au retour du Primauguet, je passerais par Bordeaux avec Yves pour venir le voir.

Il était heureux, celui-là !

Et la fin de ce rouleur de mer me donnait à réfléchir. Je me demandais si mon pauvre Yves, qui, avec un cœur aussi bon, avait assurément beaucoup moins forfait aux lois honnêtes, ne pouvait pas, lui aussi, finir un jour par un peu de bonheur…

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