‹ Nélida; Hervé; JulienChapitre 42 sur 42 · XV - XVI

XV - XVI

Que devenez-vous, Aurélie? Depuis deux mois je n'ai pas reçu une seule ligne de vous. M'auriez-vous oublié Oh! cela n'est pas possible. Seriez-vous malade? Pourquoi ne pas me le faire savoir? Toutes les félicités du ciel et de la terre, ne savez-vous pas que je les quitterais à l'instant sur une parole de vous? Aurélie, ma mère, écrivez-moi.

Au moment où tu recevras cette lettre, mon cher Julien, j'aurai quitté la France. Dans très-peu de jours, je serai à Rome et j'y prendrai le voile au couvent de la Trinita-dei-Monti. Depuis bien des années c'était un projet arrêté dans mon esprit; mais Dieu a toujours envoyé sur mon chemin quelqu'un de plus malheureux que moi à secourir, de plus chancelant à fortifier. Maintenant je crois avoir acquis le droit de songer à mon repos. Tu es heureux; tu vas épouser la femme que tu aimes. Je n'ai plus rien à faire ici-bas. Si tu as une fille, appelle-la Aurélie. Ce nom, je vais le quitter comme le dernier anneau qui m'attache à un monde dont je ne dois plus me souvenir. Écris-le en caractères ineffaçables dans ton coeur, et qu'il y rappelle toujours une affection qui fut sans partage et sans bornes. Adieu, Julien.

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